L'éventreur de Pékin
de Peter May

critiqué par Ardeo, le 21 janvier 2016
(Flémalle - 71 ans)


La note:  étoiles
Ennuyeux
C’est le deuxième roman de Peter May que je lis.
La trame policière de ce roman est classique : dans le Pékin d’aujourd’hui (2004), une série de meurtres a lieu. Les victimes sont toutes des jeunes femmes prostituées qui après avoir été étranglées et égorgées ont leur corps affreusement mutilé, découpé, éparpillé, mis en scène… Le tueur communique avec la police via des messages qui font immédiatement penser au fameux ‘Jack, l’éventreur’ de Londres à la fin du XIXe siècle. En effet, il reprend les crimes du tueur londonien avec tous les détails macabres et malsains que son indigne prédécesseur avait inventés. Aux commandes de l’enquête se trouve un policier entre 2 âges, le chef de section Li qui vient d’être récompensé par sa hiérarchie et le régime pour lequel il travaille pour des hauts faits de bravoure et autres. Avec son équipe, il va s’attaquer à cet éventreur et tenter de l’arrêter avant qu’il n’arrive aux mêmes totaux et atrocités que l’anglais.
Le roman se situe donc à Pékin et dans ses environs et décrit la « révolution » économique actuelle dans ce pays et les différentes classes d’individus qui sont apparues ainsi que la corruption et la déshumanisation qui l’accompagnent. Ce côté est intéressant mais autant que comme décrit dans les romans de Xiaolong Qiu que j’ai lus. L’enquête en elle-même fait intervenir les proches du policier et ses collègues. On est alors plongé dans une histoire abracadabrante liée à des détecteurs de mensonge -à un moment où il n’y a pas encore de suspect- avec force détails qui n’apportent que très peu au lecteur et qui m’ont semblé avoir été placés là un peu comme pour faire du remplissage. Alors, les malheurs arrivent pour notre inspecteur, sa famille et ses amis. Les décès et autres sont comptabilisés et se succèdent comme une descente aux enfers du médaillé des premières pages et ses proches ne sont pas épargnés : cela devient incroyable et lassant même si on imagine bien que Li a mis les pieds où il ne devait pas, dans les hautes sphères du régime.
La lecture est ennuyeuse et le suspense quasi absent inversement proportionnel aux quantités de détails introduits ; l’histoire devient rocambolesque et part dans différentes directions avec de nouvelles victimes et de nouveaux « mystères »…
Les personnages ne m’ont pas été sympathiques ou attachants ou extraordinaires ou conventionnels. J’ai trouvé que ce roman est un fourre-tout, calqué sur d’autres œuvres policières mais sans originalité ou trouvaille personnelle de la part de l’auteur.
J’avais de loin préféré « L’île des chasseurs d’oiseaux » !