Arizona Jim de Thibauld Menke

Arizona Jim de Thibauld Menke

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Catinus, le 15 avril 2016 (Liège, Inscrit le 28 février 2003, 68 ans)
La note : 9 étoiles
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Un excellent premier roman ...

Trois jeunes gens, déguisés en cow-boys, montés sur des chevaux, dévalisent, avec une extrême violence, le train Maastrich – Liège, puis un autre du côté de Ypres et enfin au pays d’Arlon. Nos trois bandits portent des noms de far-west : Texas Bill, Tennesse et Arizona Jim. Ils revendent le butin, dérobé aux passagers des trains, à un dealer puis envoient, sous enveloppes, des billets de 50 euros ou plus à des habitants du quartier Sainte-Marguerite avec ce mot ainsi libellé : « Nous tenons pour évidente la vérité suivante : tous les hommes sont créés égaux ». Pour l’inspecteur Renard, cela ne fait pas l’ombre d’un doute : ces gaillards sont de dangereux terroristes (ce qui est un pléonasme mais aussi furieusement d’actualité) et de tout évidence, comme on dit à Liège : ils n’ont pas toutes leurs frites dans le même sachet … Toujours est-il qu’il va les prendre en grippe (pour notre plus grand plaisir)…

Une partie de l’action se déroule au quartier Sainte-Marguerite : au 13 rue Mississippi, place des Arzis, à la collégiale Sainte-Croix. Le jeune auteur de ce roman a certainement pris son pied à l’écrire. De surcroît, il ne manque pas d’humour.

Un bon p’tit bouquin qui se lit agréablement ce qui, vous en conviendrez, est certainement une première qualité pour un roman.



Extrait :


- La rue Mississippi rejoignait les rues Saint-Séverin et Louis Fraigneux. Pavée de gros pavés, elle descendait fortement et s’avérait être l’enfer des cycliste voulant la gravir. Enclavée dans le quartier Sainte-Marguerite de la ville de Liège, elle souffrait de la pauvreté et de l’âge avancé des bâtiments. Le temps, la pollution, le déclin du quartier avaient noirci les façades. Depuis la construction d’une autoroute quelques années auparavant, Sainte-Marguerite avait perdu de son attraction économique. Même la pluie ne pouvait plus laver les murs désormais gangrénés par la crasse et le désespoir.
Les maisons de la rue Mississippi furent construites en briques rouges ou blanches – du moins, c’était là leur couleur d’origine. Elles ne dépassaient pas les deux étages et possédaient, en majeure partie, six fenêtres à l’anglaise – c’est-à-dire des fenêtres dont l’ouvrant pivote verticalement sur le bord vers l’extérieur. Derrière les vitres, de fins rideaux grisés par la poussière et la négligence cachaient le peu de vie privée que les habitants de ces immeubles cherchaient à avoir.
Quartier multiethnique, il n’était pas difficile de se faire coiffer par un Italien, de chercher son pain dans une boulangerie marocaine, d’acheter ses légumes chez un épicier ghanéen ou de rencontrer des Turcs à la blanchisserie – tout en ayant le loisir de boire une bière belge au café du coin. Les affaires se réglaient à même la rue et si, parfois, l’ambiance ressemblait à celle du Far West, jamais aucun problème ne fut rapporté aux services de police.
On surnommait la rue Mississippi « la rue quatre –i-, quatre –s ». Elle n’était pas très large. Le soleil n’y pénétrait presque jamais pour nourrir de ses rayons les habitants du quartier, pour qui un peu d’optimisme n’aurait pas été de refus.

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