Captain Sir Richard Francis Burton : Vers les sources du Nil
de Alex Nikolavitch Racunica (Scénario), Dim. D (Dessin)

critiqué par Elko, le 28 août 2016
(Niort - 41 ans)


La note:  étoiles
Le Nil, source d'ennuis
Les éditions Glénat ont lancé il y a quelques années une collection sur les grands explorateurs. Ce volume retrace l'aventure de Richard Burton dans sa recherche des sources du Nil au XIXème siècle. Le mystère de ces sources était l'objet de nombreux débats au sein de la communauté des géographes européens. Leur situation supposée au cœur de l'Afrique, région inhospitalière difficile d'accès et occupée par des peuplades les plus souvent méfiantes si ce n'est hostiles, rendait l'exploration périlleuse. Outre l'intérêt scientifique les enjeux étaient évidemment politiques et économiques.
Nous suivons donc l'expédition de Burton associé à son compatriote Speke dont l'intuition les mène plein ouest à partir de Zanzibar. Rien ne leur sera épargné entre les attaques d'indigènes, les vols, les défections, les maladies. Même à l'approche de la consécration les ego s'en mêleront.
Le dessin est agréable, même s'il manque parfois de naturel. J'ai aimé la couleur, ton sépia, peu contrastée. Ça c'est le positif. Le découpage m'a déplu, scènes courtes souvent en double page, je ne me suis pas inscrit dans la temporalité de l'histoire, son terme arrivant trop vite. Et au final l'histoire perd de sa densité.
Pour terminer l'histoire se base sur l'opposition entre Burton et Speke, opposition de caractères et d'ambition. J'ai trouvé le portrait très à charge concernant Speke qui apparait non seulement comme un parvenu sans scrupule, mais aussi comme un usurpateur qui aurait abusé un Burton infaillible et humaniste. Par exemple dans ce récit c'est Burton, alité et donc incapable de se déplacer, qui pousse Speke à explorer le Nord où finalement ce dernier trouvera le lac Victoria. Laissant donc supposer que sans Burton, Speke n'aurait pas découvert ce lac capital. Or dans la réalité Speke a pris cette initiative seul... Cette approche partiale m'a gêné.
L'ouvrage se termine par un dossier historique très intéressant. A noter que Richard Burton apparait dans un autre tome de la collection traitant de son pèlerinage à La Mecque, alors interdite sous peine de mort à tout non musulman.