Gilead
de Marilynne Robinson

critiqué par Aaro-Benjamin G., le 22 novembre 2015
(Montréal - 50 ans)


La note:  étoiles
Un dernier monologue
Ce roman est situé en 1956 et met en scène John Ames, un révérend de troisième génération d’un petit patelin rural américain (Gilead, Iowa). Le livre s’ouvre avec sa décision d'écrire une longue lettre, ses mémoires, à son jeune fils. A soixante-dix-sept ans, l’homme a été diagnostiqué d’un problème d’angine de poitrine et n'a pas très longtemps à vivre. John veut transmettre la foi qui a donné un sens à sa vie, l'amour qui a jailli de son second mariage et la voie du pardon qui a représenté un défi pour plusieurs générations dans sa famille.

Encensé par la critique, ce roman est avant tout un périple introspectif au rythme lent et sinueux. Avec la voix de John Ames, la prose de Robinson exprime les détails banals et souvent négligés de la vie humaine avec grâce. Malgré la qualité de l’écriture, la vie de John Ames n’est pas particulièrement excitante. Il y’a bien quelques événements lointains qui apportent un peu de mystère, mais l’ensemble reste sobre et sans véritable suspense.

Le ton n’est aucunement mélodramatique. Robinson évite les pièges de la mélancolie pleurnicharde et remplie de regrets. Ames analyse les moments charnières de sa vie d’un œil lucide et en extirpe les leçons qu’il veut transmettre à son fils. Le livre sert à mettre de l’avant l’importance de la spiritualité dans une vie. Malheureusement, le personnage de John Ames est trop ennuyeux et fade pour nous investir émotionnellement.

(Prix Pulitzer / Prix du National Book Critics Circle / Prix Ambassador)