Dolores Claiborne de Stephen King

Dolores Claiborne de Stephen King
( Dolores Claiborne)

Catégorie(s) : Littérature => Fantasy, Horreur, SF et Fantastique

Critiqué par Banzaille, le 25 février 2004 (Rennes, Inscrite le 14 janvier 2004, 35 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 11 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (1 137ème position).
Visites : 6 498  (depuis Novembre 2007)

Une "garce"!!

"En fin de compte, c'est les garces qui survivent dans ce monde..."

Voici de quelle façon Dolorès Claiborne termine ses aveux au poste de police...
Selon ses propres mots,Dolorès se définit comme une vieille garce et, tout au long du récit qu'elle fait de sa vie aux policiers, elle va démontrer que ce sont les difficultés de son existence qui l'ont forcée à se comporter comme une garce.

Au départ, Dolorès est venue pour prouver son innocence dans la mort de Véra Donovan chez qui elle travaillait depuis des décennies en tant que gouvernante. Cette fois,il s'agit bien d'une mort accidentelle... Mais cette fois-ci seulement!
Car Dolorès est aussi venue avouer le meurtre de son mari, Joe StGeorge, commis plusieurs années auparavant. Une affaire qui avait été classée: on avait conclu à un accident.

Alors la vieille femme se met à expliquer le pourquoi et le comment de ce meurtre: les violences conjugales et l'alcoolisme de Joe qu'elle considérait sans importance. L'idée de meurtre a germé dans son esprit lorsque Joe a abusé de sa fille Séléna et qu'il a volé (et dépensé) l'argent que Dolorès avait mis de côté pour les études de leurs enfants.
Puis elle explique de quelle manière elle a profité de l'éclipse pour précipiter son mari dans un vieux puits.

Ce qui m'a le plus intéressée c'est le récit de la relation duale entre Dolorès et Véra: elles se détestent et s'aiment et se font des coups bas en permanence. Mais aussi la personnalité ambiguë de Véra, parfois détestable et parfois attachante...
King fait parler Dolorès de façon admirable avec un style original et un vocabulaire approprié: on croit vraiment entendre une vieille femme parler!!

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L'avenir de l'homme

9 étoiles

Critique de Montecristo (, Inscrit le 31 août 2016, 65 ans) - 6 septembre 2016

La diffusion du film somme toute assez laborieux qu'on a tiré de "Dolores Claiborne", l'autre soir à la téloche, m'a donné envie de relire ce que je considère comme un, sinon LE chef-d'oeuvre de King, en tous cas comme un ouvrage TRES important. Quelques scènes assez justes du film ne m'empêchaient pas de garder en tête une impression de relative trahison. Doutant de ma mémoire, j'ai voulu en avoir le coeur net et j'ai relu... l'original, d'abord en diagonale, vite fait pensais-je d'abord, juste pour chercher des éléments de confirmation à mon impression, puis, à mesure que le génie de King opérait, de plus en plus fébrilement, complètement immergé. Et je confirme : pourquoi chercher à transformer en film ce texte si fort, que King a construit sans aucun chapitrage ni découpage, qu'il a voulu monologue/confession, qu'il semble avoir rédigé d'une traite façon marathon d'écrivain, sans autre variation rythmique qu'une accélération progressive, jusqu'à un sprint final dont on ne peut s'extraire quelle que soit la dette de sommeil qu'on a accumulée ?
Bon Dieu, Dolorès Claiborne ! Quelle belle personne il nous plante devant les yeux, carrée crânement deux ou trois heures non-stop sur sa chaise dans un obscur commissariat de campagne !
Quand on est chanteur on peut bêler "Femmes je vous aime", mieux, quand on est poète on peut écrire "La femme est l'avenir de l'homme" que reprendra un quelconque chanteur, quand on est un écrivain populaire de génie on jette "Dolorès Claiborne" sur le papier, et tout est dit.
Générosité, humilité, lucidité mais pugnacité. Qualités dont King est doté à n'en pas douter, et dont il a eu besoin pour faire exister Véra et Dolorès (la riche et la pauvre, la maîtresse et la servante), deux femmes remarquables que l'apparente toute-puissance des hommes force à se découvrir garces, pour aller de l'avant sans cesser d'aimer ceux qui valent d'être aimés... Chef-d'oeuvre, je confirme !

Un magnifique portrait de femme

9 étoiles

Critique de Monde imaginaire (Bourg La Reine, Inscrite le 6 octobre 2011, 46 ans) - 6 mars 2014

Ah Dolores ! Elle porte bien son nom qui vient de l’Espagnol et qui signifie « douleurs », car oui, Dolores en a connu des douleurs dans sa vie.

Le King a vraiment su créer un personnage à part, un personnage inoubliable et magnifiquement interprété au cinéma par Katy Bates (tout comme sa somptueuse prestation dans Misery).

Au début, elle nous semble bien revêche Dolores, puis viennent ses confessions et le personnage prend tout son sens.

Ici, Stephen King n’utilise pas de fantastique par contre le monstre qu’a dû côtoyer Dolores, lui était bel et bien réel. C’était le mari de Dolores. Alcoolique, violent, brutal avec elle comme avec ses trois enfants.

Un roman bouleversant, qui malgré quelques longueurs, nous donne encore toute la mesure du talent de conteur de Stephen King.

A tous ceux qui n’apprécient pas le fantastique et l’épouvante, je ne saurai que trop vous conseiller de découvrir ce magnifique roman.

Pour ceux qui croiraient que Stephen King n’a écrit que des thrillers !

9 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 63 ans) - 21 septembre 2012

A ceux-là, lisez « Dolores Claiborne ». Roman psychologique s’il en est, psychologie principalement de deux vieilles femmes ; l’une, Dolores Claiborne, femme à tout faire et souffre-douleur d’une abominable Vera Donovan, c’est l’autre, femme riche et parvenue, qui a ses lubies et qui exerce une activité de tyran auprès de ses domestiques et de ses connaissances.
Et justement, si elle nous raconte toute son histoire, Dolores Claiborne, c’est qu’elle est dans un bureau de police à essayer de se disculper du meurtre de sa patronne, Vera Donovan. Et Dolores Claiborne choisit donc de tout raconter, tout le déroulé de sa vie, qui gravite essentiellement autour de Vera Donovan, pour démontrer qu’elle ne l’a pas tuée. Les policiers considèrent cependant qu’hériter de tous les biens de Vera Donovan pourrait constituer un bon mobile !
Elle raconte tout donc et confesse – pour se disculper – le meurtre il y a fort longtemps de son mari, Joe Saint Georges, mais il faut reconnaître que ses motivations paraissent plutôt convaincantes voire légitimes.
Mais pour Vera Donovan, alors ?
Tout ceci se déroule en vase clos, comme souvent en milieu insulaire – ici l’île de Little Fall, dans le Maine cher au cœur de Stephen King. Au cours de sa déposition-biographie, Dolores Claiborne lèvera donc le voile qui masquait sa vie – personne sur l’île ne doutait trop qu’elle avait tué son mari – et celle de Vera Donovan, pas aussi dichotomique qu’on pouvait le penser.
On est bien loin du Stephen King classique, maître du thriller. C’est ici une réflexion intelligente sur des morceaux de vie plausibles – et terribles.

Violences conjugales

7 étoiles

Critique de Kalie (Sarthe, Inscrit le 4 juillet 2010, 49 ans) - 5 décembre 2010

Pour ne pas être accusée du meurtre de Vera Donovan, son employeur depuis plus de trente ans, Dolorès se présente au commissariat de police et, durant une longue soirée, confesse le meurtre qu'elle a réellement commis, celui de son mari, plus de vingt ans plus tôt. Le courage de Dolorès est impressionnant. Stephen King décrit minutieusement le meurtre de Joe qui n'en finit pas de mourir. On est aussi soulagé que Dolorès lorsqu'il meurt. C'est un récit très terre-à-terre mais bien écrit et passionnant.

Un de mes préférés de King

9 étoiles

Critique de Bookivore (MENUCOURT, Inscrit le 25 juin 2006, 36 ans) - 28 novembre 2009

Aucun chapitrage, aucune séparation, juste 320 pages de texte en forme de confession-déposition, l'histoire et le calvaire d'une femme pas forcément très recommandable (langue de vipère), mais qui a toute notre sympathie, notre amitié. Entre son mari alcoolo, rustre, un peu pervers et peu intelligent et sa patronne très vicelarde (mais elle n'y est pas pour grand chose, car âgée et malade), la pauvre Dolores Claiborne a de quoi faire.
Un roman sec, excellent, qui se lit sans peine malgré l'apparente lourdeur qu'il cache (aucun chapitrage, encore une fois). Un de mes préférés de King (et le film de Hackford est superbe aussi) !

Pas mal du tout

9 étoiles

Critique de Nouillade (, Inscrite le 13 mars 2008, 27 ans) - 15 mars 2008

J'ai lu ce livre un peu en dilettante, pas tellement emballée par S. King.

Je me suis trompée. Peut-être mon préféré de King, car l'histoire est simple, et pourtant si complexe. La psychologie des personnages est profonde, et vraie, on les plaint, on les déteste, on les aime... Franchement, je l'ai lu presque d'une traite, très soucieuse des personnages, et leur destin. Comment cela allait-il finir ?

Je n'ai vraiment pas été décue.

Le film, lui, par contre m'a vraiment laissé un goût amer. Je l'ai beaucoup moins aimé que le roman dont il est extrait, et je n'ai pas trouvé qu'il restituait fidèlement l'univers que King avait su créer.

Niouf

Douloureuse Dolores

8 étoiles

Critique de Jean Meurtrier (Tilff, Inscrit le 19 janvier 2005, 44 ans) - 29 février 2008

De par l’absence de phénomènes surnaturels, ce livre se situe en marge de la production classique de Stephen King. Pourtant la patte du maître de l’épouvante reste reconnaissable à travers sa manière de faire monter l’intensité jusqu’au pic du récit, de faire comprendre que les personnages vivent un moment exceptionnel en prenant le contrepied de leur attitude habituelle. Il ne peut non plus s’empêcher de se ménager un passage dédié à l’action et à l’angoisse.
On retrouve également les rôles récurrents chez l’auteur dont celui de la femme battue qui se rebelle. Il serait exagéré d’affirmer que King fait de la fine psychologie. Les personnages ont généralement un profil relativement simple mais ils n’en sont pas moins aboutis.
Une fois de plus, l’argot sonne bizarre, avec des fautes de grammaire volontaires et des traductions littérales surprenantes. Mais on s’y fait, surtout qu’au cours de sa déposition, Dolores oublie son milieu social pour se mettre à parler très correctement.
Avec ce roman, Stephen King confirme qu’il est une valeur sûre de la littérature américaine moderne, même en dehors du créneau dont il est le roi depuis une trentaine d’années.

j'ai vu le film !!

8 étoiles

Critique de Langelo (, Inscrit le 24 juin 2004, 39 ans) - 24 juin 2004

j'ai vu le film, j'avais vu sa fin il y a quelques jours, je l'ai revu (raté seulement le début) et je m'y suis collé, j'ai eu très envie d'embrasser ma mère après l'avoir fini, j'ai tellement voulu lui dire "je t'aime maman", le personnage est époustouflant, tous les malheurs, toutes les tristesses, et toujours avec une volonté en acier !! un coeur qui a tant porté, et qui a peu eu d'estime d'autrui. j'aimerais tant lire le texte intégral de stephen king, novice en lecture, j'aspire gouter de ses merveilles ....
depuis hier, dolores m'est venue plusieurs fois à la tête, pauvre femme, j'aurais voulu être présent là-bas !! malgré que c'est une fiction. j'estime qu'une fiction qui laisse un tel impact est une bonne fiction, bravo stephen, bravo à ceux qui ont fait le film, malgré que mon bravo n'est rien dans la mêlée

Un bon stephen king

7 étoiles

Critique de Marz (Aulnay sous bois, Inscrite le 1 juin 2004, 36 ans) - 1 juin 2004

Ce livre m'a beaucoup plu. L'athmosphère lourde de quasi huis clos m'a fait un peu penser à Misery. Stephen King sait vraiment faire vivre ses personnages et nous faire comprendre leur psychologie.
On ne peut pas s'ennuyer en lisant ce livre, comme avec la plupart des romans de Stephen King d'ailleurs.

Une expérience de lecture intense

8 étoiles

Critique de Martell (, Inscrit le 27 février 2004, 65 ans) - 13 avril 2004

Il faut ici lancer un défi à tous ceux qui doutent encore de la valeur littéraire de Stéphen King. Mettez de côté vos préjugés comme quoi un roman divertissant n’est qu’un murmure de surface et faites la découverte de ce livre qui se situe en marge de l’œuvre plus ‘classique’ de ce maître du fantastique.

Je suis assez d'accord avec la première critique (sauf que l'intrigue est maintenant très dévêtue, lol!).

Entièrement écrit à la première personne, sans aucun chapitre, cette façon d’écouter Dolores Claiborne raconter sa terrifiante histoire est un moment inoubliable. Comme les policiers chargés de prendre sa déposition vous n’en reviendrez pas! Plus de 3 heures de confidences, et ce n’est jamais ennuyeux.
En prime vous aurez un portrait juste de la vie des insulaires. Que ce se soit d’un côté ou l’autre de l’Atlantique, le quotidien de ces gens-là se ressemble énormément.
Heureusement que la vie n’est pas aussi cruelle pour tous.

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