Riquet à la houppe de Amélie Nothomb

Riquet à la houppe de Amélie Nothomb

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Catinus, le 21 août 2016 (Liège, Inscrit le 28 février 2003, 66 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 7 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (9 838ème position).
Visites : 3 260 

Se lit avec délectation !

Déodat est un jeune garçon au physique plus que très ingrat, n’ayons pas peur des mots : repoussant. Ce gamin bossu est cependant extrêmement précoce et intelligent. Il est le fils unique d’une famille parisienne.
Trémière, elle, est sublimement belle mais on la dit assez stupide, en tout cas, ya pas de la lumière à tous les étages. Elle est principalement élevée par sa grand-mère à Fontainebleau ( note : pas dans le quartier Sainte-Marguerite à Liège mais bien en région parisienne).
Dans son dernier roman, « Riquet à la houppe », inspiré par le conte de Perrault, Amélie Nothomb va faire en sorte que ces deux-là se rencontrent …
En outre, on y parle également énormément d’oiseaux mais aussi du champagne et de tournures nipponnes…

On ne le dira jamais assez : Amélie a un genre et un style bien à elle, une marque de fabrique, un copyright d’écriture. C’est bien simple, elle est ( comme on dit aux jours d’aujourd’hui) : JUSTE inégalable !

Se lit avec délectation !
( et / ou )
Si vous voulez passer un bon moment, lisez ce dernier Nothomb !


Extraits :


- Il fallait seulement qu’il apprenne à vivre comme les oiseaux vivent, pas avec les humains, mais parallèlement à eux, à quelques mètres d’eux. Même quand un moineau mangeait dans la main d’un homme, il demeurait entre ces deux règnes une distance infranchissable : ce qui sépare une espèce qui voile et celle qui rampe.

- Voilà comment il théorisa son constat : si la caractéristique masculine était la vulgarité, la caractéristique féminine était l’insatisfaction. Bien sûr, ce n’était pas si simple, il pouvait y avoir de l’insatisfaction chez les hommes et de la vulgarité chez les femmes. Il n’en demeurait pas moins qu’il s’agissait bien d’une tendance

- Souvent femme varie, bien fol est qui s’y fie, dit-il.

- Il l’avait d’ailleurs oublié : rien de tel que la médiocrité pour penser du bien de soi.

- Dieu chérit son bien aimé en le faisant dormir, dit la grand-mère qui connaissait les Psaumes.

- « En amour, il y en a toujours un qui souffre et l’autre qui s’ennuie », disait l’adage.

°°°°°°°°°°
D’une interview d’Amélie dans le journal « Le Soir » : « Quand je me vois dans un miroir, c’est toujours épouvantable mais j’ai fini par assimiler l’idée que les autres ne me voyaient pas comme ça. »

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Jolie revisite

10 étoiles

Critique de Nathavh (, Inscrite le 22 novembre 2016, 53 ans) - 12 février 2017

Amélie nous livre chaque année son roman, qui, est pour moi comme une friandise littéraire que je savoure avec délectation. Cette année ne dérogera pas à la règle. C’est un bon millésime.

Une revisite d’un conte de Charles Perrault, Riquet à la houppe mais aussi un petit air de La belle et la bête.

L’histoire est connue donc nous savons dès le départ que nos héros Déodat et Trémière se rencontreront. Mais quand et dans quelles circonstances ?

Amélie avec la fluidité de sa plume nous fait découvrir alternativement les protagonistes, de leur naissance à leur rencontre. Elle a réellement un don de conteuse.

On parle d’amour, de rejet, d’image de soi, du regard des autres mais aussi d’oiseaux. Amélie est bien documentée et m’a donné envie d’en savoir plus sur la huppe faciée et ses légendes.

Enide et Honorat ont un fils sur le tard, il s’appellera Déodat. Il est laid, vraiment très laid mais il grandira avec l’amour des siens. Il a une intelligence hors du commun et assez bizarrement, il plaira aux filles.

Rose et Lierre auront une fille, Trémière, elle est splendide, trop belle mais elle semble bête. Elle est contemplative, observatrice, silencieuse.

Je ne vous en dis pas plus car un Amélie Nothomb ne se raconte pas, il se savoure comme un bon champagne.

Un frémissement, un léger mieux,…peut-être Amélie à la croisée des chemins

7 étoiles

Critique de Pacmann (Tamise, Inscrit le 2 février 2012, 52 ans) - 26 décembre 2016

L’auteur revient sur des thèmes qui ont été abordés dans ses premiers romans et qui semblent l’obséder : la laideur (Attentat), la persécution enfantine (Antéchrista ou Les Catilinaires), la précocité (Métaphysique des tubes), mais aussi semble abuser d’un nouveau dada, l’adaptation de contes pour enfants (Barbe bleue – Le Crime du Comte Neville).

Elle semble donc faire une sorte de synthèse de son œuvre à travers ce roman qui ne décolle toujours pas dans les hautes sphères. Ses détracteurs diront qu’elle n’a pas encore atteint la quadrature du cercle à savoir réussir à nouveau un roman à la hauteur de son potentiel, les supporters de la Belge aux chapeaux s’y retrouveront pleinement en dégustant les aventures surréalistes et excentriques de ses personnages aux prénoms toujours plus improbables (à un point que cela commence à sonner faux).

Je me suis tout de même surpris à apprécier ce Riquet, mais bon c’est comme un pousse café qui permet de digérer l’année en avalant cette fable nothombienne.

J’abonde donc dans le sens de la critique de Killing 79 et me demande quand on aura de nouveau un roman un peu plus consistant à la hauteur de l’Hygiène de l’assassin. Ceci est un cri, un appel, qu’Elle puisse m’entendre,…

A l’année prochaine, …. plein d’espoir.

Riquet à la houppe, ça décoiffe!

8 étoiles

Critique de Hcdahlem (, Inscrit le 9 novembre 2015, 58 ans) - 25 octobre 2016

Commençons par avouer une infidélité. Après avoir été parmi les premiers à découvrir et à aimer l’œuvre d’Amélie Nothomb (ma chronique d’Hygiène de l'assassin est datée de 1992) j’ai délaissé durant quelques années ses romans, avant d’y revenir à l’occasion de cette rentrée.
Aussi c’est avec une petite appréhension que j’ai ouvert ce vingt-cinquième opus. Une crainte que j’ai vite oublié en constatant qu’elle n’avait rien perdu de son talent de conteuse, qualité essentielle lorsque l’on se donne pour mission de revisiter Perrault.
Cette fois, il s’agit de dépoussiérer «Riquet à la houppe». Pour ce faire, l’auteur choisit de suivre en parallèle le destin de Déodat (notre Riquet) et celui de Trémière, un couple qui partage bien plus que le fait de porter un prénom peu commun.
Déodat est le premier enfant d’Enide et d’Honorat, un fils quasi miraculeux car sa mère a 48 ans au moment de l’accouchement. Sauf que l’enfant est d’une laideur peu commune et doit, dès le berceau, subir les quolibets de tous les visiteurs.
Il va dès lors grandir à l’abri des regards et étonner ses parents par son savoir. Lorsqu’à six ans, il part pour l’école primaire, il sait déjà lire et écrire, mais n’en évite pas pour autant les cruelles moqueries de ses camarades, le surnommant Déodorant, puis Déo. Faisant contre mauvaise fortune assaut de savoir, il va réussir à subjuguer toutes celles qui préfèrent un esprit bien fait à une figure de rêve.
Déodat enchaîne alors les liaisons, presque simultanément à sa passion pour l’ornithologie.
Trémière naît sur l’autre rive de Paris. Fille de Lierre et de Rose, elle ne peut en toute logique que s’appeler ainsi puisque son père «porte le nom d’une plante grimpante» et sa mère celui d’une rose. «Une rose qui grimpe, c’est une rose trémière.» Contrairement à Déodat, Trémière est d’une beauté à couper le souffle. Mais son physique ne va pas l’empêcher de subir à son tour les railleries de ses camarades, car elle ne brille pas par son intelligence. Mais grâce à sa grand-mère Passerose, elle va apprendre à profiter de ses atouts, se passionnant pour les bijoux auxquels son aïeule voue un quasi culte. Il ne se déroulera du reste pas plus de vingt-quatre heures après le vol de ces derniers pour qu’elle décède. Trémière va devenir l’égérie d’un joaillier et finira par croiser Déodat.
On n’en dira pas davantage, sinon à souligner le plaisir que l’on prend à cette relecture d’un genre littéraire trop délaissé. C’est à la fois cruel et actuel, joyeux et lumineux, humoristique et philosophique.
http://urlz.fr/4gSG

Perrault au XXIème siècle : ça (no)thombe bien !

10 étoiles

Critique de Ddh (Mouscron, Inscrit le 16 octobre 2005, 76 ans) - 23 septembre 2016

Riquet à la houppe, ce conte de Charles Perrault est repris comme un roman du XXIème siècle par Amélie Nothomb avec de nouveaux personnages.
Deodat, le fils d'Enide et Honorat, a une particularité physique dérangeante : il est affreusement laid, une tête repoussante mais il est d'une intelligence supérieure (QI 180) ; d'où son surnom de Riquet à la houppe. Lierre et Rose ont une fille peu banale, Trémière ; elle a un visage super éclatant mais n'a pas l'intellect brillant. Trémière se sent bien chez sa grand-mère Passerose.
La plume d'Amélie Nothomb ne peut que réjouir le lecteur ! Le choix des noms de ses personnages fait preuve d'une imagination débordante. Son vocabulaire est créatif à souhait. Dans ce roman, il se dégage une poésie tendre et la vie de ses personnages se développe avec de l'inattendu mais, de fait, une pure logique !

Le mystère Nothomb

6 étoiles

Critique de Killing79 (Chamalieres, Inscrit le 28 octobre 2010, 38 ans) - 6 septembre 2016

Voilà une auteure qui me pose problème. Suite à une première lecture très peu convaincante, j’avais un avis tranché sur son compte: pas pour moi ! Seulement le destin a voulu que je découvre « hygiène de l’assassin » et là a commencé mon dilemme. Ce roman transpirait le génie et j’ai dû tempérer mon avis initial. Dès lors, je me devais de tenter une troisième expérience pour enfin pouvoir statuer. Mais je vais sûrement vous décevoir en vous disant que je n’ai toujours pas la réponse à ce mystère.

C’est la seconde fois qu’elle décide de remettre au goût du jour un conte pour enfant. Personnellement, je la découvrais dans cet exercice… et j’en ressors perplexe.
Amélie Nothomb a indéniablement une belle écriture qui est adaptée pour raconter des histoires. Le livre se lit donc facilement et la langue est assez agréable. Avec son style, on est entrainé dans l’aventure et les pages tournent toutes seules. Elle se permet même de philosopher par moments sur des sujets improbables mais c’est assez intelligent et intéressant. A cet instant, vous vous dites : « Donc, tout va bien ! ». Et bien malheureusement, les travers que j’avais identifiés dans ses autres œuvres, ont refait surface.

Un roman de 200 pages ou moins doit traiter d’un sujet intense ou être transcendant dans le style, s’il ne veut pas tomber illico dans l’oubli après la dernière phrase. « Riquet à la houppe » ne possède aucune de ces qualités. Sur un thème plutôt banal, il est donc, pour ne pas changer, beaucoup trop court ! Je sais que la dame au chapeau ne sait pas écrire autrement, mais ça lui porte vraiment préjudice sur cette histoire qui aurait bien supporté le double de développement. Ce livre reste tout de même sympathique et plaira surement à tous les adeptes de l’auteure (qui sont bien plus indulgents avec elle que je ne peux l’être). Pour ma part, j’ai refermé cette fable sans surprise avec une sensation d’inachevé. Je reconnais que la lecture a été plaisante, qu’Amélie Nothomb a un véritable talent de conteuse mais je n’ai pas trouvé l’intérêt de ce texte, au résultat plutôt insipide.

Très court heureusement...

5 étoiles

Critique de Dirlandaise (Québec, Inscrite le 28 août 2004, 62 ans) - 25 août 2016

J’ai lu quelques livres d’Amélie et je n’ai pas aimés. Je lui ai donné une autre chance avec celui-ci en raison de son extrême brièveté. Je me suis dit que ce ne serait pas trop souffrant et puis, je voulais constater par moi-même les améliorations dans le style on ne sait jamais… Ah non ! J’ai soupiré, j’ai refermé, j’ai repris à contrecœur et je suis parvenue à la fin avec soulagement et consternation. Je ne serai pas méchante, il y a du bon car j’ai appris quelques trucs dont entre autres la signification du mot « gemmail » et quelques noms d’oiseaux. Pour le reste, le récit demeure très pauvre et sans grande imagination. Revisiter les contes de Perrault et les adapter à la sauce moderne, c’est presque à la portée de tout le monde. Enfin, si elle continue à nous servir de petits textes aussi courts, c’est un moindre mal.

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