L'âme du samouraï, Tome 1 : Maîtres et esclaves
de Ron Marz (Scénario), Luke Ross (Dessin)

critiqué par Hervé28, le 28 février 2016
(Chartres - 48 ans)


La note:  étoiles
Aventures improbables donc réjouissantes.
Tout est fait pour que je passe à côté de cette bd.
Un format type comics, un dessin hyper-réaliste, des couleurs rougeoyantes.
Pourtant, j'ai rapidement accroché à la lecture de cet opus, peut-être à cause de la présence de nos mousquetaires nationaux, mais j'avoue que la lecture de "maîtres et esclaves" est savoureuse.
Savoureuse, à plus d'un titre :
le scénario d'abord ; c'est "Angélique et le sultan" à l'envers.
Pour les cinéphiles avertis que vous êtes tous, je rappelle simplement que la merveilleuse Angélique se fait enlever de la cour du roi Louis XIV pour être placée dans un harem.
Bien, ici c'est l'inverse ( sauf qu'Angélique est japonaise).
Savoureuse ensuite pour les anachronismes (volontaires?) qui ponctuent cette bd : par exemple, sous le règne du bon roi Soleil, on trouve une rue Victor Hugo, avec une taverne dont le nom est Esméralda'inn, ( alors que le siècle suivant n'avait même pas encore deux ans) ou encore la présence persistante de quatre mousquetaires (dont les noms sont sagement tus tout au long du livre) qui font penser à un trio célèbre (chut !!!, ils étaient en réalité 4) sous Louis XIII.
Reste le summum de l'impossible : notre vaillant Samouraï parle couramment français, alors que l’ère Meiji n'est pas à l'ordre du jour avant deux cent ans !
Restent les dialogues savoureux (excusez-moi d'user de cet adjectif mais c'est l'expression à employer pour cette bd) de nos mousquetaires où humour et grivoiserie sont subtilement dosés.

Malgré toutes ces imperfections, je conseille vivement la lecture de ce premier opus qui nous fait voyager de Shogun à Louis XIV.
C'est distrayant, drôle, totalement improbable mais cela se lit avec plaisir.