L(s)1
de Nathalie Bassand

critiqué par Pucksimberg, le 9 mars 2016
(Toulon - 37 ans)


La note:  étoiles
Une belle écriture.
Voici une pièce de théâtre à l'écriture poétique. Il s'agit d'un triptyque où la parole est reine et source d'évocations marquantes. On rit peu , voire pas du tout, dans ces textes. Au contraire. Ce texte nous secoue et nous force à réagir. On est surtout frappé par la force de certaines histoires et par la brutalité de certaines images. Dans "Ses plumes comme de la neige ...", un inspecteur de police, interroge une femme. La scène se déroule au Japon et le personnage masculin narre avec précision une scène de tauromachie, tout ceci ponctué par des remarques en espagnol formulées par un journaliste télévisuel. Dans "Nativité", une nièce discute avec sa tante. La discussion devient de plus en plus tendue. Le personnage le plus jeune torture le personnage plus âgé par ses propos et ses révélations. Pour finir "Volubilis" peint un monde envahi par l'eau, c'est le déluge, et notre triste monde semble balayé par un châtiment marin.

Ces diverses voix se mêlent afin de narrer la violence du monde, le déferlement d'émotions que l'on ne peut contrôler. Plus que l'histoire narrée, le verbe de Nathalie Bassand mérite toute notre attention et fait naître dans notre esprit toute une série d'images aussi fortes les unes que les autres. L'on interprète le texte souvent afin de dénouer certains éléments, mais est-ce bien essentiel ? La dernier volet de ce triptyque s'apparente davantage à un poème en prose. D'une manière générale, le monde dépeint par cette dramaturge est sombre, peu de lumière, peu de réjouissances. Cette photographie de notre monde interpelle et a une résonance dans notre esprit.