Un chemin de tables
de Maylis de Kerangal

critiqué par Marvic, le 1 juillet 2016
(Normandie - 59 ans)


La note:  étoiles
Une vocation
Mauro est un jeune homme sympathique, introverti et passionné ; passionné de cuisine depuis son enfance, son entourage n'en est pas moins surpris quand il décide de passer son CAP de cuisinier.
"Mauro annonce qu'il a décidé de passer son CAP de cuisinier. Autour de lui, on ne comprend pas, on s'étonne : quelle idée ! Pourquoi le CAP – autrement dit, pourquoi vouloir obtenir un diplôme de filière courte, où convergent les relégués de l'Education Nationale, les manuels, les techniques, les non-bacheliers, quand on a suivi des études longues, universitaires et que l'on est tout de même titulaire d'une maîtrise de sciences économique, merde, à quoi cela aurait-il servi, alors, Erasmus et tout le toutim ? Anti-conformistes, ses parents, eux le soutiennent, heureux que leur fils ait trouvé sa voie…"
Nous suivons donc le parcours de cet étudiant atypique, qui entre en cuisine par la "petite porte", en dilettante, parcourant de nombreux et différents lieux, apprenant sur "le tas" avant d'obtenir son CAP en candidat libre et d'en faire enfin son métier, parcourant ainsi tous les échelons, d'apprenti à chef de cuisine.

Comme à son habitude, Maylis de Kérangal maîtrise parfaitement son sujet ; à travers le cheminement de son héros, c'est presque toutes les facettes du métier de cuisinier qu'elle explore ; l'apprentissage sous les ordres d'un grand chef (où il claquera la porte), les cuisines de brasseries, de bistrots familiaux en restos branchés, le plaisir de la création culinaire, l’inventivité des cuisiniers, le SMIC pour 70 heures hebdomadaires épuisantes.
Elle décrit avec précision l'abnégation, la passion, mais aussi l'épuisement, le rythme intensif de cette vie de cuisinier.
Utilisant un vocabulaire précis et pointu, l'auteure nous livre un récit – documentaire rythmé et dense.

Moi qui ne suis pas du tout passionnée par ce sujet, j'ai lu rapidement et sans ennui ces 100 pages qui raconte la vie du "phénomène" Mauro, par l'intermédiaire d'un étrange narrateur inconnu qui entretient une certaine distance, une certaine froideur dans sa relation avec le héros ; j'ai trouvé aussi original le titre de chaque chapitre, citant un lieu, un plat.
Un livre paru dans la collection "Raconter sa vie."