La journée des prodiges de Lídia Jorge

La journée des prodiges de Lídia Jorge
(O Dia dos prodígios)

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par Tistou, le 11 décembre 2015 (Inscrit le 10 mai 2004, 61 ans)
La note : 3 étoiles
Visites : 532 

Irritant

Irritante lecture que cette « Journée des prodiges ». Irritante sur le fond, sur la forme surtout. Et je ne pense pas que ce soit un problème de traduction. Plutôt le parti pris de Lidia Jorge d’un style passablement décousu et curieusement ponctué, avec des phrases découpées à l’emporte-pièce :

« Le cantonnier dit. Vous pouvez cesser d’attendre car rien n’annonce rien. Les choses arrivent, sans lien. Mais ici, non. Ils attendent que d’une vipère sorte une voix. Que des mouches vienne la pluie. Et maintenant que d’un mort sorte une morte. Et Macario dit. Mais il y a des hommes qui en annoncent d’autres. Et Joao Martins dit. Tu es foutu, l’ami, à cause de ce deuxième. Et Mathilde dit. Il porte la moustache, il a une canne, et il n’est pas soldat mais sergent. Et Jesuina Pulha dit. Tout est pareil. Lui aussi vient et repart avec le car … »

« La journée des prodiges » est son premier ouvrage, ceci explique peut-être cela ? Ou est-ce un problème de traduction ? Toujours est-il que « Le rivage des murmures » par exemple, ou « La dernière femme » ne présentent pas ce travers, pénible, d’écriture.
En fait si je devais comparer, je dirais que « La journée des prodiges » m’évoque les pires travers (pour certains ce pourra être un compliment !) de Gabriel Garcia Marquez avec un onirisme débridé qui autorise tout, ne canalise rien et me fait pour ma part me sentir étranger au texte.
Et étranger à la lecture de « La journée des prodiges ». Bon sang, oui, je le fus ! L’impression d’une purge à absorber …
Nous sommes sur une île, plutôt isolée, je n’ose dire arriérée. La population est réduite et chacun connait chacun. Et voilà qu’il est question d’une vipère qui apparaît, qu’on s’emploie à tuer, mais qui s’envole tripes à l’air. Qu’une mule facétieuse disparaît. Qu’il est question de Carminha, la bâtarde du curé. Qu’un soldat descend du bus – évènement marquant dans le quotidien du village assoupi – pour rendre visite à Carminha …
A vrai dire je n’ai pas compris où tout ceci nous menait, ni où, sûrement, Lidia Jorge veut nous emmener. Je suis décidément rétif à l’onirisme débridé !
Une lecture qui m’a fait pousser un ouf de soulagement la dernière page tournée …

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