Celle qui a tous les dons de Mike Carey

Celle qui a tous les dons de Mike Carey
(The girl with all the gifts)

Catégorie(s) : Littérature => Horreur, SF et Fantastique

Critiqué par Ludmilla, le 23 mai 2016 (Chaville, Inscrite le 21 octobre 2007, 61 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (30 448ème position).
Visites : 698 

Un livre de zombies pas comme les autres

Extrait de la présentation de l’éditeur
« Chaque matin, Melanie attend dans sa cellule qu'on l'emmène en cours. Quand on vient la chercher, le sergent Parks garde son arme braquée sur elle pendant que deux gardes la sanglent sur le fauteuil roulant. Elle dit en plaisantant qu'elle ne les mordra pas. Mais ça ne les fait pas rire. »

Un livre que je n’aurais jamais lu si ça n’avait pas été un coup de cœur de la bibliothèque.
Un monde dans lequel la plupart des humains ont été infectés par un champignon et sont devenus des zombies (ici nommés affams) sans conscience.
Les principaux personnages (et narrateurs):
- Melanie elle-même, 10 ans, très intelligente, qui comprendra progressivement ce qu’elle est
- Helen Justineau, l'enseignante préférée de Melanie
- Caroline Caldwell, une scientifique qui cherche à comprendre pourquoi certains enfants infectés n’ont pas perdu toute conscience
- Le sergent Parks

Une histoire captivante avec une fin imprévue …

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Les éditions

  • Celle qui a tous les dons [Texte imprimé] M. R. Carey traduit de l'anglais par Nathalie Mège
    de Carey, Mike Mège, Nathalie (Traducteur)
    l'Atalante / La Dentelle du cygne
    ISBN : 9782841726851 ; EUR 23,00 ; 23/10/2014 ; 448 p. ; Broché
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Pas d’avenir radieux.

7 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 60 ans) - 7 février 2017

Comme le signale la quatrième de couverture – « la rencontre entre les univers de Kazuo Ishiguro et The Walking Dead » - je n’ai pu m’empêcher de penser au Kazuo Ishiguro de « Auprès de moi toujours » ou « Quand nous étions orphelins ». Avec une tendance plus marquée à l’anticipation pure, une anticipation tendance « post-apocalyptique », moins subtile que les finesses « Ishiguriennes ».
Ca attaque tout de suite dans le vif du sujet avec Melanie, dont on apprend qu’elle est une enfant de dix ans, qu’elle se trouve dans une espèce de cellule, dans un Centre d’éducation, de soins, de surveillance … on ne sait pas trop :

« D’ici là, elle a cette cellule, le long couloir, la salle de classe et celle des douches.
La cellule est petite, carrée. Il y a un lit, une chaise, une table, des images accrochées aux murs peints en gris : une grande photo de la jungle amazonienne et puis une, plus petite, d’un chat buvant son lait à sa soucoupe. Des fois, Sergent et son équipe déplace les enfants. Certaines cellules montrent d’autres images. »

On le constate, l’heure n’est pas aux longues phrases avec des subordonnées en rafale. M. R. Carey écrit simple, c’est son propos qui doit emporter l’adhésion, pas forcément un style flamboyant.
Et de fait le propos est fort. Fort pessimiste aussi ! A l’instar de tous les romans post – apocalyptiques, bien entendu. C’est la loi du genre.
Au fil des pages – et il y en a tout de même 442 – M. R. Carey nous distille les informations, les clés de compréhension. Nous sommes en Angleterre, dans un futur non précisé, dans un camp retranché à une soixantaine de kilomètres de Londres. Un camp retranché, en fait un Centre d’Etudes et d’Expérimentations sur de jeunes enfants. Il y a vingt ans a eu lieu « la Cassure ». On comprend qu’il s’agit d’une infection qui a contaminé la majeure partie du genre humain sous forme d’un champignon qui prend le contrôle de l’homme et le pousse à aller contaminer le reste du genre humain et à manger, à nourrir le champignon, en mangeant tout ce qui bouge, hommes y compris.
On le comprend très progressivement tout ceci et bien entendu ça ajoute à l’angoisse naturelle générée par ce genre de lecture. Il s’agit en fait d’une histoire de « zombies » plus sophistiquée.
Plus sophistiquée parce que tout de même, il y a de vrais et – parfois - beaux personnages qui entourent Melanie. Telle Helen Justineau, un de ses professeurs, qui a conservé un sens de l’humanité. Mais il y a aussi Caroline Caldwell, la froide scientifique qui mène une lutte désespérée pour tenter de trouver une parade à ce désastre « champignonnier » et pour qui les enfants ne sont que cobayes éliminables à volonté, ou Sergent, le soldat responsable de la sécurité du Centre sans trop d’états d’âme.
Et ces personnages vont devoir évacuer le Centre suite à l’attaque des « affams » (c’est ainsi que sont qualifiés les contaminés, qui ne pensent plus qu’à manger) et errer en direction de Londres, dans un monde dévasté et peuplé « d’affams » qui vous guettent à chaque coin de rue. Les relations entre les protagonistes décrits plus haut et Melanie, en cavale avec eux, va être le vrai sujet du roman. Certainement très réussi pour les amateurs du genre, honorable pour des amateurs simplement de … romans.

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