Paula
de Isabel Allende

critiqué par Leura, le 7 février 2001
(-- - 73 ans)


La note:  étoiles
Une pathétique lutte contre la mort
Ce texte écrit avec ses tripes est peut-être le plus beau livre d'Isabel Allende, car comme l'a dit le poète, les chants les plus désespérés sont les chants les plus beaux.
En 1991, Paula, la fille d'Isabel Allende, tombe dans un profond coma, dont l'issue sera fatale. Pour la maintenir en vie, Isabel lui parle, lui raconte tout ce qui peut la retenir au monde des vivants : le passé, le présent et l'avenir se mêlent dans un long et pathétique monologue. Sa vie, celle de ses ancêtres, les souvenirs d'enfance, les moments heureux, les périodes de galère, les premiers succès littéraires, les tragédies s'emmêlent.
Le renversement de Salvador Allende, la mort de Pablo Neruda, l'assassinat de Victor Jara, l'instauration de la dictature de Pinochet sont relatés par un témoin de premier plan. Mais Isabel finit par comprendre que les efforts qu'elle fait pour maintenir Paula auprès d'elle sont inutiles, et empêchent sa fille de rejoindre l'autre rive. Alors, dans un suprême geste d'amour maternel, elle décide de laisser partir sa fille, qui rend enfin le dernier soupir. Elle peut enfin dire : " Adieu, Paula, femme. Bienvenue Paula, esprit ".
Une mère à sa fille 10 étoiles

Des mots qui coulent, simplement, venant droit du coeur. Isabel Allende se lâche, librement, parlant avec affection et amour d'elle, de sa famille, des femmes qui en ont forgé le destin pas toujours rose.

On devine ses angoisses et inquiétudes pour sa fille, on découvre une histoire parfois douloureuse et pourtant : pas d'amertume, pas de rancoeur, pas même de colère. Tout est fluide jusqu'à la fin, paisible, poignante. Pas de niaiserie ni de guimauve sentimentale non plus, juste une mère qui s'ouvre, se dévoile à sa fille. Juste un lien, si fort et si fragile à la fois qu'il en est émouvant. Juste des mots, pour exorciser ses peurs -et elles doivent être horribles pour une maman-; des mots touchants un style dépouillé qui mettent une douleur à nu et font mouche.

"Jusqu'à maintenant je n'ai jamais partagé mon passé; il est mon jardin le plus secret, un lieu où même mon amant le plus intime n'a jamais eu accès. Prends-le, Paula, peut-être te sera-t-il utile, parce que j'ai peur que le tien n'existe plus, perdu quelque part durant ton long sommeil -et personne ne peut vivre sans souvenirs." Tout est dit.

Oburoni - Waltham Cross - 41 ans - 4 février 2010


On s'attache 10 étoiles

Tout au long du coma de Paula et la souffrance de sa famille, plus particulièrement sa mère, on s'attache à cette jeune femme. L'auteur nous fait vivre cette longue attente ( de la vie ? de la mort?), on s'attache grâce aux souvenirs de sa mère, on imagine cette jeune fille, intégre et amoureuse.... Et puis on finit par verser quelques larmes, pour Paula mais aussi égoïstement en pensant à nos proches qui un jour partiront aussi.

Soleada - - 35 ans - 8 septembre 2007


Larmes 10 étoiles

Un des rares livres qui m'ait fait pleurer. Un livre dont je m'arrachais avec difficulté. Un livre qui secoue, qui ébranle, qui fait vivre et qui rapproche mère et fille ! Un livre que j'encourage à lire !


Asi - - - ans - 5 mai 2005