La route des clameurs de Ousmane Diarra

La route des clameurs de Ousmane Diarra

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Littérature => Africaine

Critiqué par Dirlandaise, le 9 avril 2016 (Québec, Inscrite le 28 août 2004, 61 ans)
La note : 9 étoiles
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Au nom d'Allah...

Au Mali, le narrateur vit avec sa famille dont le père est un artiste mondialement connu pour ses toiles et sculptures. Sa mère, ses deux sœurs et son frère vivent également sous le toit familial. La vie est douce et l’argent ne manque pas mais tout bascule lorsque le pays est livré aux mains de djihadistes commandés par un calife usurpateur nommé Mabu Maba dit Fieffé Ranson Kattar Ibn Ahmad Almordibonne. Dès lors, la population est livrée à des exactions terribles au nom d’Allah : viols, meurtres et razzias dans de nombreux villages constituent le quotidien des Morbidonnes, l’armée du calife. Ce sont des fanatiques nourris par les versets coraniques et rendus insensibles par la drogue. Le narrateur ne tarde pas à être recruté par les djihadistes et il doit se soumettre à un entraînement non seulement moral mais aussi militaire et religieux afin de bien servir la cause du calife Mabu Maba. Le père du narrateur, refusant de se plier à cet endoctrinement, est victime de la barbarie de la population déchaînée dont les œuvres vont à l’encontre des discours du calife. La famille est déchirée et retenue en otage par le calife mais le père refusera toujours de se soumettre nourri par l’espoir de voir la justice et la liberté triompher de nouveau dans son pays.


Magnifique roman décrivant l’absurdité des guerres religieuses comme celle des djihadistes au Mali. La deuxième moitié du récit est particulièrement dure car elle décrit les massacres de villageois impies (selon les djihadistes) et tout le monde y passe. Les femmes et les fillettes sont violées devant leur famille et ensuite exécutées. C’est une lecture pénible, très triste mais édifiante. Le style m’a beaucoup plu. Le narrateur raconte parfois naïvement les événements sans toujours bien les comprendre. Par contre, toujours répéter le nom du calife au complet devient irritant de même que la répétition des « Eh Allah ! » et « Wallahi ! » mais cela contribue au style qui se rapproche plus du conte populaire que du roman. À lire donc si le sujet vous intéresse.

« Nous avons marché encore toute une journée et toute la nuit. Il fallait éviter les clairières. C’est là qu’il y avait le plus grand danger. Pas à cause de ces méchants génies de la brousse dont notre mère nous parlait souvent. Eux, ils avaient détalé dès que les premiers coups de pétard avaient tonné. Mais des œufs de la mort ! Et tant d’autres calamités qui faisaient la terreur des hommes et des bêtes et des arbres ! Même que la pluie elle-même avait peur de tomber, désormais. »

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Les éditions

  • La route des clameurs [Texte imprimé], roman Ousmane Diarra
    de Diarra, Ousmane
    Gallimard / Continents noirs
    ISBN : 9782070146284 ; EUR 17,50 ; 04/09/2014 ; 192 p. ; Broché
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