Celle qui a tous les dons de Mike Carey

Celle qui a tous les dons de Mike Carey
(The girl with all the gifts)

Catégorie(s) : Littérature => Fantasy, Horreur, SF et Fantastique

Critiqué par Ludmilla, le 23 mai 2016 (Chaville, Inscrite le 21 octobre 2007, 61 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (19 027ème position).
Visites : 1 751 

Un livre de zombies pas comme les autres

Extrait de la présentation de l’éditeur
« Chaque matin, Melanie attend dans sa cellule qu'on l'emmène en cours. Quand on vient la chercher, le sergent Parks garde son arme braquée sur elle pendant que deux gardes la sanglent sur le fauteuil roulant. Elle dit en plaisantant qu'elle ne les mordra pas. Mais ça ne les fait pas rire. »

Un livre que je n’aurais jamais lu si ça n’avait pas été un coup de cœur de la bibliothèque.
Un monde dans lequel la plupart des humains ont été infectés par un champignon et sont devenus des zombies (ici nommés affams) sans conscience.
Les principaux personnages (et narrateurs):
- Melanie elle-même, 10 ans, très intelligente, qui comprendra progressivement ce qu’elle est
- Helen Justineau, l'enseignante préférée de Melanie
- Caroline Caldwell, une scientifique qui cherche à comprendre pourquoi certains enfants infectés n’ont pas perdu toute conscience
- Le sergent Parks

Une histoire captivante avec une fin imprévue …

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Encore un très bon cru

9 étoiles

Critique de LesieG (CANTARON, Inscrite le 20 avril 2005, 50 ans) - 25 mars 2017

Le choix va être difficile à faire, d'autant que je compare ce livre à "Bird Box", qui reste très court, je trouve "Celle qui a tous les dons" beaucoup plus abouti.
Les personnages sont très travaillés, l'histoire bien menée et l'intrigue très prenante.
En effet, contrairement au premier, là on comprend ce qu'il se passe réellement et il y a une réelle suite dans l'histoire. En fait ça semble plus crédible.

Maintenant, la fin, woaw, il m'a fallu un moment pour la digérer mais quelque part c'est celle qui semblait sinon la plus probable, au moins la plus intelligente. Quoique ce point reste à débattre.

La théorie de l'évolution appliquée aux zombies

7 étoiles

Critique de Ellane92 (Boulogne-Billancourt, Inscrite le 26 avril 2012, 41 ans) - 10 mars 2017

Je n'ai jamais lu de livres de zombie. C'est pas tellement que le sujet ne me plait pas, c'est juste que l'occasion ne s'était jamais présentée.
C'est à présent chose faite, et en compagnie de Melanie, qui aurait bien aimé s'appeler Pandore, prénom qui signifie "celle qui a tous les dons". Dans ce livre, les zombies s'appellent des "affams", rapport à leur comportement compulsif vis-à-vis de tout ce qui est vivant dans le règne animal. Mais tous les affams ne se comportent pas bêtement, attendant sagement (enfin, immobiles) que de la nourriture passe à proximité de leurs mandibules. Enfin, là, je vais trop vite, parce que c'est un peu la toile de fond de cette histoire.
Revenons donc à Melanie, personnage très intéressant, surtout au tout début de l'histoire. Parce que si elle sait qu'il y a eu une catastrophe "en-dehors" de là où elle vit, dans une cellule située dans un souterrain protégé par des portes blindées, elle ne sait pas trop ce qu'elle est ; et là se trouve le nœud de l'intrigue de cette histoire.

Celle qui a tous les dons est un roman de littérature jeunesse, plutôt bien écrit et bien rythmé. J'ai beaucoup apprécié les premiers chapitres, quand nous découvrons le monde de Melanie et de ses compagnons au travers de ses yeux et de ses pensées. L'attente, le plaisir et le désir, la tension liée à la disparition des deux camarades de classe, sont franchement réussis. J'ai en revanche trouvé plutôt convenue et moins originale la fuite éperdue des rescapés de la base à la recherche d'une aide hypothétique. En-dehors de Melanie, les personnages sont plutôt stéréotypés et sans trop de surprises, même si les évènements et découvertes sur les affams permettent de tourner allègrement et sans ennui les pages de ce livre. Si j'ai beaucoup aimé l'ironie de la conclusion, j'ai beaucoup de mal avec la "théorie" expliquant comment des êtres comme Melanie peuvent exister : ça me parait tout bonnement pas crédible.
J'ai passé un bon moment avec ce livre, même s'il ne restera pas dans mes annales !

Pas d’avenir radieux.

7 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 61 ans) - 7 février 2017

Comme le signale la quatrième de couverture – « la rencontre entre les univers de Kazuo Ishiguro et The Walking Dead » - je n’ai pu m’empêcher de penser au Kazuo Ishiguro de « Auprès de moi toujours » ou « Quand nous étions orphelins ». Avec une tendance plus marquée à l’anticipation pure, une anticipation tendance « post-apocalyptique », moins subtile que les finesses « Ishiguriennes ».
Ca attaque tout de suite dans le vif du sujet avec Melanie, dont on apprend qu’elle est une enfant de dix ans, qu’elle se trouve dans une espèce de cellule, dans un Centre d’éducation, de soins, de surveillance … on ne sait pas trop :

« D’ici là, elle a cette cellule, le long couloir, la salle de classe et celle des douches.
La cellule est petite, carrée. Il y a un lit, une chaise, une table, des images accrochées aux murs peints en gris : une grande photo de la jungle amazonienne et puis une, plus petite, d’un chat buvant son lait à sa soucoupe. Des fois, Sergent et son équipe déplace les enfants. Certaines cellules montrent d’autres images. »

On le constate, l’heure n’est pas aux longues phrases avec des subordonnées en rafale. M. R. Carey écrit simple, c’est son propos qui doit emporter l’adhésion, pas forcément un style flamboyant.
Et de fait le propos est fort. Fort pessimiste aussi ! A l’instar de tous les romans post – apocalyptiques, bien entendu. C’est la loi du genre.
Au fil des pages – et il y en a tout de même 442 – M. R. Carey nous distille les informations, les clés de compréhension. Nous sommes en Angleterre, dans un futur non précisé, dans un camp retranché à une soixantaine de kilomètres de Londres. Un camp retranché, en fait un Centre d’Etudes et d’Expérimentations sur de jeunes enfants. Il y a vingt ans a eu lieu « la Cassure ». On comprend qu’il s’agit d’une infection qui a contaminé la majeure partie du genre humain sous forme d’un champignon qui prend le contrôle de l’homme et le pousse à aller contaminer le reste du genre humain et à manger, à nourrir le champignon, en mangeant tout ce qui bouge, hommes y compris.
On le comprend très progressivement tout ceci et bien entendu ça ajoute à l’angoisse naturelle générée par ce genre de lecture. Il s’agit en fait d’une histoire de « zombies » plus sophistiquée.
Plus sophistiquée parce que tout de même, il y a de vrais et – parfois - beaux personnages qui entourent Melanie. Telle Helen Justineau, un de ses professeurs, qui a conservé un sens de l’humanité. Mais il y a aussi Caroline Caldwell, la froide scientifique qui mène une lutte désespérée pour tenter de trouver une parade à ce désastre « champignonnier » et pour qui les enfants ne sont que cobayes éliminables à volonté, ou Sergent, le soldat responsable de la sécurité du Centre sans trop d’états d’âme.
Et ces personnages vont devoir évacuer le Centre suite à l’attaque des « affams » (c’est ainsi que sont qualifiés les contaminés, qui ne pensent plus qu’à manger) et errer en direction de Londres, dans un monde dévasté et peuplé « d’affams » qui vous guettent à chaque coin de rue. Les relations entre les protagonistes décrits plus haut et Melanie, en cavale avec eux, va être le vrai sujet du roman. Certainement très réussi pour les amateurs du genre, honorable pour des amateurs simplement de … romans.

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