Check-Point de Jean-Christophe Rufin

Check-Point de Jean-Christophe Rufin

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Littérature => Voyages et aventures

Critiqué par Ben75011, le 9 juin 2015 (Paris 11e, Inscrit le 19 février 2014, 32 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 15 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (1 646ème position).
Visites : 4 762 

Voyage aux tréfonds de l'aide humanitaire

Une équipe de bénévoles humanitaires partent pour une ONG lyonnaise, la Tête d'Or, délivrer ce qu'ils pensent être des vivres de première nécessité pour des réfugiés en Bosnie.
Ils ne se connaissaient pas avant de partir, et se relaient maintenant tour à tour à bord de deux camions rafistolés sur les routes de l'Europe Centrale. Mais rien ne va pas se passer comme prévu.

Ce livre est très bon à plus d'un titre, tant la narration que les personnages, très fouillés, on voyage dès les premières pages.
Il y a du suspense et on est tenu en haleine tout au long des 400 pages qui se lisent très vite.

C'est aussi une critique du système d'aide humanitaire actuel, qui a besoin de se renouveler, aux yeux de l'auteur.

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En route vers Kakanj

7 étoiles

Critique de Pierraf (Lyon, Inscrit le 14 août 2012, 63 ans) - 15 novembre 2020

Ce livre est un long périple à l'intérieur de la Bosnie dans les années 1995. JC Rufin y décrit les paysages, la rigueur de ce début d'hiver et l'atmosphère tendue qui règne dans le pays. Comme toujours un excellent travail journalistique.
Le thème du livre est articulé autour d'une réflexion sur le sens de l'action humanitaire dans des zones en guerre; peut-elle être totalement neutre ? et le besoin des populations locales n'est-il que nourriture et vêtements ?
Ce n'est pas le meilleur livre de Rufin, ça traine quand même un peu en longueur. Et je n'ai pas vraiment accroché à la réflexion, qui se mêle à une histoire d'amour qui m'a paru très mièvre.

Les ambiguïtés de « l’humanitaire »

8 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 64 ans) - 22 août 2020

Jean-Christophe Rufin a milité un moment de sa vie comme médecin dans le domaine de « l’humanitaire ». Il nous fait part de ses doutes au travers de ce Check-point, qui relate une expédition de deux camions depuis Lyon vers la Bosnie-Herzégovine, au moment où l’ex-Yougoslavie se déchire et où les nationalismes serbes, croates s’affrontent entre eux et avec un troisième « partenaire » : les Bosniaques musulmans. Un imbroglio sanglant et sans solution au milieu duquel vont naviguer les deux camions et leurs équipages.
Il expose sa crainte que les actions humanitaires de ce type ne soient pas d’une pureté irréprochable mais qu’il y ait bien un « business » de l’humanitaire, qui justifie l’activité des organisations humanitaires, qui peuvent avoir besoin de ce fait de champs de manœuvres pour exister.
Mais Check-point n’est pas un livre à thèse, ou dogmatique, c’est bien un roman, et des plus passionnants encore !
Cinq Français mandatés par l’association « La Tête d’or » quittent Lyon avec deux camions de 15 tonnes avec vivres, médicaments et vêtements pour Kakanj, en Bosnie intérieure, zone musulmane enclavée dans une zone de bosniaques croates, eux-mêmes encerclés par des serbes. Personne ne pouvant supporter les autres même si, en théorie à l’époque il y avait alliance entre croates bosniaques et musulmans.
Deux ex-soldats français ayant exercé comme casques bleus dans le secteur de Kakanj se sont portés volontaires pour conduire un des camions. Lionel, le chef de mission, conduit l’autre, en compagnie de Vauthier, un élément mal défini et Maud, jeune femme idéaliste.
Equipages hétéroclites qui vont bientôt être confrontés à la vraie vie des vraies guerres civiles. Les motivations différentes des uns et des autres vont mener cette mission à son éclatement dans un terrible mouvement centrifuge. L’occasion pour Jean-Christophe de nous faire part de ses doutes sur certains aspects de ces missions humanitaires.
Très prenant, mais surtout plein de réflexion sur le sens de ces missions. Un vrai roman à l’anglo-saxonne.
Dans la postface :

»Les cinq personnages qui sont enfermés dans les cabines de deux camions vivent en direct, et sous la forme d’un drame personnel, l’ébranlement de leurs certitudes et le changement de leur univers. Engagés dans une action humanitaire « classique » (apporter des vivres et des médicaments à des populations victimes de la guerre), ils vont passer de vrais check-points mais aussi se confronter à une frontière mentale plus essentielle. De quoi les « victimes » ont-elles besoin ? De survivre ou de vaincre ? Que faut-il secourir en elles : la part animale qui demande la nourriture et le gîte, ou la part proprement humaine qui réclame les moyens de se battre, fût-ce au risque du sacrifice ? »

promenons-nous en Bosnie

10 étoiles

Critique de Jfp (La Selle en Hermoy (Loiret), Inscrit le 21 juin 2009, 72 ans) - 16 février 2019

Une plongée au cœur des dérives de l’aide humanitaire, dès lors que les motivations personnelles des hommes et des femmes en "mission" l’emportent sur la louable nécessité de venir en aide à des populations victimes de la famine ou de la guerre. Une réflexion aussi sur la notion de guerre "juste", lorsque la conscience en dicte la nécessité, sous la forme d’un thriller mettant en scène quatre hommes et une femme partis fournir vivres et médicaments à un village perdu au fin fond de la Bosnie, en pleine guerre d’indépendance. Au cours de ce périple, qui va rapidement s’avérer un véritable enfer tant les tensions entre les personnages vont s’exacerber, de multiples événements sont surgir, mettant en péril une mission qui va s’avérer un véritable fiasco. Le pessimisme de l’auteur est justifié par une postface où il raconte les circonstances dans lesquelles ce roman a été écrit. Une curiosité est à souligner : alors que les Serbes, orthodoxes dans leur immense majorité, et les Croates, catholiques dans leur immense majorité, sont désignés non par leur religion mais par leur nationalité, les Bosniaques, en lutte pour leur indépendance, sont taxés de "musulmans", sans référence à la nation qui est en train de se construire, la Bosnie-Herzégovine.

Motivés pour une ONG

9 étoiles

Critique de Ddh (Mouscron, Inscrit le 16 octobre 2005, 79 ans) - 23 août 2018

Check-point, un point de contrôle en Bosnie. Et il y en a pas mal car la Bosnie est déchirée depuis la chute du Titisme dans l'ex-Yougoslavie: Serbes, Croates, musulmans sont en lutte.
Ils sont cinq, tous membres d'une mission humanitaire en Bosnie. Le but ? Faire parvenir à Kakanj leurs deux camions 15 tonnes remplis de médicaments et de denrées. Maud est la seule femme, jeune, sur ses gardes, ne se laisse pas impressionner par les hommes. Deux ex-militaires : Marc et Alex, mais de genre différent ; l'un, Alex, a un intérêt certain pour la destination de Kakanj : il connaît l'endroit et y a une mission bien particulière tandis que l'autre, Marc, suit aussi un but, mais différent. Vauthier est énigmatique, c'est le mécanicien mais il ne conduit pas. Lionel, le chef de l'expédition, essaie de mener le tout mais, rien n'est simple.
Le personnage principal est Maud, mais ses sentiments évoluent au fil des pages et de ses rencontres avec chacun des autres antagonistes.
Le caractère de chacun des personnages est bien typé : de la haine à l'amour, de la cruauté à la générosité. Cela doit être cela l'aide humanitaire : il y a de tout, pas nécessairement selon le style Dr Schweitzer ou Raoul Follereau !

Le réalisme rude de l'humanitaire

8 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 42 ans) - 14 août 2018

Cinq agents humanitaires, quatre hommes durs dont deux ex-militaires et une jeune femme naïve, s'embarquent dans deux poids lourds pour livrer vivre et médicaments en Bosnie, au beau milieu de la guerre civile des années 1990. Le moindre déplacement devient un obstacle, le moindre éloignement de l'un une source d'angoisse pour les autres, ce à quoi s'ajoutent les complications relationnelles entre les cinq compères, avec une seule femme et l'un d'eux faisant office de rude loup solitaire jouant les cavaliers seuls.
Le ton reste clinique, avec une dose minimale de sentiments, malgré la volonté de les évacuer chez les intéressés, la narration réaliste, souvent froide, la chaleur humaine se répandant avec parcimonie dans cet univers hostile à tous les sens du terme. Le contexte de l'action humanitaire a dû effectivement changer, notamment pour des raisons logistiques et technologiques, mais la description de ce médecin spécialisé a le mérite de fournir un témoignage sûr. Cette lecture reste évidemment forte en émotions, l'intrigue est bien menée, malgré les difficultés traversées qui affectent fatalement à un moment le rythme d'avancée. C'est utile et intéressant, bien que cela reste âpre.

Une vision intéressante des ONG

7 étoiles

Critique de Faby de Caparica (, Inscrite le 30 décembre 2017, 59 ans) - 17 juin 2018

Bonjour les lecteurs ...
Jean-Christophe Rufin connait bien le sujet des organisations humanitaires, dont il fut un pionnier en France, il nous livre ici une réflexion assez intéressante sur le rôle de ces dites organisations.
Deux quinze tonnes, remplis de vivres et médicaments, partent d'une ONG de Lyon direction la Bosnie en guerre.
A bord, Maud, 21 ans déterminée à trouver un sens à sa vie mais un peu naïve.
Elle est accompagnée par deux ex militaires ainsi que deux autres garçons bénévoles comme elle.
Très vite, les personnalités et les motivations de chacun se révèlent au grand jour.
Il va leur falloir apprendre se connaitre et à se remettre en question à bord de ce " huis-clos roulant ".
La semaine passée ensemble va leur révéler une autre vision de l'humanitaire .
J.C Rufin nous dépeint ici un tableau assez sombre des ONG.
De ses dessous pas toujours agréables à dévoiler.
Quels sont les motivations de leurs membres qui partent risquer leur vie dans les pays en guerre ?
Peut-on rester neutre face à l'horreur des combats ?
Quel est le sens d'un transport de médicaments, nourriture et vêtement ( qui a de grands risque de ne jamais arriver à bon port) quand on se retrouve démuni devant des charnier?
L'humanitaire doit-il s'associer au militaire ?
J.C Rufin a puisé dans sa propre expérience pour développer toutes ces questions sur fond de thriller.
Comme tous les romans de Rufin , celui-ci n'échappe pas à la règle et se lit avec passion.
L'écriture est fluide, académique… et sous un abord facile, chaque chapitre nous oblige à nous poser des questions auxquelles il n'est pas aisé de trouver des réponses .
Ne zappez pas la postface où l'auteur nous livre ses propres réflexions sur le choix du titre de ce livre, l'utilité de la guerre.

check-pass

4 étoiles

Critique de Seb (, Inscrit le 24 août 2010, 43 ans) - 11 avril 2018

J'avais bien aimé Globalia et c'est avec enthousiasme que j'ai ouvert ce roman. Aussi bien qu'on retrouve les qualités d'écriture de Mr Rufin, j'ai été déçu par le livre dans l'ensemble. Le script de l'histoire est tirée par les cheveux et la présence des personnages aléatoires, (un indic, des ex militaires aux ambitions ambiguës, un séducteur éconduit et une jeunette fleur bleue). Surtout, j'ai trouvé des longueurs, marquées en début de roman Fort heureusement les dernières pages sont plus punchy mais que ce fut difficile d'avancer.
Bof, bof donc. A lire si l'auteur ou l'humanitaire vous intéresse sinon passez votre chemin.

Check-point,…ça passe sans trop de difficultés

7 étoiles

Critique de Pacmann (Tamise, Inscrit le 2 février 2012, 55 ans) - 26 avril 2016

Sur le fond, on a une bonne histoire, parfois pas très crédible, mais pour cela faisons tout de même confiance à l’auteur qui est considéré comme un expert de ce qu’on trouve ou a pu trouver dans les missions humanitaires. S’il avait voulu trouver un titre francophone à son livre, l’auteur aurait aussi pu intituler son roman « Les pieds nickelés font dans l’humanitaire ».

J’ose tout de même classer ce roman dans la série B de ce que l’auteur a produit, un peu comme KATIBA, et donc pas au niveau des œuvres plus profondes ou plus travaillées comme le magnifique et récent «Collier rouge».

Il n’empêche que malgré quelques clichés, on ne s’ennuie pas grâce à un scénario tout de même original et un style très correct, entraînant et fluide. On peut aussi se poser la question si l’auteur n’a pas écrit ce roman pour toucher les droits d’un futur road movie mêlant romance et aventure, certes dans un contexte historique plus très au cœur de l’actualité.

Sans être aussi négatif que Monocle qui voit dans ce roman un bouquin un peu bâclé, je confirme tout de même avoir repéré plusieurs fautes d’orthographe, comme si on n’avait pas relu cette prose avant de la publier dans une certaine précipitation.

L'auteur met aussi au second plan son message sur les missions humanitaires en se concentrant sur l'aventure elle-même. A l'instar de son "Immortelle randonnée", comme il y a mille et une raisons de faire un pèlerinage, il y a également autant de motifs pour accomplir une mission d'aide.

La postface ressemble aussi à des excuses de l’auteur qui paraît vouloir rattraper la sauce par une forme de justification ; pas très adroit à mon sens.

Les dessous de l'humanitaire

7 étoiles

Critique de Bluewitch (Charleroi, Inscrite le 20 février 2001, 41 ans) - 23 mars 2016

Deux camions, cinq personnes, un convoi de vivres et de vêtements d'une ONG française part vers la Bosnie pendant la guerre de Yougoslavie. Une mission comme il y en a eu beaucoup, menée par des volontaires aux personnalités variées. La vision que nous en donne ici Jean-Christophe Rufin est bien plus intérieure que la cabine des véhicules usés transportant l'aide aux démunis. Il oriente ici le regard dans la direction des motivations, des blessures, des illusions et des errances tant des "humanitaires" que des acteurs de la guerre, tant des soldats que des victimes.

Dans les camions, cinq personnes se connaissant sans se connaître, tentant de déterminer leur rôle dans l'équipée au fil des kilomètres poussiéreux et de plus en plus isolés. Une femme, quatre hommes. Deux anciens militaires de l'ONU, Marc et Alex. Le chef de mission, Lionel. Le mécano, Vauthier. Et puis Maud, qui a du mal à gérer sa féminité. Entre eux, des non-dits. Une tension croissante à mesure qu'ils croisent les check points. Des suspicions. Jusqu'à ce que se révèle le secret et se modifient les réelles intentions de ce convoi.

Qu'est-ce qui pousse une personne à s'engager dans l'humanitaire ? Quel est son chemin ? Son identité ? Son dessein profond ? Que cherche-t-elle ? C'est l'envers du décor que propose ce roman, se greffant sur une trame aux allures d'intrigue à suspense, d'attirances instinctives, de quête de sens. Les motivations profondes se montrent au jour, le plus souvent dans la douleur ou la violence.

Et la guerre, dans tout ça ? Qu'est-ce qu'elle signifie ? Comment s'y situer ? Quelles sont les contingences économiques, sociales, culturelles du conflit? Evidemment, ce n'est pas ce roman qui va l'expliquer... mais il déblaie de tout idéal romantique la réalité d'une mission d'ONG. Au point d'en questionner le sens, de remettre en perspective sa rencontre des réels besoins des "victimes". Tout en brassant les thèmes ô combien éternels de jalousie, de frustration, de haine et de vengeance.

Rufin place son histoire plus de vingt ans en arrière, l'humanitaire ayant sans doute, grâce aux moyens technologiques, changé de visage aujourd'hui, ne permettant plus de mettre en scène aussi facilement ces questions fondamentales. Mais quelle trame plus appropriée à ce récit qu'une guerre fratricide où le voisin ou l'ami de tant d'années devient l'ennemi du jour au lendemain?

Pas de manichéisme dans ce roman-là.

Le salaire de la peur ?

5 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 60 ans) - 9 janvier 2016

je n'ai pas été séduit par ces deux camions crachotant sur les routes défoncée de la poudrière de l'ex Yougoslavie.
Il m'a semblé que la plume de Rufin tremblotait : de nombreuses répétitions, un style simplet et une histoire un peu lourde. L'auteur était-il pressé de rendre sa copie à son éditeur ? Etait-ce bien digne de celui qui écrivit le somptueux Rouge Brésil ou déchirant collier rouge ?

Vous vous en doutez, je sors très déçu et même un peu fâché de ces pages.

Humanitaire ou pas…

6 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 62 ans) - 4 décembre 2015

M. Rufin nous emmène dans un domaine qu'il connaît très bien, les missions humanitaires.
Deux camions quittent Lyon, direction l'ex-Yougoslavie, en pleine guerre civile.
Quatre hommes et une femme qui partent pour des raisons radicalement différentes, qui se révéleront au fil des péripéties de ce risqué voyage.
Seul Lionel, le chef de l'expédition, semble aguerri à ce genre de transport.
Quant à Alex et Marc, deux anciens militaires, le mystère règne sur leur présence.
Ajoute à la tension, la présence de Vauthier, qui ne cache pas sa haine des militaires, entretenant une ambiance malsaine et tendue au sein du groupe.
Mais dans ce groupe , il y a Maud. Maud qui voyage pour la première fois ; Maud qui découvre la guerre, l'absurdité, l'horreur, la mesquinerie, l'absurdité.

Si j'apprécie toujours autant l'écriture de l'auteur, j'avoue ne pas m'être passionnée pour ces histoires d'amour et de haine sur une trame très documentée. Est-ce le décalage entre les petites histoires presque banales au milieu de massacres qui m'a dérangé ?
Je n'ai pas ressenti la "puissance" de ce "thriller psychologique", restant au bord de cette route.

Quelle aide apporter ?

9 étoiles

Critique de Pascale Ew. (, Inscrite le 8 septembre 2006, 53 ans) - 14 novembre 2015

Une équipe de 5 humanitaires part en convoi de deux camions vers la guerre des Balkans pour apporter des vivres et des vêtements aux civils. Dès le départ, la tension et l'hostilité sont présentes entre les personnages, sans qu'ils mettent eux-mêmes des mots sur leur malaise. Une femme, Maud, cristallise des jalousies; deux anciens militaires, Marc et Alex, attirent la suspicion, ainsi que Vauthier qu'ils soupçonnent d'être un espion à la solde de la police. Lionel, le chef de l'équipe n'est pas à la hauteur de sa fonction. Bref, tout le monde s'épie et entretient des a priori sur les autres.
Au fil du voyage, les langues se délient, ils apprennent à se connaître et du coup, soit à s'apprécier soit à se détester encore davantage lorsque les véritables motivations de chacun sont dévoilées.
Jean-Christophe Rufin dépeint un portrait peu glorieux des humanitaires, animés chacun par des motifs souvent peu glorieux et finalement peu altruistes. Il décrit une organisation peu professionnelle, mal préparée, qui recrute à la va-vite. Et finalement, la frontière entre les belligérants et les humanitaires se révèlent très ténue.
A la fin du livre, l'auteur explique ses motivations et la genèse de son livre en disant que cette guerre de Bosnie n'avait jamais été aussi proche de nous, qu'il voulait illustrer ces contradictions et ces dilemmes entre notre part animale et notre part humaine et interroger sur les besoins réels des victimes des guerres. Je trouve le pari très réussi. Et ça ne donne pas envie de verser des dons…

Merci Monsieur Rufin !

9 étoiles

Critique de Tanneguy (Paris, Inscrit le 21 septembre 2006, 81 ans) - 2 octobre 2015

Un style fluide, une histoire passionnante et sans doute vraie, des personnages bien typés et attachants, des dialogues vifs. On s'y croirait et on apprend bien des choses et on peut faire confiance à JC Rufin, il a vécu tout cela !

Ces cinq personnages qui vont connaître des évènements dramatiques au cours des quelques semaines que dure leur "épopée" synthétisent bien des problèmes que connaissent les fameuses ONG dont les médias aiment se faire l'écho. L'auteur laisse entendre que certaines d'entre elles s'intéressent à leurs bénéficiaires d'abord pour mériter les subventions de l'ONU. Il ne faut pas généraliser, mais garder les yeux ouverts.

Les paysages sont extraordinaires et font rêver ; les hommes vivent un cauchemar. Le roman est remarquable.

Equipée humanitaire

9 étoiles

Critique de Oural02 (, Inscrit le 30 septembre 2010, 73 ans) - 24 juin 2015

Dans une région géographique politiquement instable, nous découvrons le rôle d’équipes humanitaires apportant de l’aide (vêtements, nourriture) aux populations malmenées et réfugiées au moyen de camions un peu "fatigués". Dans ces circonstances et sans trahir les rebondissements, les protagonistes dévoilent peu à peu, leurs antécédents, leurs motivations et progressivement leurs caractères, ce qui ne manque pas de créer des tensions internes. Jean Christophe Rufin, par la connaissance de ces opérations nous entraîne dans un monde particulier où les combines rivalisent avec les stratagèmes et viennent compliquer l’action humanitaire et nous interpelle donc sur le déroulement et l’opportunité de telles missions, un roman qu’on ne quitte pas facilement.

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