Les texticules du diable de Jean-Luc Dalcq

Les texticules du diable de Jean-Luc Dalcq

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Débézed, le 23 novembre 2015 (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 71 ans)
La note : 8 étoiles
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Pour ce que rire...

« Allons enfants de la brasserie le jour de boire est arrivé », Jean-Luc Dalcq donne le ton d’entrée dans ce recueil d’aphorismes qui constitue pour moi le quatrième étage de la fusée lancée par Cactus inébranlables en septembre dernier, contre la sinistrose et la morosité. C’était avant l’offensive mortelle des pleutres tout juste capables de s’attaquer à des pauvres bougresses et bougres qui ne demandent qu’à vivre en paix avec leur prochain. Quel acte de courage ! Mais Cactus ne sombrera pas dans la peur et la panique, il l’a déjà prouvé lors de précédents événements, tout aussi violents, en lançant un journal en forme de défi : « Même pas peur ». Et donc, malgré l’ambiance tendue, je continuerai à commenter des recueils et autres ouvrages insolents, iconoclastes, persifleurs, défiant toutes les formes d’autorité et de pouvoir insuffisamment respectueux des citoyens avec les armes de l’écrivain : l’ironie, la moquerie, la dérision et tout ce qui permet de dénoncer l’abus, la bêtise, l’incohérence, l’intolérance et tous les travers qui accablent nombre d’entre nous.

Jean-Luc Dalcq faisait partie de la cohorte des écrivains et dessinateurs qui ont choisi de vivre debout et de l’énoncer bien fort dans le manifeste publié par Cactus inébranlable et les Editions du Basson. Aujourd’hui, Jean-Luc a choisi de nous raconter des histoires humoristiques, émouvantes, incongrues, … , avec un minimum de mots, juste ce qu’il faut pour ravir le lecteur et l’inciter à tourner la page pour découvrir la suivante. Mais en tournant la page, le lecteur découvrira une petite ration de d’humour et d’ironie condensée dans quelques aphorismes du meilleur cru. Ces petits textes que l’auteur désigne sous le néologisme de « texticule », probable raccourci pour désigner un texte minuscule mais aussi allusion grivoise comme chacun l’a compris. Dalcq est friand des ces grivoiseries et autres allusions polissonnes défiant la morale étriquée. Il préfère l’amour léger, le libertinage coquin et ne dédaigne pas un brin de paillardise de salle de garde.

Et tout ça pour construire un joli recueil composé de textes minimums entrecoupés d’aphorismes, le tout prônant un art de vivre libre et heureux, même si un filet d’aigreur et d’amertume filtre entre les lignes. L’auteur a choisi de nous emmener sur les sentiers du plaisir coquin en narguant les religions et les institutions rigides, tout un programme, un vrai art de vivre dont voici un court échantillon :

- « On dit que l’argent n’a pas d’odeur, mais lorsqu’on en a pas, ça se sent ! »
- « La sagesse c’est ce que les vioques ont trouvé de mieux pour rester dans le coup. »
- « Pour un alcoolique chasser le naturel, il revient au goulot. »
- « La mondialisation, c’est la répartition du malheur à l’échelle mondiale. »
- « Le libéralisme des uns doit s’arrêter là où commence la liberté des autres. »

L’aphorisme qui résumerait le recueil :

- « L’orgasme reste le voyage le plus intense et finalement le moins coûteux. »

Et celui qui nous inviterait à la méditation après les derniers événements :

- « Si l’univers est si pollué, c’est sans doute à cause de toutes ces idées noires pulvérisées dans l’air. »

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