Quand on rêvait de Clemens Meyer

Quand on rêvait de Clemens Meyer
(Als wir Träumten)

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par Pucksimberg, le 8 mai 2015 (Toulon, Inscrit le 14 août 2011, 41 ans)
La note : 8 étoiles
Visites : 1 855 

Une jeunesse allemande à la dérive.

Ceux qui ont aimé le roman irlandais "Eureka street" pourraient aimer ce roman d'un auteur allemand à l'écriture moderne, orale et populaire. Le roman se déroule à Leipzig. Le lecteur suit plusieurs jeunes personnages, un groupe d'amis, une génération perdue, délaissée, qui vit de larcins, de bagarres, de drogue ... Ils ont 13 ans en 1989, lors de la réunification allemande, et le roman n'est pas linéaire. Il y a des sauts temporels qui nous permettent de mieux comprendre ce microcosme, cette Allemagne de l'Est qui souffre de son ex-statut de RDA et où seule la violence semble générer de la vitalité dans les rapports humains. Daniel, le narrateur, Mark, Rico, Walter et d'autres sont les personnages principaux de ce roman qui nous entraînent dans leur quotidien. On pourra penser que l'on va s'ennuyer en lisant ce roman, il n'en est rien. Les dialogues naturels sont vifs, les ambiances très bien décrites et le style de l'auteur possède une force indéniable. Cette oralité qui peut rebuter est tout à fait adaptée à ce roman. On suit leurs amours, leurs combats pour l'honneur, leurs séjours en prison, les relations difficiles avec les parents alcooliques ou violents ... Le roman permet aussi une immersion dans une époque définie et l'on vient à ressentir l'atmosphère qui régnait dans cette ville ouvrière.

Ce roman possède de grandes qualités, littéraires, historiques, sociologiques. Il divertit bien évidemment grâce à ces personnages hauts en couleur. Clemens Meyer fait preuve aussi d'humour malgré un contexte douloureux et pathétique parfois. Ces personnages n'ont pas d'avenir et semblent se détruire progressivement. Pourtant, ils parviennent de temps à autre, à toucher le lecteur. Il y a tout de même une humanité dans cette inhumanité. Le lecteur découvre les bas-fonds de Leipzig avec ses skins, ses punks, ses gothiques et ses bandes de jeunes qui sèment la terreur en ville.

C'est un beau récit que nous présente cet écrivain que je ne connaissais pas du tout. C'est le genre de roman qui ne laisse pas indifférent, on l'aime ou on le déteste.

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