Le grand vivant
de Patrick Autréaux

critiqué par Nathafi, le 28 mai 2016
(SAINT-SOUPLET - 50 ans)


La note:  étoiles
Fort
Un homme attend que s'abatte le cyclone annoncé sur la ville. Aux prises avec une terrible angoisse, il se remémore son grand-père décédé, qui l'avait élevé et soutenu, et est assailli de remords. Il s'en veut de ne pas avoir été plus combatif et d'avoir laissé partir cet homme terrassé par la vieillesse et la maladie.
Par la fenêtre, il voit le grand orme rouge en proie aux rafales du vent. Celui-ci semble plier mais ne pas rompre, résister à la tempête et écouter les confidences du narrateur.

"Le grand vivant" est un texte fort, à lire de préférence à voix haute pour en ressentir la portée, monologue de théâtre très animé et poétique. La puissance des mots, la déferlante de sentiments mitigés, de peine jusqu'à présent contenue rendent l'ensemble très touchant. C'est une espèce de chaos qui envahit le narrateur, il se délivre et lutte contre ses démons, règle ses comptes avec ce grand-père qui le tourmente depuis sa disparition terrestre.
Fort, c'est le mot juste.

J'ai aussi aimé un arbre qui allait mourir. Longtemps j'ai croisé son corps malade au bord d'un champ. Puis son spectre debout. Jusqu'à ce qu'un jour, il soit abattu. De lui, j'ai porté le deuil. Sa souche est restée pour moi une stèle. Elle se dresse encore sur la route, je crois.