Le bunker, sixième témoignage de Balval Ekel

Le bunker, sixième témoignage de Balval Ekel

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Débézed, le 26 septembre 2015 (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 72 ans)
La note : 7 étoiles
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Apocalypse

Pour bien comprendre ce sixième témoignage, il faut revenir au premier décrivant le contexte. « Le 21 juillet 2014, 217 personnes, assises côte à côte, à 10 mètres sous terre, écoutent avec attention les discours inauguraux de L’ANTRE ET DES ARTISTES, un espace culturel souterrain de béton, unique en son genre. C’est à ce moment que la catastrophe … se produit. Sans préavis. … chacun des 217 occupants du bunker est affolé, accablé, sidéré, bête aux abois enterrée vivante dans un immense terrier de béton sans aucune issue immédiate. Peut-être sortiront-ils un jour. Peut-être pas. Ils sont les survivants de la catastrophe, et se doivent d’être des survivants créateurs. Chacun à sa manière, avec son style, témoignera du présent, du passé, du futur hypothétique, de son bonheur d’avoir vécu sur terre ou de sa douleur de la perte des repères et des êtres chers. Ou peut-être, tout simplement, tracera-t-il la marque de son insondable vanité de puceron éphémère dans un monde terrassé d’avoir été trop loin dans sa folie ».

 Il appartient donc à Balval Ekel de formuler le sixième témoignage, Balval c’est l’auteur d’une biographie de celui qui serait le père génétique qu’elle a cherché longtemps sans le trouver, il était déjà décédé quand elle a pu l’identifier. J’ai retrouvé l’auteure, et la femme, que j’avais quittée dans la description de cette quête, son écriture est toujours aussi empathique, elle donne toujours l’impression de vouloir prendre le lecteur par la main pour l’emmener dans la vie qu’elle a construite dans la douleur au milieu des tracas et ennuis de tout genre. Dans ce témoignage fictif de ce qui pourrait être l’Apocalypse, elle revient sur la vie qu’elle a eue : son enfance, sa jeunesse, ses errances et finalement la rencontre de celui qui lui apporta, la quarantaine venue, l’amour et la stabilité. Elle évoque ce qui fut fondateur de sa personnalité : le sport (le dirigeant que je suis ne peut qu’apprécier ce qu’elle en dit), la peinture, la sculpture et la musique.

Pour meubler son temps dans cet espace clos, elle raconte la vie de cette petite communauté qui s’est constituée sous terre par hasard, sans qu’aucun des membres n’ait prévu quoi que ce soit. Elle n’avait même pas une feuille de papier pour écrire ce qu’elle voulait laisser, au moins une petite trace, au cas où d’autres survivants les retrouvent, eux ou leurs restes, alors elle écrit au dos des fiches de présentation des œuvres d’art figurant dans le dossier de presse de la manifestation. Les noms des artistes, de leur œuvre et leur pays d’origine sont indiqués au haut de chaque fiche qui porte chacune un texte, une réflexion, un souvenir, une observation…. Elle ne s’attarde pas trop sur le comportement des membres enfermés avec tout ce qu’il faut pour subsister un bon moment, elle se concentre essentiellement sur sa famille qu’elle a stabilisée dans la difficulté et à laquelle elle est très attachée.

Cette fin de vie possible, voire cette fin du monde ne l’inquiète pas trop, elle dit sa joie d’avoir enfin réussi sa vie, d’avoir eu des enfants qu’elle aime par-dessus tout, d’avoir trouvé le compagnon qu’il lui fallait. Mais, elle dit aussi sa désolation devant le peu de respect que les hommes ont envers la planète et ceux qui l’habitent, elle pense que cette négligence est à l’origine de tous les tracas qui perturbent le monde et certainement de cette catastrophe qui les enferme dans ce bunker.

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