Oeuvres
de Vassili Grossman

critiqué par Radetsky, le 22 avril 2015
(Massieu - 76 ans)


La note:  étoiles
L'essentiel chez Vassili Grossman
Cet ouvrage, paru dans la collection "Bouquins" chez Robert Laffont, rassemble, outre les romans, des interventions politiques avec des dirigeants de l'URSS, dont l'auteur révèle ici la teneur, outre les "Lettres à sa mère" qui terminent l'ensemble.
Il n'est pas question ici de critiquer un par un tous les titres présents, dont une bonne part figurent déjà sur le site. En voici la liste :
Vie et Destin
Abel. Le six août
Tiergarten
La Madone Sixtine
Repos éternel
Maman
La route
Le phosphore
A Kislovodsk
Tout passe
Lettre à Khrouchtchev
Entretien avec M.A. Souslov
Lettres à sa mère

L'histoire récente ou lointaine de ce qui fut d'abord la Russie, puis l'URSS, sert de trame à l'ensemble. Sans complaisance, y compris pour lui-même, Grossman fouille l'une des pires tragédies des temps modernes, en tâchant d'y déceler des invariants que l'habitus russe explique en grande partie. Il montre comment un pays dont les progrès mêmes ont été soutenus par la permanence d'une idéologie fondée sur l'esclavage humain, au travers de tous les régimes, n'a pas su à un moment crucial (1917), se défaire aussi du poids séculaire de l'autoritarisme, de la résignation, de l'obéissance. Il ne semble pas que les choses aient tellement évolué, d'ailleurs...
A lire 10 étoiles

Comme Radetsky, j'ai lu ce livre imposant et donné titre par titre mon sentiment sur les ouvrages majeurs (Tout passe, Vie et destin). Je reviens sur les nouvelles contenues dans l'ouvrage. A part une, elles me sont parues assez didactiques et donc manquant de corps littéraire. A part une: "Abel. Le six août" (1953) qui tente de restituer les sentiments de l'équipage de l'avion chargé de larguer une bombe sur Hiroshima. Là le talent de Grossman se montre à son meilleur niveau, nous faisant participer (si l'on peut dire!) à l'action. La déshumanisation est ici à l'oeuvre, loin de l'URSS et de l'Allemagne. Comme disait Brecht, de mémoire, "la bête est toujours grosse". J'ajoute qu'à la fin du livre se trouve un glossaire passionnant sur le noms et les événements de la période couverte par les textes de Grossman. Je n'y ai pas trouvé par contre de rubrique: "Staline".

Falgo - Lauris - 79 ans - 4 novembre 2017