L'amie prodigieuse: Enfance, adolescence de Elena Ferrante

L'amie prodigieuse: Enfance, adolescence de Elena Ferrante
(L'amica geniale)

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par Psychééé, le 18 juillet 2016 (Inscrite le 16 avril 2012, 29 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 15 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (9 833ème position).
Visites : 4 411 

Un premier tome intrigant ...

L’amie prodigieuse raconte une amitié féminine, celle de Lila Cerullo et d’Elena Greco, de leur enfance dans les années 50 à aujourd’hui. L’histoire se déroule à Naples, dans un petit quartier assez pauvre, où les habitants sont cordonnier, charcutier, charpentier, vendeur de fruit … rarement ingénieurs. Tous se connaissent et sont plus ou moins liés, ce qui alimente bien entendu les ragots et les préjugés de l’époque.
Les sentiments qui unissent les deux amies sont ambigus et compliqués puisqu’on se rend bien compte qu’elles s’admirent, qu’elles ont besoin l’une de l’autre et en même temps il existe une vraie rivalité entre elles. Il y a un fossé entre Elena, très studieuse qui continue à aller à l’école et tous ses amis qui l’ont quittée très tôt pour travailler. Pour Lila c’est différent, elle est aussi très intelligente et essaie de pousser son amie à continuer, bien qu’elle ait elle-même été contrainte d’arrêter.
Il faut un peu de temps pour rentrer dans l’histoire, surtout en raison de la profusion de noms (heureusement qu’il y a un index des personnages !) mais une fois le décor planté, on se laisse facilement entraîner par ce récit, avec des personnages haut en couleurs et des relations complexes. Ce volume raconte l’enfance et l’adolescence des deux compères. Naturellement, ce ne sont que les prémices pour vous donner l’eau à la bouche et l’envie de découvrir ce qui leur est arrivé par la suite. A suivre…

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Les éditions

  • L'amie prodigieuse [Texte imprimé], enfance, adolescence Elena Ferrante traduit de l'italien par Elsa Damien
    de Ferrante, Elena Damien, Elsa (Traducteur)
    Gallimard / Collection Folio
    ISBN : 9782070466122 ; EUR 8,20 ; 01/01/2016 ; 448 p. ; Poche
  • L'amie prodigieuse [Texte imprimé], enfance, adolescence Elena Ferrante traduit de l'italien par Elsa Damien
    de Ferrante, Elena Damien, Elsa (Traducteur)
    Gallimard / Du monde entier (Paris)
    ISBN : 9782070138623 ; EUR 26,50 ; 30/10/2014 ; 400 p. ; Broché
  • L'amie prodigieuse (Tome 1)
    de Ferrante, Elena Damien, Elsa (Traducteur)
    Gallimard
    ISBN : 9782072622861 ; EUR 7,99 ; 01/01/2016 ; 448 p. ; Format Kindle
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Les livres liés

  L'amie prodigieuse

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Prodigieusement surévalué…

2 étoiles

Critique de Polyfarm (, Inscrit le 12 avril 2012, 106 ans) - 4 décembre 2017

Cette histoire d’amitié très (trop) linéaire est émaillée d’anecdotes d’une pathétique banalité. Les nombreux personnages qui sont convoqués voudraient nous faire croire que le récit est dynamique, mais non…. Rien d’important n’arrive, aucun rebondissement, aucun rythme… quel ennui, je n’ai pas terminé le livre et ne je ne lirai certainement pas les autres tomes !
Elena Ferrante entretient le mystère sur sa personne (Anita Raja ?) cela fait parler d’elle dans les médias et vendre des livres mais elle n’est pas à mon avis une écrivaine brillante… soi-disant pressentie pour un prix Nobel !!...
A ceux qui lisent les livres d’E Ferrante je leur propose aussi de lire Caterina Bonvicini « Le pays que j’aime » qui est aussi une belle histoire d’amitié et d’amour, pleine de vie, servie par une écriture virtuose.

" tu sais ce que c'est, la plèbe ? "

8 étoiles

Critique de Frunny (PARIS, Inscrit le 28 décembre 2009, 52 ans) - 11 novembre 2017

Elena Ferrante (1943 ? - ) est une romancière italienne dont quasiment rien n'est connu avec certitude et refuse d'être un personnage public.
En 2011 a été publié le premier volume du cycle L'Amica geniale (L'amie prodigieuse) suivi en 2012 du second volume Storia del nove cognome (Le nouveau nom, paru en français début 2016) . En 2013 paraît Storia di chi fugge e di chi resta, suivi en 2014 du quatrième et dernier volume, Storia della bambina perduta. ces deux derniers volumes ne sont pas encore édités en français.

L'enfance et l'adolescence de 2 gamines habitant un quartier pauvre de Naples à la fin des années 1950.
Lila est la "méchante", fille de cordonnier à l'intelligence pratique. Dotée d'un tempérament bien trempée et capable d'allier le verbe et le coup de poing, elle est respectée du Quartier.
Elena (la narratrice) est sa meilleure amie, sa confidente, celle à travers qui Lila tentera d'accéder à l'instruction que sa famille ne peut lui payer.
Elena est une bûcheuse, qui obtient d'excellents résultats scolaires et rejoint le lycée. Mais elle reste émerveillée par la "lumière" irradiée par Lila.
Les trajectoires des 2 amies se séparent progressivement mais le lien d'amitié ne rompt pas.

Un roman agréable qui prend son envol après une bonne centaine de pages (il faut planter le décor....)
L'auteure souligne les difficultés de vivre dans les quartiers pauvres de Naples (misère sociale, mafia, violence, place de la femme, l'Honneur, ....)
Un quartier qu'il faut quitter pour aspirer à une vie plus confortable mais qui vous rappelle sans cesse.
Un quartier comme seul horizon de vie qui finit pas étouffer les esprits bien formés.
La littérature est mise à l'honneur comme l'une des clés pour casser les murs.

Très bon moment de lecture qui incite à découvrir la suite.

Banalité gonflée

4 étoiles

Critique de Falgo (Lauris, Inscrit(e) le 30 mai 2008, 78 ans) - 23 octobre 2017

Les histoires contenues dans ce livre sont d'une grande banalité et l'objectif de l'auteure est de tenter de faire croire à une sorte de hardiesse ou de pittoresque différant largement de la vie courante des autres. Je n'ai pas marché et ces personnages d'enfants, filles et garçons, ou d'adultes, hommes et femmes me sont apparus bien moins intéressants que les petits bourgeois qui ont peuplé mon enfance. Il est plus possible de comprendre le succès du livre que de le justifier. Je n'avais pas l'intention de le lire et il m'est tombé dans les mains par hasard, d'où il a vraiment chuté.

Deux amies à Naples dans les années 50

8 étoiles

Critique de Pucksimberg (Toulon, Inscrit le 14 août 2011, 37 ans) - 12 août 2017

Elena Ferrante plonge son lecteur dans le Naples dans années 50-60. L'on suit Elena et Lila, deux amies dans un quartier populaire.

L'atmosphère napolitaine est rendue à merveille et c'est sans doute ce point qui m'a le plus plu. La violence inhérente au sud de l'Italie est saisissante. ( la dureté des parents, la Camorra, la pauvreté, le manque d'éducation, les enfants dégourdis, cette volonté de jouir de la vie même s'il y a de nombreux obstacles ... ) Certains passages sont comme des tableaux que l'on visualise parfaitement. La première moitié du roman semble une compilation d'anecdotes enfantines, la deuxième moitié a une trame plus claire avec l'adolescence des jeunes filles et leur découverte de l'amour et du travail. J'ai préféré la seconde partie.

Cette amitié est très bien dépeinte et ne tombe pas dans les clichés. C'est l'âge où l'on jauge l'autre, où l'on entre parfois en concurrence, où l'on envie les meilleurs amis ... C'est aussi cette époque où le mimétisme est indispensable à la construction de l'individu. L'on en vient parfois à haïr cette personne que l'on aime tant. Cette amitié est forte mais inclut des réactions contradictoires : admiration, rancœur, jalousie, déception s'entrelacent joyeusement dans ce roman.

La force de ce roman est de proposer une photographie d'un quartier à une époque donnée. Bien entendu Elena et Lila sont centrales, mais d'autres personnages sont décrits et occupent une place significative dans ce roman ( les parents, les voisins, l'institutrice, les professeurs, les garçons ... ). Le lecteur se familiarise avec tous ces individus que l'on connaît par le biais des jeunes filles. Le lecteur s'attache à ces personnages qui peuvent se montrer violents et agaçants parfois.

La construction du roman est efficace et est réfléchie. Le style quant à lui est de facture classique.
La seconde moitié du texte me semble nettement meilleure. Je redoutais la lecture de ce roman car j'avais trop entendu d'avis positifs. Donc j'ai placé la barre haut. J'ai été presque déçu durant la première moitié du roman, mais le charme a opéré par la suite.

En attendais-je trop ?

5 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 59 ans) - 13 juin 2017

Elena et Lila ont peu de points communs, si ce n'est celui d'habiter dans un quartier pauvre de Naples et d'être de bonnes élèves.
Elena est fascinée par cette petite fille énigmatique, avec laquelle elle va tisser une relation complexe entre dépendance, soumission et désir d'autonomie.
Car Lila échappe aux règles suivies par les fillettes de son âge.
"Elle me dit un jour : "tu sais, quand les gens se réveillent, ils sont tout moches, tout difformes et ils ont le regard vide."

L'auteure raconte donc la petite enfance et l'adolescence de ces deux amies, leurs ambitions, leurs rêves, leur volonté d'échapper à leur condition, à leur quartier.
Mais les moyens qu'elles vont utiliser vont prendre des voies différentes, les éloignant, les rapprochant...
" -Tu sais ce que c'est la plèbe ?
- Oui, madame.
Ce que c'était la plèbe, je le sus à ce moment-là, beaucoup plus clairement que quand Mme Oliviera me l'avait demandé des années auparavant. La plèbe, c'était nous. La plèbe, c'était ces disputes pour la nourriture et le vin, cet énervement contre ceux qui étaient mieux servis et en premier, ce sol crasseux sur lequel les serveurs passaient et repassaient et ces toasts de plus en plus vulgaires."

Un roman dont le manque de dialogues et la linéarité du récit n'ont pas, à mon avis, traduit la vitalité de ces femmes et ces hommes italiens, vivant dans les quartiers modestes de Naples, entre le souvenir du fascisme, la peur du communisme, et l'omniprésence de la Camorra.

En attendais-je trop ?
Peu intéressée par ces histoires de petites filles (40 ans de métier auprès de petits?!), je rejoins Ellane92 car j'ai trouvé un peu longues ces presque 400 pages.

Naples

7 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 57 ans) - 13 juin 2017

L'amie prodigieuse !
Depuis que j'en entendais parler... il fallait bien me résoudre à m'y mettre.
Belles descriptions du Naples de ceux qui y vivent, de cette époque prude et brutale.
Une lecture intéressante et agréable et je crois bien que le meilleur reste à venir (d'après les critiques).
Parfois un peu compliqué de s'y retrouver au début mais l'index des personnages aide beaucoup.

C'était il n'y a pas si longtemps que ça

5 étoiles

Critique de Ellane92 (Boulogne-Billancourt, Inscrite le 26 avril 2012, 42 ans) - 14 mars 2017

L'amie prodigieuse est un livre très remarqué et très lu ; d'ailleurs, le quatrième tome ne devrait plus tarder à sortir en France.
J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans l'univers de Lila et Lena. Principalement, je pense, parce que je trouve le personnage de Lila antipathique, et que les histoires de compétitions scolaires, franchement, ça ne m'intéresse pas tellement (voire pas du tout). N'eût-ce été que ce livre concourt au prix CL, je ne l'aurais d'ailleurs pas lu jusqu'au bout. J'ai trouvé plus d'intérêt à la partie Adolescence, à partir des vacances de Lena à Ischia.

En fait, il ne se passe pas grand chose dans ce livre à l'écriture plutôt lourde. Ce qui est intéressant, mais pas assez développé à mon goût, c'est la peinture d'une Naples des années 50, avec ses petits quartiers, sa pauvreté, d'où la Mafia n'est jamais très loin, l'accès à l'éducation réduit, et les femmes soumises au bon vouloir de la gent masculine, machiste et violente. J'ai beaucoup aimé également les relations décrites entre les habitants du quartier, les liens de famille, les petites histoires, les secrets connus de tous, les petits boulots qui font vivre la famille... Je retrouve en partie aujourd'hui encore cet aspect-là, quand je pars en vacances dans les Pouilles, dans ma belle-famille.
Ma conception de l'amitié n'est pas liée à un lien de subordination (parce qu'on a quand même un peu l'impression qu'il y a de ça, entre Lila et Lena), ni à une admiration sans borne, pas plus qu'à une compétition. Voilà peut-être pourquoi l'"amitié" entre Lena et Lila, qui fait ses quatre volontés, super intelligente, dont tous les gars sont amoureux, qui écrit avec génie, qui a des "délimitations", au centre de toutes les intrigues, m'a paru plutôt improbable.
J'ai fini ce livre sans déplaisir, mais pas tellement convaincue d'avoir envie de lire la suite.

De la complexité des liens amicaux

8 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 40 ans) - 12 février 2017

Cette première partie de triptyque de roman décrit la naissance et la consolidation d'une amitié forte entre deux jeunes filles, que le destin, choisi volontairement en partie, sépare assez vite. Elles sont toutes deux dotées d'une assez forte personnalité et se découvrent le besoin de rester complémentaires l'une à l'autre, comme pour conserver un regard neuf sur l'autre et mieux la conseiller. Un tourbillon de rencontres, de désillusions et d'espoirs les attendent dans la Naples populaire des années 1950.
Ce roman s'avère riche à plus d'un titre. Il est très vivant, par un nombre important de rebondissements, il est finement mené sur le plan psychologique et ses personnages se montrent en tout état de cause assez généreux et francs, malgré leurs inévitables travers. Comme je l'ai entendu et lu, notamment sur ce site, ce roman vaut bien la peine d'être découvert, et je suis heureux d'être d'accord, moi qui suis plutôt rétif aux effets de mode.

Nostalgie féminine

7 étoiles

Critique de Killing79 (Chamalieres, Inscrit le 28 octobre 2010, 38 ans) - 11 février 2017

Devant le raz de marée qu’a engendré la sortie des derniers volumes de cette quadrilogie (le deuxième volume a même été élu meilleur livre de l’année 2016 par le magazine Lire), je me devais, en tant que lecteur qui essaye d’être à la page, de commencer le phénomène Elena Ferrante.

Maintenant que je l’ai fait, je crois avoir saisi les éléments qui ont marqué et passionné les foules. Simplement, l’histoire repose sur des émotions passées et fait appel au sentiment de nostalgie du lecteur. Tout d’abord, c’est un retour en arrière sur notre jeunesse. On retrouve toute la naïveté et toute l’insouciance de notre enfance et on s’identifie aux personnages. Ensuite, on touche à l’intime avec le souvenir d’une camaraderie. Elena et Lila s’éloignent, se rapprochent au gré des obstacles de la vie mais leur amitié profonde semble inaltérable. Mais aussi grâce à ce livre, on se souvient d’une époque, les années cinquante et d’un pays, l’Italie du Sud. Comment les gens vivaient-ils entre eux? Comment éduquaient-ils leurs enfants ? Quelles étaient leurs rêves, leurs ambitions, leurs croyances ? Toutes ses questions sont développées en marge de l’aventure des deux fillettes. On apprend ainsi un grand nombre d’informations sur le quotidien des italiens à cette époque, aussi bien politique que social et c’est assez dépaysant.

Alors avec tout ça, je conçois l’engouement généré mais pour être vraiment honnête, je ne comprends pas le succès planétaire. « L’amie prodigieuse » est un bon livre, qui ne m’a pas transcendé. Je ne me suis pas ennuyé mais je n’ai jamais vraiment accroché… et je pense savoir pourquoi. Premièrement, je suis un homme (comme dirait Michel Polnareff !) et c’est une histoire de filles. Donc là où certaines lectrices se sont reconnues dans telle ou telle protagoniste, moi, je n’ai pas ressenti de réelle empathie et j’ai suivi le récit sans grandes émotions (Dans « Un été 42 » de Herman Raucher, les acteurs étaient des garçons et je m’étais senti concerné !). Secondement, j’avais lu en 2015 « L’Italienne » de Adriana Trigiani où beaucoup de thèmes étaient identiques (l’Italie, la cordonnerie, etc…) et j’ai parfois eu l’impression de déjà-vu.

En conclusion, je n’ai pas eu affaire à un chef d’œuvre mais simplement à un bon roman que je recommande en priorité aux femmes, car il va titiller leur fibre nostalgique. Pour ma part, je reste un peu déçu par rapport à l’attente que j’en avais. Je l’ai trouvé un peu plat mais je lirai peut-être, mais ce n’est pas sûr, la suite des aventures d’Elena et Lila.

Naples, années 50 – 60

9 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 61 ans) - 25 janvier 2017

Nous tenons là une saga napolitaine, depuis les années 50 jusqu’à nos jours, puisque « L’amie prodigieuse » se décline en 4 tomes. Je parle ici du tome 1, « Enfance, adolescence ».
Naples donc, et deux fillettes du même quartier pauvre (redondance, parce que Naples et « quartier pauvre » … !) Lena (Greco) et Lila (Cerullo). Elles fréquentent la même classe primaire, sont un peu ostracisées parce que brillantes élèves, elles sont donc vouées à se lier. Et de fait elles se lient. Notamment grâce à quelques épisodes, marquants, du type héroïque ou inconscient, comme aller sonner à la porte de l’appartement d’un homme réputé dangereux et craint pour récupérer une poupée qu’il aurait volée. Ce type d’épisode permet à Elena Ferrante de camper les psychologies très différentes de Lena et Lila. Autant Lena est réfléchie, plutôt introvertie et timide, autant Lila est explosive, imprévisible et audacieuse. Les deux étant brillantes dans leur école de quartier, leur institutrice, Mme Oliviero, fait le forcing pour inciter leurs parents respectifs à les laisser continuer les études (collège, lycée). Mais nous sommes fin des années 50, en Italie, qui plus est à Naples, ce sont deux fillettes, la démarche ne coule pas de source quand les parents sont pauvres ce que sont les familles Greco et Cerullo.
Pourtant Lena va se voir offrir cette chance, pas Lila. Qu’à cela ne tienne, leur relation particulière va évoluer dans ce contexte nouveau et Lila va démontrer l’étendue de ses capacités en « s’instruisant » toute seule, en lisant, en acquérant des connaissances avec une facilité déconcertante. D’où la relation mi-fusionnelle mi-adversaire des deux fillettes. Qu’on va suivre jusqu‘à l’adolescence et l’éclosion de la chrysalide Lila qui va passer du statut de fillette chétive et ordinaire à jeune femme séduisante.
Mais bien entendu, nous ne restons pas en permanence braqués sur Lila et Lena. Elles évoluent dans un quartier napolitain dont nous allons finir par connaître les autres habitants, comme dans une vaste revue d’effectifs de ce que pouvait représenter les Napolitains des années 50 – 60.
Des gens simples pour la plupart, des citadins mais citadins d’une ville pauvre. Mais des parvenus aussi et d’autres, proches des organisations criminelles.
Je dois reconnaître à mon grand désarroi que je n’ai pas retrouvé les sensations que j’ai pu connaître dans cette magnifique ville tellement attachante, fréquentée il y a peu. Comme si Elena Ferrante était davantage douée pour faire vivre sous nos yeux des psychologies et des personnages que mettre en place un paysage ?
Pour ceux qui connaissent, il y a un côté « Chroniques de San Francisco », d’Armistead Maupin, dans cette « amie prodigieuse », mais pour des chroniques napolitaines, alors.

La plèbe, c’était nous (mais d'autres ont mieux écrit dessus)

7 étoiles

Critique de Romur (Viroflay, Inscrit le 9 février 2008, 44 ans) - 15 janvier 2017

Elena et Lila vivent à Naples à la fin des années 50 dans un quartier populaire. Comme souvent dans ces amitiés d’enfance, la relation est dissymétrique ou vécue comme telle. Lila c’est l’amie prodigieuse, intrépide, audacieuse, provocante. Mais elles tiennent l’une à l’autre et avancent de conserve dans la vie. C’est à la fin de l’école primaire que le destin va commencer à les séparer. Toutes les deux brillantes en classe se voient recommander de poursuivre leurs études au collège par Mme Oliviero, l’institutrice. Les parents d’Elena font le sacrifice de lui payer les études alors que ceux de Lila la font travailler au magasin familial. Et les deux ados continuent à grandir, à murir, à s’émanciper avec leurs copains, sur fond de pauvreté, de querelles, de trafics.

L’ambiance m’a rappelé « La chronique des pauvres amants » de Pratolini à côté duquel « L’amie prodigieuse » ne fait pas le poids. Malgré son succès de librairie L’amie prodigieuse a une écriture plus plate, est plus laborieux, moins fort, moins poignant, plus fastidieux dans ses péripéties à répétition, avec des personnages moins profonds. Bref, laissez Naples et aller plutôt découvrir à Florence les habitants de la via del Corno.

Le silence de la raison

8 étoiles

Critique de Oreste (, Inscrit le 15 janvier 2017, 28 ans) - 15 janvier 2017

A la lecture de ce roman, on peut deviner ou du moins prendre plaisir à créer des liens entre Elena Ferrante et toute une génération d'auteurs italiens des années 70, qu'elle semble faire revivre d'un geste littéraire constamment tourné vers le passé. Ce style si concis, si léger évoque les partis pris formalistes de "Monte Mario" de Carlo Cassola tandis que cette capacité ambivalente de gratter la surface polie d'une Naples en apparence sale et sans perspective, pour y montrer des femmes luttant contre une nature qui contredit leurs désirs d'émancipation, prolonge la fibre créatrice entamée par Anna Maria Ortese. Dire d'une œuvre qu'elle est réussite, c'est aussi lui trouver une famille littéraire, dans laquelle elle peut autant s'émanciper que se raccrocher.

Une bonne surprise

9 étoiles

Critique de Gabri (, Inscrite le 28 juillet 2006, 31 ans) - 23 octobre 2016

J'ai beaucoup aimé ce livre. La grande qualité de ce roman se trouve dans le réalisme que l'auteure a su insuffler au contexte de toute cette histoire. C'est tellement bien rendu, qu'on se croirait réellement en Italie dans les années 50. Ce réalisme est insufflé aussi aux personnages, qui sont complexes, fouillés, Les personnages et les relations entre eux sont tout aussi complexes et fouillés. L'histoire est prenante. Le seul bémol, si ç'en est un, tient justement dans la densité de l'histoire et le nombre de personnages, qui font en sorte qu'il faut vraiment s'installer pour de longues heures quand on entre dans cette histoire, sous peine d'en perdre le fil. Gardez-vous cette lecture pour un long week-end tranquille et vous ne serez pas déçus!

Roman de l'été

9 étoiles

Critique de Saule (Bruxelles, Inscrit le 13 avril 2001, 52 ans) - 28 août 2016

Ce roman est le premier tome d'une saga de quatre, dont seul les deux premiers volumes sont déjà traduits en français (les deux autres vont suivre). La narratrice est une vieille dame qui apprend que son amie d'enfance a disparu sans laisser de traces : elle décide alors de raconter par le menu son enfance colorée dans un quartier populaire de Naples dans les années cinquante - soixante.

C'est captivant : chaque fois qu'on ouvre ce livre on est parti pour quelques heures et centaines de pages lors desquelles on oublie tout le reste. Autant dire que ce livre est vite lu et que j'ai été obligé d'aller chez le libraire acheter le deuxième tome (pas encore disponible en poche). J'ai lu ce livre en été, lors de grosses chaleurs, et ça m'a mis dans le bain pour cette histoire qui se passe à Naples sous une chaleur accablante. Ca m'a fait retrouver le bonheur de la lecture lorsqu'on est emporté par l'histoire et qu'on a le temps devant soi pour s'y adonner complètement.

Il y a un petit récapitulatif des personnages et de leur liens entre eux en début d'ouvrage, c'est utile car, comme le dit Psychéé, on se perd parfois avec tous ces prénoms et noms similaires.

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