Le soleil du désert
de André Dhôtel

critiqué par Hélian, le 19 juillet 2015
( - 42 ans)


La note:  étoiles
A propos de voyages les yeux ouverts ou fermés et de choses trouvées puis perdues
Je ne me lancerai pas dans une présentation d'André Dhôtel (1900-1991), d'autres sites internet donneront bien plus d'informations. Certainement un des plus grands romanciers français du siècle dernier et un des plus méconnus...Cette absence de la reconnaissance qu'il mérite tient je pense à deux choses : l'apparente naïveté de son style, l'aspect intemporel et bien particulier de son oeuvre, pour faire bref aussi éloignée du surréalisme que de l'existentialisme.
Mais venons-en au livre : Le Soleil du désert (1973) narre les aventures et mésaventures, rêvées et/ou éveillées d'un adolescent au retour d'un voyage, à la fin des grandes vacances. Je n'en dirai pas plus sur l'histoire elle-même.
Rares sont les auteurs à avoir un ton aussi juste. La prose de Dhôtel est limpide et lumineuse, se déploie autour d'images simples aux résonances profondes. Quand on le lit, on se sent plus jeune et meilleur que ce que l'on est, le monde paraît soudain plus beau et ses possibilités infinies, enivrantes, vertigineuses.
On y trouve des choses sans les avoir cherchées puis on les perd en chemin se demandant ce qui est réel ou seulement rêvé...Le livre fermé, on se sent le coeur lourd : ce n'est pas grave, ça passera, tout passe, le moment où l'on se rend compte que l'horizon qu'on avait devant soi est maintenant derrière, aussi. Le coeur lourd mais l'âme légère.