L'affaire Collini
de Ferdinand von Schirach

critiqué par Ludmilla, le 4 octobre 2015
(Chaville - 61 ans)


La note:  étoiles
Mais quel peut bien être le mobile ?
Premier chapitre : la mort d’un homme tué par Collini dans sa chambre d’hôtel. Collini informe la réception « Chambre 400. Il est mort » et attend l’arrivée de la police.
Caspar Leinen est un jeune avocat et va être commis d’office à la défense de Collini.
Caspar connaissait la victime, Hans Meyer, grand-père de son meilleur ami, grand-père chez lequel il a souvent passé des vacances.
Caspar va néanmoins rester l’avocat de Collini.

Collini est un italien travaillant en Allemagne depuis plusieurs années, un homme sans histoires. L’enquête ne permet pas de découvrir son mobile. Le procès parait donc devoir se dérouler sans surprise.
Toutefois, Caspar va découvrir le mobile, mobile qui a ses origines dans le passé de l’Allemagne…

J’ai lu ce livre d’une traite.
Suite à sa parution en Allemagne, une commission d’enquête a été instituée par le ministère fédéral de la Justice.
Il y a 70 ans... et encore aujourd'hui ! 7 étoiles

L'affaire Collini aborde un sujet grave : les crimes de guerre doivent-ils être en partie absous ? L'exécutant peut-il reporter sa faute sur le commanditaire et retrouver ainsi une virginité morale ?
Le sujet est toujours aussi brûlant en Allemagne où la parution de ce livre a provoqué des remous jusque dans la sphère politique.

Quant au roman à proprement parler, il se lit d'une traite (150 pages à peine). Un style un peu facile, sans éclat et avec des rebondissements qui s'emboîtent parfois un peu trop bien.
Je n'ai donc pas été conquis mais cela n'enlève rien à la qualité des idées véhiculées.

Monocle - tournai - 57 ans - 15 janvier 2016


ATTENTION LIVRE DANGEREUX!... 10 étoiles

Je ne reviendrai pas sur l’histoire du livre déjà décrite dans les critiques précédentes et qui ressort d’ailleurs d’une trame et d’un thème assez classique, et déjà maintes fois utilisé.
On a ici un très court mais très dense roman, de Ferdinand Von SCHIRACH (qui est aussi rappelons-le avocat de la défense au barreau de Berlin) dans lequel l’auteur nous surprend une fois de plus par sa connaissance du droit et de la justice qui semblent être sans failles et sans limites,..

Heureusement pour nous, l’auteur « nous prend par la main », pour nous faire découvrir les tours et détours de la justice allemande. Il nous expose les lois et les textes juridiques d’une façon limpide, ainsi que tous les petits détails qui entourent le procès, de la robe des avocats (que l’on peut carrément louer au tribunal !) aux « arrangements » entre parties en vue de raccourcir le procès, en passant par les procédures du greffe et autres salles de repos des avocats…

Ce n’est pas un polar, un roman, pas non plus un documentaire, ni une autobiographie (bien que cela « transpire » le vécu à chaque page !), ni un essai journalistique. C’est juste un récit, écrit de façon simple et très facile à lire (le livre fait 178 pages dans l’édition de poche et se lit en quelques heures…), se déroulant en Allemagne en juin 2001, et mettant celle-ci, et surtout la justice de celle-ci, face à face avec son passé récent !...

Et ce n’est pas quelques longueurs, dans un roman mené d’autre part tambour battant, et où les surprises et les retournements de situations se suivent et ne se ressemblent pas, et la fin que j’ai trouvée un peu trop précipitée qui me feront changer d’avis quant au fait que ce livre est une véritable pépite !...

Attention, ce livre est très dangereux ! Une fois que vous l’aurez commencé, vous ne pourrez plus le lâcher avant la fin, vous oublierez tout le reste !...

Septularisen - Luxembourg - 49 ans - 9 novembre 2015


Le procès 10 étoiles

Meurtre ou assassinat ? Voilà LA question !

Le petit Larousse définit le premier comme «action de tuer volontairement un être humain» et le second comme «meurtre commis avec préméditation».

Même si le résultat est le même puisque Hans Meyer est bien mort et que Collini ne fournit aucune autre explication que ce simple et froid constat, la production d’un mobile, par son sympathique jeune avocat, changerait nécessairement la donne pour lui.

L’auteur, inscrit lui aussi au Barreau de Berlin, ceci expliquant cela, dénoue petit à petit et de main de maître (…) le fil rouge de cette énigme magistrale à couper le souffle et nous entraîne dans les arcanes d’un procès en Cour d’Assises.

En tournant la dernière page de ce «roman» (que je qualifierais peut-être abusivement de «docu-fiction», pour un livre…) et seulement à ce moment là, vous comprendrez à quel point le distinguo évoqué plus haut a d’importance, certes, pour l’épilogue de cet ouvrage que le lecteur n’est pas prêt d’oublier ; mais aussi, sur le plan plus général de l’Histoire.

Comme Ludmilla, je l’ai lu d’une seule traite et vous invite simplement à en faire autant !

Isis - Chaville - 72 ans - 20 octobre 2015