L'archipel d'une autre vie
de Andreï Makine

critiqué par Monocle, le 20 janvier 2017
(tournai - 57 ans)


La note:  étoiles
"Nous allons vivre", dit Elkan !
1952, en pleine guerre de Corée, l'URSS s'attend à un conflit nucléaire. Le réserviste Pavel Gartsvel est dans un cantonnement au fin fond de la Sibérie où l'on s'entraîne à mourir sous les rayons de la nouvelle bombe (celle qui s'étrenna à Hiroshima).
Suite à l'évasion d'un détenu d'un camps voisin, un petit groupe de soldats (dont Pavel) part dans la taïga pour une bien curieuse chasse à l'homme.
Cette traque provoquera chez cet homme comme les autres, soldat malgré lui, un éloignement ; son monde et ses codes s'évanouissent.
Peu à peu, il devient un autre, il se souvient des coups, de la souffrance, du froid mais il n'y a plus en lui aucune envie de vengeance, aucune haine et même pas la sensation orgueilleuse de pardonner. Il y a juste le silence ensoleillé, la transparence lumineuse du ciel... oui, juste la décantation suprême du silence et de la lumière.


Un fois de plus, Andréï Makine parvient à démontrer toute la largesse de sa sensibilité. J'ai toujours un respect particulier pour les rares auteurs qui ont emporté un prix Goncourt avec un oeuvre de qualité... Makine en fait partie.
Ce livre est une perle, une leçon sur la phrase « je vais vivre ».