Un déluge de feu de Amitav Ghosh

Un déluge de feu de Amitav Ghosh
(Flood of Fire)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone , Littérature => Asiatique , Littérature => Romans historiques

Critiqué par SpaceCadet, le 17 juin 2016 (Inscrit(e) le 16 novembre 2008, - ans)
La note : 6 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (32 657ème position).
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Du hasard à l'histoire (ou l'inverse); destins croisés

C'est en partant d'un intérêt pour le phénomène de la diaspora indienne et ayant quelques personnages en tête (dont Deeti) qu'Amitav Ghosh s'est embarqué pour un travail d'écriture qui, après avoir donné naissance à 'Un océan de pavots', s'est éventuellement prolongé en une trilogie portant le nom d'un navire baptisé Ibis. De la vague migratoire entamée vers 1838, passant par la culture du pavot en Inde, puis l'introduction de l'opium en Chine, le tout convergeant vers la British East India Company et bien entendu, le colonialisme britannique (un thème qui ressort plus nettement dans ce dernier volet), outre une volumineuse documentation, monsieur Ghosh, qui affirme n'avoir utilisé aucun plan, pas plus qu'il ne s'était fixé d'objectif précis, s'est tout simplement laissé porter là où l'écriture allait l'emmener.

Plume vagabonde s'il en est, à l'image des deux premiers volumes, il est difficile de résumer ce troisième volet de la trilogie, notamment en raison du nombre de personnages, de points de vue et de fils qui y sont développés.

Le récit commence à l'été 1839 et évolue en alternance, au long de quatre principaux fils narratifs dominés par quelques-uns des protagonistes du roman. Nous croisons d'abord Kesri Singh, un soldat de la "Bengal Native Infantry" (appartenant à l'armée contrôlée et financée par la British East India Company) dans les pas duquel nous observons de l'intérieur divers aspects de la première guerre de l'opium. Nous retrouvons par ailleurs Zachary Reid, un charpentier fils d'esclave originaire de Baltimore, traversant au moment où débute le récit, un épisode difficile de sa vie et duquel il rebondira d'une manière plutôt inattendue. Shireen Modi (épouse de Bahram), nous permet de découvrir un point de vue féminin ainsi que certains des à côtés de l'histoire. Enfin, Neel Rattan Halder, raja déchu réincarné en 'homme de lettres', en se frayant une place auprès de quelques acteurs chinois, nous permet d'accéder à une autre perspective des événements.

D'un fil à l'autre nous suivons donc la trace des protagonistes, retrouvant au passage la plupart des personnages déjà introduits au cours des tomes précédents, tout en faisant connaissance avec de nouvelles personnalités. Sur fond de conflit et de guerre, le récit brosse donc un large panorama d'existences vécues en Asie au cours de cette période. Puis, se rapprochant graduellement les uns des autres, les fils convergent éventuellement vers la conclusion du roman, une conclusion qui, soulignons-le, laisse tout-de-même libre cours à l'imagination du lecteur.

Ayant pour cadre, Bombay, Calcuta, Hong Kong, Macao, Canton, passant par quelques sites de batailles situés au long de la Rivière des Perles au sud de la Chine, le récit met également en scène plusieurs navires ce qui donne lieu à un bon nombre d'épisodes maritimes, le tout consistant en autant d'opportunités pour l'auteur de mettre à profit une solide documentation ainsi qu'un remarquable travail linguistique.

Outre quelques failles (par exemple, le journal intime de Neel, abandonné sans raison apparente vers le milieu du roman, ou encore certaines scènes de sexe dont la qualité littéraire laisse à désirer), ce roman semble par ailleurs plus nerveux que les précédents, -comme si l'on était pressé d'en finir-, les histoires évoluent un peu à la façon d'un feuilleton, suivant une mécanique quasiment prévisible, tandis que beaucoup trop de coïncidences et d'heureux hasards sont à l'origine de retrouvailles et autres rencontres entre personnages.

Cela dit, tout en appréciant le riche panorama social et culturel que dépeint le récit, les lecteurs curieux de connaître la suite des aventures de l'un ou l'autre personnage, surferont avec enthousiasme les pages de ce roman tandis que d'autres, à force de voir leurs attentes contrariées, peineront à se laisser entraîner par la vague.


N.B. Lu en version originale de langue anglaise.

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La première guerre de l'opium

8 étoiles

Critique de Tanneguy (Paris, Inscrit le 21 septembre 2006, 78 ans) - 7 juillet 2017

L'auteur indique que son récit est fondé sur les carnets de l'un des personnages de cette vaste saga historique. C'est vraisemblable. Les aventures qui nous sont contées commencent avec une mutinerie sévèrement réprimée à bord d'un des vaisseaux pratiquant le commerce entre Inde (Bombay et Calcutta) et Chine (Canton). Nous retrouverons les cinq ou six protagonistes tout au long du roman, mais l'objet même du roman ce sont les pays eux-mêmes, les peuples divers, sans oublier la Grande-Bretagne qui tire les ficelles dans son empire en pleine expansion.

Amitav Ghosh prouve une fois de plus ses qualités de conteur et le lecteur sera fasciné par cette histoire, mal connue en Occident, qui aura des répercussions considérables dans les années suivantes. Les personnages sont minutieusement décrits. Le texte est un peu long, parfois touffu; mais on ne s'ennuie pas, une bonne lecture pour l'été !

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