Meurtres du côté de chez Proust
de Serge Le Gall

critiqué par CC.RIDER, le 21 août 2015
( - 66 ans)


La note:  étoiles
Un petit côté suranné
En 1895, le jeune Marcel Proust, à l'aube de sa carrière de romancier, et son ami Reynaldo Hahn, musicien déjà célèbre, prennent le train à vapeur pour se rendre à Quiberon. Ils doivent y embarquer pour rejoindre Belle-Ile en mer où ils souhaitent passer saluer la grande actrice Sarah Bernhardt en villégiature dans son fortin face à l'océan. Dans le train, ils font la connaissance d'un certain Tin Kerel, un jeune marin brut de décoffrage et au passé plutôt douteux. Arrivés à Belle-Ile, ils apprennent que des bagnards se sont échappés en tuant un gardien, assistent à l'incendie de l'église paroissiale et apprennent la mort du sacristain et du vicaire. Un vol de chandeliers en argent semble être le mobile de ces crimes. Un dénommé Pinkerton, détective privé de son état, cherche à les rencontrer pour pouvoir démarrer ses investigations...
Ainsi débute une difficile enquête ponctuée d'un nombre impressionnant de meurtres. Le roman ne se situe pourtant pas dans le registre du thriller, ni dans celui du roman policier classique, ni même dans celui du roman noir. On est plutôt dans le style « feuilleton rocambolesque » des bouquins de Gaston Leroux ou de Maurice Leblanc. Il semble que Serge Le Gall s'en soit grandement inspiré et qu'il soit un connaisseur de l'oeuvre et de la vie de Proust, ce qui n'est pas désagréable en dépit du petit côté kitsch et suranné de l'ensemble qui peut surprendre. Beaucoup de descriptions minutieuses de cette région de Bretagne enlèvent un peu de rythme à la narration. L'enquête se suit pas à pas, sans rebondissement ni fausse piste, ce qui est un peu dommage. Le style est de grande qualité ce qui permet une lecture agréable et donne même parfois l'impression de lire un véritable auteur du XIXème... Cette dernière remarque est à prendre comme un compliment bien sûr.