Un privé à Babylone de Richard Brautigan

Un privé à Babylone de Richard Brautigan
(Dreaming of Babylon: A Private Eye Novel)

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers , Littérature => Anglophone

Critiqué par Fabio, le 18 janvier 2004 (Noisy le Sec, Inscrit le 29 mars 2002, 40 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 11 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (1 594ème position).
Visites : 3 097  (depuis Novembre 2007)

Comment rêver sans se prendre au sérieux

Lire Brautigan laissera certainement de nombreux lecteurs perplexes mais cet auteur laisse l'impression d'un homme libre, rêveur, créant son propre univers et presque son propre style littéraire. En résumé, Brautigan est unique et j'invite de nouveaux lecteurs à découvrir son oeuvre malheureusement trop peu connue.
Le sujet de ce livre est presque sans intérêt : il s'agit des tribulations d'un privé qui a malheureusement un gros défaut, il passe une partie de son temps à rêver de Babylone. Cet histoire est abracadabrantesque, loufoque et disparaitra j'en suis sûr très rapidement de ma mémoire ...
En parodiant le roman policier, Brautigan s'invente, rêve tout haut une vie imaginaire et son style n'a aucune autre ambition que de manier la simplicité.

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Amis de Bukowski, de la Beat génération, de Jarry ou de Beckett venez découvrir Brautigan sans attendre.

10 étoiles

Critique de Yeaker (Dijon, Inscrit le 10 mars 2010, 45 ans) - 12 août 2018

Ce n’est pas un polar ni un nouveau ou ancien roman, c’est du Brautigan comme Jarry fait du Jarry ou Beckett du Beckett.
Et c'est du vrai et bon Brautigan!
Si on n'aime pas inutile d'insister. Richard n'est pas pour vous!
Pas de regret vous êtes très nombreux, une large majorité.
Mais moi, il me parle dans l'oreille, comme s'il ne me parlait qu'à moi!

Le personnage de ce roman a développé un monde imaginaire particulièrement riche où il vit adulé. Ce monde est tellement plus beau que sa vie réelle qu’il s’y réfugie souvent, trop souvent ratant d'abord ses examens à l’école de police et négligeant son travail de détective à présent. Le seul problème est la pénurie financière, comment faire quand on a emprunté à tout le monde, s’est séparé de tout et que sa logeuse le harcèle.
Néanmoins un client l’engage et c’est l’occasion de se faire beaucoup d’argent et ainsi de faire venir Babylone dans le monde réel alors ce n’est pas le moment de tout faire capoter en repartant à rêver.

Cette farce sur le fonctionnement de notre monde est d’une sensibilité magnifique qui mérite la note maximale.
Bonne lecture, ou non!

Rivers of Babylon

5 étoiles

Critique de Pierraf (Lyon, Inscrit le 14 août 2012, 60 ans) - 25 octobre 2015

Petit livre structuré en chapitres très courts ce qui donne du rythme à l'histoire : la journée de la chance pour ce privé, hurluberlu rêveur, et grand looser devant l'éternel.
L'ensemble est sympathique, légèrement amusant, un peu déjanté, mais au final, sans grand intérêt, superficiel, voire ennuyeux, et j'ai eu un mal fou à finir ce livre.

un moment de poésie dans un monde de brute

10 étoiles

Critique de Deinos (, Inscrit le 14 février 2009, 56 ans) - 5 août 2013

ce livre, c'est une rêverie sous l'aspect d'un bouquin policier qui n'en est pas un... juste un univers aux personnages fantasques, où se jouent mille petites scènes... une petite merveille... où l'histoire n'a pas plus de sens que l'existence.. juste un moment de poésie..

Les rêveries du privé solitaire

10 étoiles

Critique de Poignant (Poitiers, Inscrit le 2 août 2010, 52 ans) - 28 novembre 2011

1942, San Francisco.
S. Card est un privé fauché et sans clients dont le quotidien s’assombrit de jour en jour. Ancien combattant de la guerre d’Espagne malencontreusement blessé à l’arrière train, il lui faut quelques dollars pour acheter des balles pour son revolver, manger et passer son coup de fil hebdomadaire à sa mère. Sans compter son loyer en retard et sa logeuse qui le harcèle.
Pour s’échapper de cette vie sinistre, notre privé rêve à Babylone en 600 avant J.C, sous Nabuchodonosor. Il est là-bas un héros, adulé par sa pulpeuse secrétaire. Heureusement, il a ce soir un rendez-vous avec une cliente…
Si vous aimez les polars denses, élaborés, où le suspense rebondit sans cesse, passez votre chemin. Vous risquez d’être particulièrement déboussolé et bigrement déçu.
Ce polar est d’un genre particulier, qui mêle l’humour et l’invraisemblable à un esprit « potache ». Un décor à la Raymond Chandler, un esprit à la John Fante et une dose de Comics pour assembler tout cela.
Richard Brautigan écrivain de la Beat generation et de la Montana connection, a écrit « Un privé à Babylone » en 1977. D’une écriture ludique et simple, avec des chapitres très courts, il y réalise un pastiche de polar que j’ai dévoré avec gourmandise.
Ce roman n’est qu’un formidable divertissement littéraire qui ne se prend pas au sérieux.
A lire et à faire lire.

ouais , bof..

4 étoiles

Critique de Tchico2 (Labenne, Inscrit le 12 janvier 2006, 43 ans) - 11 juillet 2006

suite aux critiques précédentes et conseillé par ces lecteurs. je me suis procuré ce livre de Brautignan. je m'attendais à quelque chose de drôle de sympa à lire. eh ben non, je me suis ennuyé à tel point que j'ai failli renoncer deux trois fois à le finir.

Je pense tout de même que c'est bien écrit, avec un style direct et simple que j'apprécie.
je ne peux pas rester sur ce bouquin alors je vais essayer de réitérer l'essai avec Brautignan mais sur quelque chose de plus sûr, de plus étoffé.

Un petit chef d'oeuvre qui donne le sourire!

9 étoiles

Critique de Lig (Gouesnac'h, Inscrite le 23 juin 2006, 35 ans) - 23 juin 2006

Il semblerait, aux lectures des critiques ci-dessus, que Un Privé A Babylone est un petit peu le vilain petit canard de l’œuvre de Brautigan. Je ne peux pas appuyer cette thèse puisque je viens juste de découvrir l’auteur, en commençant par ce petit livre, petit chef d’œuvre ! Pourquoi ? Il a satisfait tous mes critères (plus ou moins inconscients), et qui ont fait de ma lecture un réel plaisir !
Je ne m’attendais à rien, et surtout pas à cela. Le style est original, simple, comme je l’aime, pas sophistiqué mais assez original pour provoquer de la surprise dans la lecture. Et de quoi rire. La forme est excellente : petits chapitres rapides à lire, et courtes réflexions : LA bonne recette pour ne pas s’ennuyer quoi. Sans compter l’histoire et ses personnages, chargés d’humour et d’originalité. Une chose est sûre, non ce livre n’est pas simple et c’est en donnant cette impression que l’on réalise la difficulté de l’écriture.
Enfin voilà, ce n’est pas LE chef d’œuvre de ma bibliothèque car ce n’est pas le genre de livre que je lis en général (mais justement, d’une certaine façon, j’imagine que la surprise en est amplifiée), mais c’est un petit chef d’œuvre à lui tout seul, dont je me souviendrai !
Un livre qu’on aurait aimé avoir écrit, je suis tout à fait d’accord avec toi Grass… ;)

une balle au cul

8 étoiles

Critique de Grass (montréal, Inscrit le 29 août 2004, 41 ans) - 19 juillet 2005

Visiblement, si je me fie à Sibylline, je ne suis pas dans la gang des amateurs de Brautigan, moi qui croyait avoir enfin développé un sentiment d'appartenance.

Le fait est que ce livre-ci est différent du reste de la production de Brautigan. Ça n'a pas la puissance évocatrice de "La pêche à la truite en Amérique" ou la force naïve de "Sucre de Pastèque", mais ça surpasse sérieusement "l'avortement" ou "Tokyo-Montana express".

Il faut être prêt à se faire raconter ce genre d'histoire qui ne va nulle part et il faut comprendre que la grande force du livre se trouve dans l'écriture, mais ça reste un des livres les plus drôles que j'aie jamais lu, que j'ouvre régulièrement au hasard et je ris et je ris et je me me dis maudit que j'aurais aimé l'écrire, ce livre-là.

Pas le meilleur choix

4 étoiles

Critique de Saint-Germain-des-Prés (Liernu, Inscrite le 1 avril 2001, 50 ans) - 13 février 2005

Dans sa critique éclair, Sybilline nous dit ne pas être d’accord avec les amateurs de Brautignan qui affirment qu’Un privé à Babylone n’est pas à la hauteur de ses autres romans. Dommage, j’aurais aimé qu’ils aient raison, cela m’aurait laissé un espoir d’apprécier le reste de son œuvre, parce que ce livre-ci, je dois bien l’avouer, ne m’a pas, mais alors pas du tout, accrochée. Je pensais simplement être passée à côté du livre, d’autant plus que Brautignan semble avoir la cote sur ce site…

Ce détective privé est un anti-héros, soit, cela pourrait amener d’intéressants développements, mais rien ne m’a semblé substantiel dans cette énigme (toujours irrésolue à la fin du livre, et ça, ça m’agace au plus haut point). L’histoire est creuse, cousue de fil blanc, le lecteur devine tout avant le détective, personnage que j’aimerais secouer une bonne fois tant l’apathie, la paresse, la nonchalance prennent ici des proportions démesurées. Pathétique, pitoyable, mou, geignard (il le dit lui-même), il n’est capable de trouver un ersatz d’espoir que dans la fuite. Car il rêve, notre détective, il rêve à Babylone et échafaude des histoires dans lesquelles il se donne le beau rôle, une fois n’est pas coutume. Et là, rien ne nous sera épargné dans la gamme des clichés. A Babylone, il est beau, riche, le meilleur détective qui soit, sa secrétaire blonde et à forte poitrine est raide dingue de lui, …

« Toute cette histoire ressemblait exactement à une énigme policière dans un magazine bon marché » : ah bon, ben si Brautignan le dit lui-même…

Profondeur de rêve

9 étoiles

Critique de Kinbote (Jumet, Inscrit le 18 mars 2001, 59 ans) - 20 novembre 2004

Si on peut dire que le style fait dans le registre de la simplicité (guère de subjonctif, pas de mots recherchés, phrases immédiatement compréhensibles), il y a certes une écriture : composition de l’histoire, distribution des effets, arrière fond existentiel, « imagerie » saisissante, entremêlement des strates narratives. Et la segmentation du récit en courts chapitres titrés est un régal. Le privé est un pauvre type, un laissé-pour-compte qui veut encore croire à l’existence, un raté absolu, un rêveur qui connaît suffisamment la profondeur de ses rêves pour les craindre, et duquel on ne peut que se sentir proche. Cette disposition à la rêverie qui peut à tout moment nous perdre, nous faire manquer la vraie vie est une superbe métaphore de notre existence menacée par les ornières de l’imaginaire, de nos espérances plus vastes que l’être qui les nourrit.
Le récit est à la mesure de cette métaphore flamboyante, toujours entre deux, entre l’histoire racontée et le précipice du rêve. Notre privé qui à Balylone détient la coupe du monde du meilleur détective est chargé dans la « vraie vie » par une blonde, qui voyage en limousine avec chauffeur et qui enfile bière sur bière sans jamais uriner, de voler le cadavre d’une prostituée à la morgue. Mais d’autres sbires ont été chargés par la même mystérieuse employeuse du même délicat travail, si bien que tout le monde cherche le cadavre de la belle prostituée, ce qui donne un burlesque à la chose qui m’a fait penser aux films de Georges Lautner des années 60 dialogués par Audiard, avec Blier et Ventura.

On ne saura pas ici le fin mot de cette histoire qui flirte avec la nécrophilie. A noter que le récit se déroule en 42 à San Francisco et que l’infortuné narrateur qui s’est fait réformer pour s’être fait tirer dans le cul a mal débuté dans la vie : à l’âge de 4 ans, il fut involontairement à l’origine du décès de son père. Au bout du compte, Brautigan parvient à nous faire oublier tout ce noir de fond et à nous faire passer un moment des plus agréables où on rit souvent, où on s’émeut, où on se surprend à rêver qu’on est ce piètre privé qui rêve un peu trop à Babylone.

Un bouquin formidable

10 étoiles

Critique de Sibylline (Normandie, Inscrite le 31 mai 2004, 68 ans) - 29 juin 2004

L’habitude bien établie chez les amateurs de Richard Brautigan est de mépriser « Un privé à Babylone », qui ne serait pas à la hauteur de ses autres romans.
Je ne partage pas du tout ce point de vue. Grande amateur de polars d’un côté et de Brautigan de l’autre, j’ai ADORE ce livre ; et, moi qui suis avare d’étoiles, je n’hésite pas à lui en offrir 5.
Je ne partage pourtant pas l’avis de Fabio, ci-dessus. Cette histoire, lue il y a des années déjà, n’a jamais disparu de ma mémoire. Je suis toujours sous le charme de son poétique privé et les images (spécialité de Brautigan) que ce livre m’a apportées sont toujours dans mon esprit. Ecoutez ça : « Toujours aussi humide et dégoûtant, mon appartement. Ca ne s’était pas arrangé pendant mon absence. Un vrai cul-de-basse-fosse. Bon dieu, comment je faisais pour vivre comme ça ? Ca avait quelque chose d’effrayant. J’ai enjambé un certain nombre d’objets non identifiés qui se trouvaient par terre. J’ai fait exprès de ne pas trop les regarder. Je ne tenais pas à savoir ce que c’était. J’ai également évité de regarder mon lit. Mon lit ressemblait à quelque chose qui aurait dû se trouver dans la section des fous dangereux d’un asile psychiatrique. »
Vous avez l’image, vous avez l’idée, et le décalage. Vous êtes dans l’histoire, mieux vous êtes dans la peau du privé. Et je ne dirais pas que le style est sans autre ambition que de manier la simplicité. Je le trouve au contraire extrêmement efficace, percutant et juste.
Vous devriez lire, si ce n’est déjà fait. Vous allez vous régaler. Je l’ai déjà lu plusieurs fois. Moi, quand j’aime…

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