L'Assommoir
de Émile Zola

critiqué par Jules, le 4 février 2001
(Bruxelles - 73 ans)


La note:  étoiles
Un grand livre
Oubliez quelques minutes que vous avez peut-être dû plancher sur ce livre au Lycée… Aujourd'hui, plus de professeur, plus d'interrogation, plus d'angoisse à devoir lire un bouquin rasoir, parce qu’exigé.
Plus rien que Zola, vous et " L’Assommoir ". C'est-à-dire, enfin le vrai plaisir de lire un très grand livre sans arrière-pensée ! Car Zola est vraiment un très grand écrivain et " L'Assommoir " un excellent livre.
Nous sommes au Second Empire, les campagnes se vident et Paris se remplit. Gervaise n’a que vingt-deux ans, elle a deux enfants avec Lantier, boîte un peu de la jambe droite, mais est quand même toujours assez jolie et fraîche. Ils habitent dans une seule pièce pour eux quatre. Lantier est un paresseux qui rêve de fortune mais n'envisage pas de travailler beaucoup. Alors, il envoie sa femme mettre ses vêtements au Mont de Piété. Un matin, alors qu’elle est partie au lavoir, il en profite, après une scène, pour faire sa malle et se tirer.
La bagarre au lavoir entre Gervaise et la sÏur de la maîtresse de Lantier !. Un grand morceau d'écriture !… Et voilà Gervaise seule, abandonnée avec ses deux enfants et pas un sou. Heureusement, il y a Coupeau qui l'avait déjà remarquée et tourne autour d'elle. Il est ouvrier zingueur et pas flemmard comme Lantier. Il a un logement décent et des économies. Ils ne tardent pas à s'installer ensemble et Coupeau ne manque pas de travail dans ce Paris qu'Haussmann reconstruit de partout. Sa mère à lui vit aussi avec eux. Tout va enfin bien pour Gervaise et ils se marient. Elle sera vite enceinte et accouchera d'une petite fille qu'on appellera Nana. Vingt ans plus tard, ce sera elle l’héroïne du livre qui porte son nom. Pour l'instant, la petite grandit et, un jour que Gervaise porte le casse-croûte de Coupeau, distrait, il dégringole de la toiture sur laquelle il travaille. Il ne se tue pas, mais ne saura plus travailler comme avant. La lente descente dans l’alcool, dans l'enfer, va débuter pour lui et pour Gervaise.
Zola nous livre ici un portrait de la classe ouvrière d'un incroyable réalisme. Son but n'est vraiment pas de faire croire que les ouvriers sont des dégénérés ou des faibles. Les vrais responsables de la situation sont les conditions de vie qui leur sont imposées. Le problème est dans ces villes où l'homme perd son âme dans le travail et la misère, entassé dans des logements insalubres et minuscules. L'alcool est l’échappatoire facile et les entraîne vers un engrenage dont ils ne sont pas conscients. Mais une fois qu’il les tient !.
L'écriture de Zola est des plus vivantes, précise. Lorsqu'il décrit Coupeau, enfermé dans une cage et dansant comme un fou pour éviter les rats qu’il voit courir partout autour de lui, c’est hallucinant !… Cette crise de delirium tremens est rendue avec la même vivacité de langage que ne l’aurait fait mon ami Louis Ferdinand (Céline). On s'y voit, on le voit, sur grand écran, gesticulant, hurlant, possédé, totalement déglingué !
Un très grand écrivain, un très grand livre. Zola échappe au temps et aux modes.
"C'est du Zola" 10 étoiles

"C'est du Zola"... Cette phrase que j'entends souvent, trop souvent aujourd'hui quand quelqu'un raconte notre misère humaine, me rappelle "L'Assommoir" et la descente aux enfers de Gervaise et Coupeau. Que dirait M. Zola si demain il revenait parmi nous ???

Il constaterait qu'hélas, des Gervaise et Coupeau, il y en a encore, partout, il suffit de regarder autour de soi et de voir que le problème n'est pas réglé. Que les thèmes abordés par son livre sont toujours d'actualité, et que peu de solutions sont apportées pour améliorer le quotidien des femmes battues, des chômeurs, des "sans domicile fixe", des enfants livrés à eux-mêmes.

Entrent en jeu aussi la curiosité malsaine, les "cancans" destructeurs, les yeux fermés face à la misère, le chacun pour soi. Oui, vraiment, Monsieur Zola serait bien déçu que son livre reflète encore une réalité qui surgit en pleine face, et qui ne le rend pas du tout désuet.

La différence ? Des conséquences bien plus graves que la mort de ces deux êtres dans une indifférence absolue, des divisions plus prononcées et un fossé qui se creuse de plus en plus... Bien pire que du Zola !

Nathafi - SAINT-SOUPLET - 50 ans - 17 février 2015


Un peu trop mélodramatique 8 étoiles

« - Mon Dieu ! je ne suis pas ambitieuse, je ne demande pas grand-chose… Mon idéal, ce serait de travailler tranquille, de manger toujours du pain, d’avoir un trou un peu propre pour dormir, vous savez, un lit, une table et deux chaises, pas davantage… Ah ! je voudrais aussi élever mes enfants, en faire de bons sujets, si c’était possible… Il y a encore un idéal, ce serait de ne pas être battue, si je me remettais jamais en ménage ; non, ça ne me plairait pas d’être battue… Et c’est tout, vous voyez, c’est tout… »

Sous le Second Empire de Napoléon III (milieu 19e siècle), à Paris, on suit la déchéance d’une ouvrière (Gervaise Macquart, qui sera la mère d’Étienne de Germinal et Nana), une vie de misère provoquée par l’alcool et la pauvreté.

Tout comme dans Au Bonheur des Dames, on martyrise l’héroïne, elle se fait avoir par des vauriens et je peux bien croire que le commérage était le sport national de l’époque, mais en général je trouvais qu’on en mettait trop, ça fait très Aurore l’enfant martyre. Si c’était déjà limite dans le Bonheur des Dames avec Denise, c’est une surdose avec Gervaise. Je crois en la misère et le roman a plusieurs scènes fortes, mais un peu moins de mélodrame m’aurait plus marqué. Et dire que dans le dossier de mon édition (Flammarion, 1085) on lit que Zola voulait encore rendre ça plus mélodramatique, qu’il a beaucoup coupé, mon doux...

J’ai trouvé L’Assommoir plus puissant que Nana (même si Nana est un roman plus nuancé), mais c’est moins mémorable qu’Au Bonheur des Dames et Germinal, c’est trop exagéré à mon goût. Je recommande tout de même si vous voulez lire les Rougon-Macquart.

Nance - - - ans - 25 avril 2014


La misère!!!! 8 étoiles

Ce livre souvent imposé dans la scolarité des collégiens ou lycéens mérite d'être lu. Beaucoup ne l'auront que survolé, ou même pas ouvert du tout, par manque de temps ou fainéantise. Ce livre vaut la peine d'être lu. Rien n'est plus efficace pour comprendre la misère sociale du XIXième. Zola décrit cette misère admirablement bien. On sera tous émus par le cruel destin de Gervaise.

Manu2793 - Voiron - 30 ans - 3 janvier 2014


C’est Zola ! 10 étoiles

Chef d’œuvre du roman naturaliste, « L’Assommoir », jugé trop cru à sa sortie en 1877, avait provoqué une vive polémique. Pourtant, Zola connaissait bien cette réalité de la pauvreté décrite dans le livre pour l’avoir vécu lui-même à son arrivée à Paris. Cela n’empêcha pas « L’Assommoir » » d’être rapidement un immense succès de librairie pour se poser quelques décennies plus tard en classique de la littérature, et on le comprend à sa lecture.

Reconnu comme un modèle de composition, l’ouvrage bénéficie d’un scénario simple et fluide, et même si on connaît d’avance la tragique destinée de Gervaise, on demeure à la fois fasciné et pétrifié par cette inéluctable descente aux enfers, où chaque micro-événement se pose tel un oracle maléfique sur la tête de ce personnage touchant, frappé dès sa naissance du sceau de la malédiction. Comme Gervaise, tous les protagonistes semblent avoir VRAIMENT existé (et existent probablement toujours en 2013), et cela est aussi un point fort du roman, ce réalisme prodigieux que Zola, fin observateur, parvient à nous faire ressentir, réalisme des gens et de l’environnement, mais aussi des sons, des couleurs et des odeurs dans le Paris du XIXème siècle.

S’ajoute à tout cela, et c’est peut-être le plus important, UN VRAI PLAISIR DE LECTURE ! L’auteur a combiné habilement l’argot fleuri de l’époque à la prose habituelle de la narration. Les descriptions se déroulent sans concessions, jusque dans les détails les plus triviaux (la scène de Coupeau baignant dans son vomi !). Si l’on devait faire un parallèle avec notre époque, Zola, scrutateur implacable des mœurs d’une classe sociale au début de l’ère industrielle en France, aurait très bien pu tourner un documentaire pour l’émission « Striptease ».

« L’Assommoir » a beaucoup dérangé lors de sa publication, laissant libre cours aux interprétations les plus diverses, qu’elles viennent de la droite, qui fut révulsée par son « écœurante malpropreté » ou de la gauche, qui l’accusait de salir le peuple. Car en effet, Zola n’est jamais démonstratif, il ne fait que décrire. Vu par les uns comme le « chef de la Commune littéraire » et par les autres comme un bourgeois méprisant, il était un républicain convaincu et n’a pas hésité à s’engager dans des causes sociales tout en étant attaché à son indépendance de libre penseur.

Aujourd’hui, ce roman a malheureusement conservé toute son actualité dans un contexte de paupérisation de la classe moyenne et de chômage galopant. Je n’y ai vu pour ma part aucun mépris des classes pauvres, plutôt comme le constat terrible d’une société inégalitaire où le mauvais alcool ne constituait souvent que la seule échappatoire dans un milieu urbain peu avenant. Quoique l’on en pense, un chef d’œuvre. Le classique qui m’a incontestablement le plus marqué parmi mes lectures littéraires au collège.

Blue Boy - Saint-Denis - - ans - 7 décembre 2013


un livre très réaliste... 9 étoiles

j'ai du lire ce livre quand j'étais en 4ème. Lorsque j'ai lu la première page, j'ai été désespérée, je me suis demandé comment j'allais faire pour comprendre ce bouquin. puis je me suis forcée à le lire ( j'étais obligée on avait un ds sur le livre) . et petit à petit j'ai été prise dans le bouquin. en 4ème ce bouquin ne m'avait plu que moyennement. je l'ai relu cet été et je l'ai trouvé génial ! ce qu j'aime c'est que Zola dépeint des scènes très "banales " il n'y a rien d'extraordinaire dans la vie de Gervaise, mais la plume de Zola la rend passionnante . j'aime aussi cette sorte de fatalité que l'on retrouve dans les Rougon-Macquart.

Un livre très intéressant qui vaut la peine d'être lu !

MaMa - - 18 ans - 27 novembre 2013


Gervaise c'est la b*ise 8 étoiles

C'est avec ce jeu de mot peu subtil que j'attaque ma critique éclair de l'assommoir. On pourrait résumer ce livre à l'adage "trop bon, trop con". C'est une longue et dure descente aux enfers que va vivre notre héroïne, à travers la misère et les affres de l'alcool d'un paris en reconstruction, en vivant le quotidien d'un quartier ouvrier, ces espoirs et désespoirs.
Nous allons voir Gervaise abandonnée, rabibochée, tomber, se relever au milieu des injustices, mais aussi de la jalousie, des faux espoirs, et de la lâcheté des hommes.
Sincèrement, ce bouquin m'a fait froid dans le dos, il m'a paru cru et parfois excessivement dur, dans la détresse mélancolique qu'il décrit. Comme j'ai pu le lire sur une autre critique (celle de L'équilibre du Monde) ce n'est pas un livre à lire "un dimanche gris de novembre pluvieux avec Arlette Chabot" car le coup de déprime est assuré!
Mais même si je ne suis pas fan du genre j'ai dévoré l'Assommoir, et je le recommande sérieusement à n'importe qui.

FrèreGallagher - - 29 ans - 18 octobre 2013


L'assommoir ... avec 2 "m", s'il vous plait... 8 étoiles

« L'Assommoir », comme « Germinal » pour d'autres, fut mon premier contact avec l'œuvre d'Emile Zola, au collège. Il faut bien reconnaître qu'à cette époque j'étais comme on dit « passé complètement à côté ». Heureusement, une tentative postérieure, les vingt ans largement passés m'ont offert une seconde chance, hors Rougon-Maquart avec Thérèse raquin. Un choc ! Et la question : si Zola, c'est ça, comment suis-je passé à côté au collège ? Je sais maintenant qu'il y a un temps pour tout et pour toute lecture… J'entrepris donc la lecture du premier tome, « La Fortune des Rougon », puis le deuxième… le troisième…
Publié en 1876, « L'Assommoir »est le septième volume de la série « Les rougon-macquart ». Essentiellement consacré au monde ouvrier, il fit scandale à sa sortie - trop cru, disait-on - mais connut un véritable succès de librairie qui ne s'est jamais démenti.
Le personnage central de l'ouvrage est Gervaise Macquart, la cousine des Mouret, et la sœur de la charcutière Lisa Quenu du « Ventre de Paris ». Elle s'installe à Paris avec son amant, Auguste Lantier, et leurs deux enfants, Claude - qu'on retrouvera dans « L'œuvre » - et Étienne, héros de « Germinal ».
Lantier a tout du parasite : fainéant, beau parleur, dépensier et infidèle. Après avoir ruiné Gervaise et dilapidé son maigre héritage, il l'abandonnera.
Elle rencontrera Coupeau, ouvrier zingueur, honnête et travailleur. de leur union, naîtra Anna Coupeau, la future « Nana »… Alléluia, se dit-on… et puis il y aura la chute du toit…

Après une incursion partielle dans le monde ouvrier avec « Le Ventre de Paris », il s'agit avec cet « Assommoir », d'une immersion totale dans ce milieu. On découvrira l'univers des lavoirs et des blanchisseuses, celui des toits de Paris et des couvreurs-zingueurs, celui de la forge, celui des fleurs… Mais aussi et surtout celui des bistrots où les ouvriers viennent se pourrir la santé à coup d'alcool frelaté.
« L'Assommoir » n'est pas mon préféré dans cette saga du Second Empire ; sans doute les réminiscences d'une lecture forcée de collégien. Il n'en reste pas moins un des maillons forts de l'œuvre d'Emile Zola.

Lecassin - Saint Médard en Jalles - 61 ans - 3 juillet 2012


Le premier grand classique des rougon Macquart 8 étoiles

L'assommoir est le premier roman très connu des Rougon Macquart et réputé comme étant un chef d'oeuvre.
Dans ce roman, on se retrouvé plongé dans les faubourgs populaires d'un Paris qui se transforme et se reconstruit. Les ouvriers travaillent dur et vivent difficilement, dans d'assez mauvaises conditions : petits logements, pas de congés payés, de prise en charge des accidents du travail. Pourtant, le travail ne manque pas, et pour qui travaille, finalement, ils arrivent à s'en sortir. Pour beaucoup aussi, le vie est si difficile qu'ils essaient d'oublier en se noyant dans l'alcool.
Gervaise est une jeune femme travailleuse, qui ne demande pas grand chose de la vie. Elle finit difficilement à ouvrir sa petite boutique et à trouver un mari travailleur. Mais c'est sans compter sur le sort qui s'acharne. Son mari, suite à un accident, a perdu le goût du travail, et s'ensuit une lente déchéance.
Ce roman est plutôt triste et on est pris de sympathie pour Gervaise, qui est loin d'être mauvaise.
Un bon tome de la série des Rougon Macquart, le meilleur, je ne sais pas, car j'ai autant, voire plus apprécié d'autres tomes précédant celui-ci.

PA57 - - 34 ans - 18 mars 2012


Si terriblement humain ! 10 étoiles

C'est sans doute, pour moi, le livre de Zola, dont je suis inconditionnelle, le plus accompli !
Cette lente descente aux enfers ne peut que nous bouleverser !
Ce courageux petit bout de femme : 22 ans, abandonnée, qui repart dans la vie, atteint son objectif de dignité, de propreté (physique et morale), puis à partir de l'accident de travail de celui qui l'a enfin reconnue, lâche les amarres !
Le livre est cruel, l' injustice de ce destin, terrible !
La façon dont Gervaise se réfugie, d'abord dans la gloutonnerie (récits hallucinants !) puis dans l'alcool (récits affreusement déprimants !) décrit comme une vaine tentative de lutte contre le destin.
Une lutte perdue d'avance : malgré son coté "mère courage" Gervaise subit le trop plein d'une société impitoyable ! Les coups, reçus tout le long de son existence, sont trop violents. Qui pourrait se permettre de juger ? On accompagne cette terrible déchéance et ces conséquences : les 3 enfants de Gervaise feront l'objet de 3 superbes livres, de 3 destinées, de 3 douleurs !
J'aime le personnage de Gervaise : une femme droite, aimante, aimable, qui ne demande à la vie qu'un toit, un peu de dignité et de tendresse !
C'était trop demander dans le milieu ouvrier d'une période où prédomine le "chacun pour soi" faute d'autre horizon: elle va sombrer dans la pire décadence !
Le destin de Gervaise et celui qu'on impose aujourd'hui à tant de "sans papier" sont-ils si différents ??????
J'ai peur moi même de répondre à cette question ..............

DE GOUGE - Nantes - 61 ans - 18 novembre 2011


L'Assommoir 9 étoiles

Émile Zola est un de mes auteurs favoris. J'adore le côté sombre de ses livres qui décrit avec justesse le monde du 19e siècle. Son histoire des Rougon-Macquard se déroule durant le Second Empire en France.

Pour ce qui est de l'Assommoir, l'histoire raconte la vie de Gervaise, une femme qui après avoir eu deux enfants avec un homme est abandonnée. Elle se marie ensuite avec l'homme parfait. Cependant, sa vie tourne au cauchemar lorsque son homme se blesse en travaillant. Celui-ci tombe alors dans tous les vices des prolétaires de l'époque, c'est à dire la boisson et la paresse. C'est alors que tous ses rêves s'écroulent et qu'elle tombe plus bas que l'enfer.

Étant passionné d'histoire, j'ai adoré ce livre. J'aime la façon réaliste dont l'auteur décrit le monde du 19e siècle. Et que dire de l'histoire touchante de Gervaise. Tout le long de l'histoire, j'ai eu pitié d'elle. Elle tombe tellement bas et n'a aucun respect des gens qui l'entourent.

pour ceux qui ont l'intention de lire le livre, j'aimerais signaler que les livres Nana, Germinal et la bête humaine sont en lien avec l'Assommoir. C'est l’histoire des enfants de Gervaise

Exarkun1979 - Montréal - 38 ans - 25 septembre 2011


Un chef d'oeuvre... 9 étoiles

Roman naturaliste par excellence, L'Assommoir est certainement le roman le plus connu de Zola. Je ne vois donc plus l'intérêt d'en faire un pâle résumé qui ne pourra jamais refléter toute la qualité de l'oeuvre.
La précision époustouflante, le style presque parfait ( la perfection n'existe pas!) à un tel point que l'on pourrait analyser la place d'une virgule, le destin remarquable par sa simplicité de l'héroïne Gervaise sont autant d'ingrédients pour montrer le caractère unique d'une oeuvre comme on n'en trouve plus même si l'inclusion de la science dans la littérature et tous les risques qu'elle comprend paraissent aujourd'hui désuets...
A lire de toute urgence

Corentin - - 22 ans - 14 mars 2011


La condition ouvrière au XIX ième 9 étoiles

Gervaise se décide enfin à quitter Lantier ( indécrottable fainéant aux ambitions délirantes ) pour tomber dans les pattes de Coupeau qui ne lui offrira guère une vie plus reluisante ( le destin se chargera d'une lente descente aux enfers )
Zola décrit avec réalisme la dureté de la vie ouvrière à PARIS , la misère humaine ( physique mais surtout intellectuelle ) qui semble sans issue.
De l'union de Gervaise et Coupeau nait Nana qui fera l'objet d'un roman à venir tout aussi poignant .
Une oeuvre indispensable .

Frunny - PARIS - 52 ans - 17 juillet 2010


De l'importance d'être bien né 8 étoiles

Si décrire le Paris populaire du second empire consiste à en faire une description juste, réaliste et dénuée des oripeaux du langage bourgeois, qui soit dit en passant n'a rien à faire dans ce Paris là, alors OUI Zola est le pornographe tant décrié au moment de la sortie de "L'assommoir".

A mon sens, la singularité de ce roman réside dans l'aspect inéluctable du destin de ces gens, et donc de Gervaise inévitablement.
Là où le romantisme s'arroge d'une certaine forme de crédibilité en se donnant des grands airs, du lyrisme et par là-même des héros qui s'arrachent à leur sort, ici point !! Dès l'entame, Gervaise est écrasée (et nous avec) par le poids de sa vie, de sa condition, bref de sa non existence.
Quand bien même se présente une fois l'occasion de s'en extirper un peu, elle refuse l'amour de Goujet, et le refusera même au seuil du trépas, comme convaincue que sa place est dans la fange avec la misère comme seconde peau.

Que serait-il advenu si ce diable de Coupeau avait passé l'arme à gauche en chutant du toit ? On serait tenté de répondre que rien n'y aurait fait, que la mauvaise fortune n'aurait pas pour autant passé son chemin.
Zola a su voir Gervaise, Lantier, Coupeau et les autres tels qu'ils sont, dans tout leur aspect sociétal et sans faire de bons sentiments.
Alors oui, on comprend que cela ait pu choquer; on comprend aussi que cette hyper-réalité pu être assimilée à une oeuvre pornographique mais là était bien le but.
Zola a montré de façon crue et réaliste une vérité ordinaire que d'autres ne voulaient pas voir. Grand bien lui fasse !!

Oxymore - Nantes - 45 ans - 8 septembre 2009


Des "bas-fonds" poignants et attachants 9 étoiles

Ce roman aurait tous les ingrédients pour être misérabiliste, et s'avère, au contraire, bourré de rebondissements, d'anecdotes croustillantes, soutenus par un style d'une verve rare. C'est un très grand livre.

Veneziano - Paris - 40 ans - 20 décembre 2008


Pas pour les lycéens... 3 étoiles

J'ai été obligée de lire ce livre pour le lycée, avec des délais de lecture plutôt faibles et des devoirs imposés aux sujets qui me passaient alors bien au-dessus de la tête...

Je ne comprends pas pourquoi on fait lire des livres aussi longs à des adolescents (plus de la moitié de ma classe ne l'a, du coup, tout simplement pas lu).

Si des années plus tard, j'ai bien envie de me plonger dans la série des Rougon-Macquart, ce n'est certainement pas grâce à ces livres imposés... Il m'aura fallu près de 10 ans pour ne pas mourir d'ennui en repensant aux heures de cours sur la scène de l'alambic...

Le café de... - Perpignan - Bordeaux - 33 ans - 19 août 2008


Zola 10 étoiles

quand on commence à lire Zola ,on a envie de voir plus loin ,j'ai lu tout les Zola! Je voulais tout savoir de cette vie d'autrefois ,la pauvreté la misère les conditions de vie des ouvriers ,des femmes et des enfants à cette époque.Et dire que dans certain pays c'est encore comme ça! J'aimerais que les jeunes réalisent les efforts qu'on du connaître nos ancêtres pour avoir reussi à avoir les congés payés la protections en cas de maladie ,d'accident de travail et de la sécurité social . Quelle évolution ,mes grands parents n'en reviendraient pas!

Medusa - - 55 ans - 19 août 2007


Assommant ??? 9 étoiles

Lorsque j'étais au lycée, une copine m'a dit que ce livre était "assommant". Je venais de l'acheter et du coup je n'ai pas pu me résoudre à le commencer. Il dormait dans mes étagères. Puis, en faisant un tour dans le rayon des livres en francais à la bibliothèque de Potsdam (où ils n'ont presque que des classiques), je suis tombée dessus, et je me suis dit: Pourquoi ne pas voir par moi-même. Résultat: j'ai adoré. J'ai mis à peine deux jours pour le lire, je n'ai pas pu décrocher. J'ai beaucoup de peine pour Gervaise, pauvre petite oie blanche, incapable de se révolter et dont tous profitent.

Dalania - Dijon - 31 ans - 6 décembre 2006


Un assommoir assommant! 10 étoiles

Ce livre est une pure merveille dans le monde littéraire. Un bouquin, qui culmine les hauteurs des rougon macquart, pourtant tous excellents, par des déscriptions d'une rigueur scientifique incomparable et tellement bien placées. En réalité, l'harmonie régnante dans ce bouquin entre les descriptions et les sentiments nous permet d'apprecier au mieux celle entre notre raison et nos passions. L'un remettant toujours l'autre en cause.
Un chef-d'oeuvre que j'ai lu sans la moindre contrainte scolaire en tres peu de temps.Je me dirige logiquement maintenant vers nana et vais de ce pas lire les critiques.

GerMi - - 29 ans - 19 mai 2006


Pour découvrir (et aimer Zola) 10 étoiles

J'ai lu l'assommoir à l'âge de 14 ans, en 3ème, en livre imposé en cours de français. La moitié de ma classe l'a détesté, l'autre moitié l'a adoré.
J'ai fait partie des 2ème : j'ai dévoré le roman en quelques jours.
Gervaise, le personnage principal, est si attachante : elle travaille, elle est honnête, gentille et le destin s'acharne contre elle : son mari alcoolique, sa fille (Nana) qui tourne mal, la boutique en faillite, et la déchéance, si magnifiquement décrite par Zola, si criante de vérité.
Par la suite, j'ai lu toute la série des Rougon-Macquart mais l'assommoir reste mon préféré.

Margarita29 - - 48 ans - 7 avril 2006


le chef-d'oeuvre de Zola 10 étoiles

Cet ouvrage est remarquablement bien construit et l'écriture y est percutante et riche. C'est effectivement un livre de Zola, mais il s'agit là certainement d'un des meilleurs (si ce n'est le meilleur) des Rougon-Macquart.
On reste accroché par la vie, les joies, et puis surtout les drames de ces petites gens de la banlieue parisienne à la deuxime moitié du XIXème. Ce livre réconforte dans un premier temps, puis effraie dans un second, les sentiments positifs du lecteur pour ses personnages sont en forme de courbe de Gauss.

Donc ce livre est un incontournable pour qui veut s'initier aux Rougon-Macquart...et les autres aussi d'ailleurs.

Fred236 - Nantes - 31 ans - 13 janvier 2006


Misérabilisme urbain... 10 étoiles

Je poursuis ma lecture de la saga des Rougon-Macquart de Zola et je lis les titres dans l'ordre chronologique de publication. Le septième tome publié fut l'Assommoir, d'abord en feuilleton en 1876, et enfin en volume, fin janvier 1877.
Presque cent vingt ans plus tard, je termine la lecture de ce chef-d'œuvre, en larmes…!
J'ai glorifié le génie de ce grand écrivain qu'est Zola à la fin de chacun des tomes précédents, mais je sais que cette fois, en plus, je n'oublierai jamais les personnages de cette histoire pathétique, mais oh combien bouleversante et poignante de réalisme.
Comme le dit si justement Jules à la fin de son brillant commentaire, Zola échappe au temps et aux modes.
Je suis également très émue par la lecture de commentaires fort élogieux apportés par de très jeunes gens…, dix-sept, dix-neuf et vingt ans, sur ce livre!

FranBlan - Montréal, Québec - 75 ans - 9 août 2005


le meilleur de Zola! 10 étoiles

La série des Rougon-macquart est déjà magnifique, mais selon moi le meilleur reste l'assommoir...
Quel chef-d'oeuvre!
l'histoire est déchirante, tragique, et en même temps si réaliste...

Azerty61 - normandie - 30 ans - 3 août 2005


poignant 10 étoiles

L'écriture de l'auteur représente une vision pessimiste de l'existence, et retranscrit de la plus belle manière la réalité du monde ouvrier. On a l'impression de vivre cette histoire, de ressentir les personnages avec leurs mots doux, leurs disputes,…
Gervaise est une femme brave, sympathique et généreuse mais tenaillée par un mari alcoolique, des fréquentations étouffantes, et surtout une pauvreté qui la transformera et la ravagera peu à peu….
Celle-ci, malgré tous ses efforts et sa bonté, court finalement à sa perte pour mourir dans le dégoût le plus profond. En travaillant dans un vaste logis, Gervaise fit la connaissance de la réussite, mais ne s'est pas aperçue que celle-ci était bancale et boitillante… Car finalement, l'alcool, la source de son désespoir, l'emmènera peu à peu jusqu'à solder son corps, et se calfeutrer dans une niche qui l'aidera à attendre sa mort, devant une attitude amorphe de son voisinage.
Un grand auteur, un grand livre qui montre une vie parmi tant d'autres chez les plus petits, les plus faibles.

Elmejeco - - 29 ans - 9 juillet 2005


2 M 10 étoiles

Bon, moi, ça m'énerve depuis un moment déjà, cet assomoir avec un seul M. Je sais que c'est la faute d'Amazon, mais comment expliquer que des lecteurs qui ont assez bien lu ce texte pour pouvoir en faire une critique n'aient pas remarqué qu'il y avait quelque chose qui clochait?
C'est rien, un détail, une broutille, mais ça m'énerve.
N'y a-t-il pas moyen de corriger?
Ceci dit, chef d'oeuvre, of course, mais quelle tristesse! On pleure, c'est obligé.

Sibylline - Normandie - 67 ans - 7 avril 2005


L'ouverture... 10 étoiles

Au début, juste un autre bouquin du programme, un gros! Il m'a fallu m'y prendre à deux fois d'ailleurs: la première lecture n'a servi à rien, les mots dansaient devant mes yeux. Je me suis arrêté à la moitié.
Et j'ai recommencé depuis le début, au calme... Toute la série des Rougon-Macquart a suivi, avec une nouvelle lecture de l'Assommoir en prime. Et toujours le choc!
Voila un ouvrage qui pue le réel, qui sent la mort et le désespoir, qui reflète le temps et qui reste d'actualité. Impossible de ne pas vouloir y rentrer, impossible de ne pas rêver de devenir un personnage du livre et sauver ceux qui peuvent l'être: empêcher Coupeau de tomber de l'échafaudage et dans l'alcool, attendre Lantier au coin d'une rue, casser l'alambic donneur de mort.
Car, au-delà de l'histoire des personnages, il y a le projet de Zola de dresser un portrait d'une famille par et pour son milieu social, ses forces et ses faiblesses.
Industrieuse, travailleuse, la population française l'est mais également prête à se jeter tête baisser dans la boisson et la paresse. Coupeau n'y échappe pas, ni Lantier, ni Gervaise au final.
L'alcool est le véritable héros du roman. Zola stigmatise une réalité que le Second Empire préfère ne pas voir, tout empressé qu'il est de faire de Paris LA ville lumière de l'Europe. La politique ne s'embarrasse pas du sort des petites gens.
L' Assommoir est un livre dur, fort, intense, qui reste MA porte d'entrée vers la littérature.

Numanuma - Tours - 44 ans - 7 avril 2005


facile et difficle 10 étoiles

J'ai lu ce livre parce que j'étudiais "l'argent" de Zola. J'ai choisi l'assommoir parce qu'on m'avait dit qu'il était vraiment assommant!!! Je voulais m'en rendre compte par moi même et j'ai adoré. J'ai été surprise parce qu'on dit souvent que Zola est rébarbatif. Mais il faut comprendre, et l'assommoir en est un exemple, que Zola utilise ces longues descriptions pour nous informer sur les personnages et quand j'ai compris ça, j'ai admiré Zola, chaque mot est un jeu de piste, pourquoi ce mot, à cette place.

L'assommoir est un livre attachant. J'ai beaucoup aimé le personnage de Gervaise, il est vrai que la fatalité pèse sur elle. Sachant cela, le lecteur est témoin impuissant de sa lente chute et plus elle s'enfonce, plus on ressent les choses, plus on les partage. Zola nous fait partager son sort en écrivant les choses comme si elles coulaient de source, suivi le cours de la vie et nous empêchant de nous ennuyer. Tout est plus vrai que nature

L'assommoir, faisant partie de la "nouvelle comédie humaine", est également attachant parce que l'on rentre dans une sorte de relation privilégiée avec les personnages étant donné qu'ils reviennent au fur et à mesure des livres de Zola.

Le but de Zola est de montrer la misère humaine, il y parvient avec brio et réalisme. La description tient là aussi une place importante.



Le schéma narratif évoque quelque peu les tragédies. Tout va trop bien pour Gervaise et Coupeau, ils sont obligés d'en subir le revers de la médaille! Mais c'est le déterminisme des personnages. Selon notre milieu social, selon les objets que l'on possède, selon ce que l'on est, nous devons aller vers notre destin. Gervaise ne lutte pas vraiment pour se sortir de la misère dans laquelle elle se voit tomber.



Le seul point que je ne comprends pas trop dans ce livre, c'est qu'il ne se veut pas romanesque et pourtant l'histoire de Lanthier restant chez Gervaise puis chez virginie et en passe de continuer ses manigances avec une autre jeune fille sans que les maris ne disent rien me semble trop invraisemblable dans cette oeuvre.


Ce bouquin est plein d'enjeux que je n'aurais pas remarqués si je n'avais pas eu un professeur me les expliquant.
Par exemple, le fait que Zola peint sa société changeante qui s'industrialise, qui s'urbanise, qui se fait plus dure, plus corrompue... et donc les vices qui vont avec parce que les gens ne la supportent pas, plus d'alcoolisme, de femmes battues. Et peut-être aussi mais ce n'est pas un vice, l'émancipation des femmes. C'est Gervaise et Virginie qui s'établissent, c'est Nana qui se prend en charge seule...


L'assommoir fait donc partie d'un tout. En lisant ce livre comme il l'a été dit plaisant et facile, il faut voir les enjeux et il faut le voir dans la saga des rougon macquart... Ce livre est donc à la fois facile et difficile.


Il faut également faire le lien avec Balzac qui avait les mêmes ambitions que Zola, à ceci près qu'il décrivait tous les types de gens, et qui était le modèle de Zola.
Ce livre est à la fois historique, réaliste, romanesque, analytique,naturaliste. C'est une vraie perle et il y aurait tant de d'autres choses à dire et auxquelles je ne pense pas!!!

Litter@ire - - 31 ans - 24 mars 2005


ce livre m'a rendu accro... 10 étoiles

J'avais emprunté ce livre a la bibliothèque du lycee... histoire de lire un classique et d'augmenter ma culture littéraire... Pourquoi "L'assommoir"? La couverture était jolie et le format me convenait... Il n'avait pas l'air trop lourd!
Si léger que je l'ai trimballé absolument partout (RER, cours de récré, queue à La Poste et même à la boulangerie...)! Je n'ai pas pu le lâcher avant d'en avoir lu la dernière ligne!

Je suis entièrement d'accord avec Elahub : ce livre est très facile à lire, il vous envoûte : on voit le vieux Paris de La Goutte d'Or, on le sent, on le vit... L'histoire est triste, mais remarquable: Gervaise se bat contre son destin. Cela m'a beaucoup fait réfléchir... pas au point de me prendre pour une princesse; mais pour moi, ça a été une de mes révélations : la littérature avait le POUVOIR de nous faire réfléchir à des "tonnes de trucs"... et moi, pauvre lycéenne, je pressentais que j'étais dans la bonne voie et que j'allais découvrir quelque chose de formidable!

Artemis - - 32 ans - 30 novembre 2004


ca fait réfléchir 8 étoiles

.... ceux qui se plaignent toujours et partout de leur sort .... lisez ce petit bouquin et vous verrez que vous êtes des rois:)

Le livre est très bien écrit, facile à lire et je confirme tout ce que Jules a dit là-dessus. On apprend même beaucoup de choses comme faire des chaînes en or ...
Et il y a des grandes, vastes pensées comme quand M.Goujet, amoureux de Gervaise nous donne ses réflexions sur la machine qui fait son travail plus vite et plus exactement que lui et qu'il nous dit qu'un jour cette machine va nous remplacer!

Un grand petit livre, absolument à conseiller, mais qui rend très triste aussi ....

Elahub - Göttingen - 55 ans - 30 mars 2004