Dans les prairies étoilées de Marie-Sabine Roger

Dans les prairies étoilées de Marie-Sabine Roger

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Lucia-lilas, le 10 mai 2016 (Inscrite le 21 février 2016, 53 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 5 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (11 284ème position).
Visites : 3 677 

Dans les prairies étoilées de Marie-Sabine Roger

Attention, PÉPITE à côté de laquelle il convient de ne pas passer ! Si vous poursuivez votre chemin, on vous aura prévenu(e) (s) …
La lecture de ce livre m’a comblée de bonheur et je n’exagère pas. J’ai tout aimé !
1. Les personnages (les principaux et les secondaires) : Merlin, 57 ans et son amie Prune, huit de moins, viennent enfin de trouver la maison qu’ils ne souhaitaient surtout pas acheter. Loin de tout, tout à refaire. Un coup de cœur comme on dit. Mais Merlin n’est pas bricoleur. Lui, son truc, c’est le dessin, enfin, les dessins : il est dessinateur documentariste « métier en voie de disparition », précise-t-il et travaille pour La Grande Encyclopédie des oiseaux d’Europe. Il copie sans trahir le moindre détail la gorgebleue à miroir, la chouette hulotte, le guêpier : « Il faut que l’oiseau respire, et il faut qu’il s’envole ». Il est aussi l’auteur de la fameuse série de BD, Wild Oregon, sa grande œuvre. « C’est une utopie maussade, ou une dystopie joyeuse, selon que l’on voit le verre vide ou plein… ». Quant à Prune, elle bricole, achète, revend. Ils font leur nid, tout va bien… jusqu’à ce que…
2. L’histoire (la principale et les secondaires) : c’est simple, on ne lâche pas le livre. D’abord, parce que l’on se demande comment les uns et les autres vont se sortir de leurs misères (ah, les décisions à prendre dans la vie !). Et puis, parce que l’on n’a qu’une hâte : retrouver nos personnages dans des situations irrésistibles qui m’ont fait rire mais RIRE… Et c’est rare que je rie en lisant un livre. Je souris mais je ne ris pas. Là, vraiment… J’ai ri (rigolé comme disent mes élèves !) - pauvre verbe « rire » ! Il n’en a plus pour longtemps celui-là !
3. Et j’ai pleuré aussi, enfin j’exagère, des larmes ont coulé (souvent, j’avoue) parce que ce qui est dit est si juste, si touchant, si exactement ce que je ressens, que ça m’a touchée au cœur- direct ! Bien visé !
4. Et l’invention, comment fait-on pour trouver tout cela ? Ça vient la nuit, en marchant, en faisant du vélo ? C’est ça un artiste, me répondrait Merlin, il doit « réenchanter le monde ». Bravo, Madame Roger, vous avez réussi et je vous en remercie.
5. Et l’écriture… de la prose aux vers, du roman à la pure poésie, des jeux de mots aux créations verbales les plus folles (ah, le « mortissoir à brinches » !). L’écriture m’a prise et m’a emportée. J’ai rempli mes carnets de citations, recopié de longs passages que je relirai quand j’en aurai besoin…
6. J’ai aimé aussi les réflexions de Merlin sur les rapports étroits entre le créateur et ses personnages. « Je vais mal, ils vont mal. Je vais bien, ils vont bien. Et réciproquement. C’est là que ça devient difficile à comprendre. » Les personnages envahissent l’univers de l’auteur qui leur parle, les imagine assis sur un coin du bureau ou allongés sur le lit à jouer avec le chat. Cela me rappelle Giono qui dans Noé raconte à quel point il a vécu avec les personnages d’Un roi sans divertissement (à lire absolument !) si bien que, passant à un autre livre, il éprouve encore le besoin de parler d’eux.
7. Vous faites dire, Marie-Sabine, (ça y est, j’ai osé !), vous faites dire à Merlin page 215 : « Mes lecteurs ont des droits. » A-t-on le droit de vous demander, un jour, de nous reparler de Merlin et de Prune ? Parce que je sais qu’ils vont me manquer, je le sens déjà ! Et puis, finalement, Alléluia Mac Cárghtaigh et Jim, ça va l’faire ou pas, comme on dit ici ? Et l’Oncle Albert avec Edmée (il faudra quand même qu’un jour Merlin lui explique la différence entre les poissons de rivière et les poissons de mer, quitte à faire un dessin !)? Cirrhose et Chausson (le pauvre !) s’habitueront-ils l’un à l’autre ? Et surtout, SURTOUT, dites-moi, car cela m’inquiète vraiment, Bombala est-il revenu avec les pièces ou a-t-il oublié de les commander ?
8. Que vont devenir ces personnages que l’on a tant aimés ? Vousnousraconterezhein promisvousnousraconterez !

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Ecriture et BD

6 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 63 ans) - 13 septembre 2019

Roman léger, trop léger, sur une vie heureuse et les affres de la création d’un créateur de BD. (Je n’exclus pas que c’est parce que je n’ai pas une très haute considération pour la BD que je qualifie le roman de trop léger ?! Peut-être aussi est-ce le parti-pris délibérément décalé choisi par l’auteure ? Ses personnages s’appellent Merlin et Prune …)
Bon, je ne sais pas, mais j’ai eu du mal à m’approprier les personnages, les voyant plutôt s’agiter sous mes yeux comme … justement, des personnages de BD.
Merlin Descamps est créateur de BD, avec un personnage à succès : Wild Jim alias Jim Oregon. Problème ; Wild Jim n’est autre que l’incarnation du voisin et ami de Merlin, Laurent, Laurent qui vient de mourir et de laisser Merlin orphelin et en panne de créativité. Circonstance aggravante, Laurent a envoyé une lettre post-mortem à Merlin lui demandant de faire vivre à son personnage, Wild Jim, une belle histoire d’amour avant de le faire mourir, une belle histoire d’amour que lui, Laurent, n’aura pas vraiment connu. Et Merlin coince.
Merlin coince d’autant plus qu’un autre de ses personnages, Phoebe, une femme aventureuse et plantureuse, n’est autre que Prune, sa femme. C’est compliqué l’écriture !
Bon, les choses vont s’arranger mais ça ne m’aura pas touché plus que cela. Des personnages secondaires attachants ; un oncle Albert foldingue, une Edmée moins (foldingue), des chats aux particularités marquées, mais ça n’a pas suffi à capter (ou plutôt retenir) mon attention.
Pour autant c’est agréable à lire.


Merlin enchante la fiction et le... réel !

8 étoiles

Critique de Frunny (PARIS, Inscrit le 28 décembre 2009, 54 ans) - 3 août 2019

Merlin est un sexagénaire heureux. Dessinateur de BD à succès, illustrateur animalier, amoureux fou de sa compagne Prune et nouveau propriétaire d'une maison à retaper. N'en jetez plus... c'est le bonheur !
Malheureusement une "grosse tuile" vient entacher le tableau.
Laurent, son meilleur ami, meurt subitement le laissant désemparé, vide.
Laurent, l'ami, le confident, l'entremetteur qui lui a permis de rencontrer Prune, l'abandonne...
Merlin perd plus qu'un ami, il ne sait quoi faire du héros de sa BD à succès. En effet, Jim Oregon, le ténébreux Cowboy intersidéral n'est autre que l’avatar de ... Laurent .
Dans une poignante lettre-testament, Laurent lui demande de faire vivre une belle histoire d'Amour à Jim Oregon et de le faire mourir.
Un crève coeur pour Merlin.
Un personnage qui lui dicte sa conduite, prend le contrôle sur le réel ? On aura tout vu !

Un incroyable roman, tendre, touchant et profond.
La création littéraire y est abordée, le rapport d'un auteur avec ses personnages.
La frontière ténue entre fiction et réel.
Une construction originale qui mêle dialogues de BD et réflexions de l'auteur.
Un très agréable et émouvant moment de lecture.

Croquer la vie

7 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 61 ans) - 5 mai 2019

Merlin Deschamps est auteur de BD. Heureux en amour avec Prune, avec qui il vient d’acheter une maison à la campagne, heureux en amitié avec Laurent son maître sommelier spécialiste du whisky, heureux professionnellement avec le succès de ses livres.
Les héros de ses BD étant fortement inspirés des personnes de son entourage.
Laurent est Jim Oregon, le héros de la série ; quant à Prune elle est la plantureuse Phoebe au caractère affirmé.
Et tous ceux qu’il croise, selon le degré de sympathie ou d’antipathie, deviennent des personnages à la durée de vie plus ou moins longue, et plus ou moins agréable.
Mais Merlin va se retrouver face à un terrible dilemme à la réception d’une lettre de son ami.

L’auteure, comme à son habitude, a écrit un roman aussi sympathique que ses personnages.
Mais il manque un peu de profondeur malgré des réflexions intéressantes sur des sujets tels que le rôle de l’écrivain, celui du lecteur...
L’atout majeur de ce roman reste pour moi son humour, les chats Cirrhose et Chausson n’étant pas les derniers pourvoyeurs de rires.

Les affres de l'écriture racontés avec légèreté et humour

9 étoiles

Critique de Pascale Ew. (, Inscrite le 8 septembre 2006, 52 ans) - 10 octobre 2016

Merlin Deschamps est auteur de BDs. Il vit avec Prune (et ses chats) et ils viennent d'acheter une vieille maison branlante en pleine campagne, lorsque son meilleur ami décède. Or, cet ami, Jim, est celui qui a inspiré le héros de la bande dessinée de Merlin. En outre, Jim a laissé des instructions qui mettent Merlin dans l'impasse face à son scénario et à l'image qu'il a forgée de son personnage.
L'auteur s'inspire constamment des personnes qui l'entourent ou qu'il croise pour créer son univers et ses personnages. Cela lui arrive même de se venger par BD interposée. Le récit de Marie-Sabine Roger est fréquemment entrecoupé de passages où Merlin se raconte comme s'il faisait partie d'une histoire dessinée. Il s'imagine également parlant à ses personnages. Bref, les liens entre la réalité et la fiction s'entremêlent sans cesse.
J'aime toujours autant le style de Marie-Sabine Roger, qui se lit un sourire aux lèvres (et effectivement parfois en riant). Ses personnages sont très humains et nous attendrissent (ex. : le plombier, tout un poème !!!). Son humour rend plus léger et le lecteur s'en délecte ! Sans parler des mots inventés qui sonnent si juste…

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