Sexus nullus ou l'égalité
de Thierry Hoquet

critiqué par Veneziano, le 12 juillet 2016
(Paris - 39 ans)


La note:  étoiles
Mention légale du sexe et égalité
Par le biais d'une fiction politique faisant élire une forme d'idéaliste à la présidence de la République française, ce philosophe tend montrer que la suppression de la mention du sexe à l'état civil contribuerait à l'égalité entre femmes et hommes. Il ne serait pas un critère déterminant d'affirmation sociale. Les jouets et injures sexistes, le plafond de verre, l'emploi d'une seule civilité par sexe (par la suppression de la mention mademoiselle) seraient progressivement sortis de l'esprit par la lutte contre des freins anthropologiques à l'égalité.
L'idée est intéressante, mais présentée de manière simpliste, les liens de cause à effet paraissant très indirects. Par ailleurs, il caricature le système politique français, avec une gauche incapable d'avancer une idée et une droite fatalement rétrograde, une extrême-droite homophobe qui ne viendrait ou presque que de Versailles. Les angles sont certes volontairement grossis, mais caricaturer ainsi des données sociologiques, par nature nuancées, ne contribue pas à plaider pour sa cause. On en reste souvent incrédule.

Ce livre pose tout de même de vraies questions et pose les bases de ce qui reste, à tort certes, une utopie. Les vrais débats de combat sont cités, mais occultés par un seul aspect des choses, dont je pense qu'il reste secondaire. La marque d'une religion sur une pièce d'identité ne ferait pas en soi appel à une discrimination. Le thème général est intéressant, mais le mode de traitement assez vain, voire un tantinet futile, à mon sens.