La petite montagne
de Elias Khoury

critiqué par Nathafi, le 6 octobre 2015
(SAINT-SOUPLET - 52 ans)


La note:  étoiles
Dur, puissant, déroutant
Lecture douloureuse que "La petite montagne"... Douloureuse en ce sens que chaque page offre son lot de violence, de folie, d'incompréhension et de désarroi.
Pourtant, mon désir a toujours été d'avancer dans ma lecture, même si j'avais l'impression de perdre le fil de l'histoire bien souvent.

Nous suivons un jeune homme Libanais, chrétien, qui se remémore son enfance à Beyrouth, dans un quartier plutôt paisible. Et puis tout à coup, c'est le chaos... Sa ville ne ressemble plus à celle qu'il a connue, les constructions poussent à vitesse grand V, défigurent son quartier. Puis vient la violence, grandit la guerre civile, alors il prend les armes, se cache dans une église, à l'affût des tirs. On le recherche, on interroge sa famille, mais il est là-bas, au combat...
Arrivent les larmes, le sang des amis qu'il perd, on dénote au fil des pages que notre jeune homme sombre dans la folie. S'ensuit une succession d'images, d'émotions, qui perturbent et attristent, déroutent le lecteur qui ne sait plus qui fait quoi, comment ni pourquoi.

N'attendez pas un récit des combats du Liban, tout est bien plus profond. Elias Khoury emmène le lecteur dans sa tourmente, lui aussi se retrouve sur la petite montagne à guetter l'ennemi, à trembler la nuit, le jour, à boire plus que de raison pour oublier l'atrocité de cette guerre horrible. Les souvenirs des temps heureux apportent un peu de réconfort, le regard sur l'homme qu'il a été se révèle incisif, plus rien n'est mesuré et sème le trouble dans nos esprits...

Un livre dur, puissant, déroutant.