Ghetto de Venise : 500 ans
de Donatella Calabi

critiqué par Veneziano, le 30 avril 2016
(Paris - 46 ans)


La note:  étoiles
Un quartier de quarantaine
Le Ghetto de Venise, créé en 1516, fête donc ses cinq cents ans. Il a été le premier quartier du genre à parquer les Juifs, pour mieux les contrôler. Son établissement, sur une petite île urbaine entre des canaux, clôturé par des murailles à deux entrées, a été l'occasion de les confiner également dans des activités professionnelles strictement énumérées, comme le commerce de bien d'occasion, le prêt à intérêt et la médecine.
Cet ouvrage, assez court et très clair, retrace sa conception et son évolution, celle de son contrôle et de l'exiguïté des résidences. La vie religieuse s'avère aussi intense qu'encadrée. Il existe une synagogue, ou scuola, par communauté, ce qui explique que plusieurs d'entre elles soient aujourd'hui inusitées, faute d'un nombre suffisant de pratiquants. Ce ne fut qu'à la fin du XVIIIème que les Juifs purent sortir du Ghetto, certain arrivant à faire fortune, comme une famille célèbre dans le secteur - sestiere - du Cannaregio. Les Juifs ont participé à l'insurrection contre l'occupation autrichienne et au Risorgimento, ce qui leur a valu d'être serrés de près par les Autrichiens.

Ce livre est très intéressant et reste très accessible. Son contenu est révélateur de la place marginale laissé aux Juifs en Europe, au fil des siècles. Je regrette juste qu'il ne fasse pas plus de place à l'évolution contemporaine du quartier.
Il est à conseiller.