Le bâtard de Kosigan de Fabien Cerutti

Le bâtard de Kosigan de Fabien Cerutti

Catégorie(s) : Littérature => Fantasy, Horreur, SF et Fantastique

Critiqué par CC.RIDER, le 6 mars 2015 (Inscrit le 31 octobre 2005, 59 ans)
La note : 6 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (9 965ème position).
Visites : 878 

Fantaisie médiévale

En 1339, en Champagne, le chevalier bâtard Pierre Cordwain de Kosigan et sa bande de mercenaires tendent une embuscade à un cavalier elfe pour s'emparer du message secret qu'il transporte... Un peu plus tard, dans la ville de Troyes, Kosigan participe à un tournoi richement doté et déterminant pour l'avenir de la province et de ses anciens peuples...
En 1899, Michaël Konnigan, professeur d'archéologie médiévale est parti sur les traces du passage de l'armée d'Athalaric poursuivie par les hordes Khazars, non loin de la rivière Oka en Russie. Il espère découvrir la cachette de « l'oeil d'Odin ». Lettre après lettre, il informe ses amis de l'avancée de ses recherches...
« Le bâtard de Kosigan » relève du registre de la fantaisie médiévale, c'est à dire d'un mélange de fantastique avec les habituels sorciers, elfes, trolls et autres korrigans et d'histoire moyenâgeuse en fond de décor, le tout rappelant beaucoup l'univers des jeux video. Premier tome d'une série à venir, il laisse une impression d'inachevé et pas mal de lacunes surtout dans l'histoire de Konnigan. On devine que l'auteur s'est laissé des perspectives et des échappatoires pour développer la suite de sa saga. Mais le lecteur aura-t-il envie de continuer à suivre les aventures de ce personnage peu recommandable et finalement peu crédible historiquement ? Il raisonne et de se comporte d'une manière beaucoup trop moderne qui n'a strictement rien de chevaleresque. Si on y ajoute une accumulation d'anachronismes agaçants et une grossière erreur historique à propos de l'inauguration du musée Maxime Gorki de Moscou, on comprendra que les véritables passionnés d'Histoire pourront avoir quelques réticences d'autant plus que Cerruti est présenté comme « professeur d'Histoire ». Son héros, don juan doublé d'un super héros invincible, se sort des situations les plus improbables, est blessé et soigné dans la minute et dispose de super-pouvoirs grâce à une magie sur puissante. L'intrigue semble assez peu originale, pleine de combats, duels, joutes et tournois décrits par le menu au point de finir par lasser. L'ensemble peut même sembler un peu basique et un peu simpliste à un lecteur exigeant.

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Ainsi tomba la Champagne

10 étoiles

Critique de Hermer (, Inscrit le 31 août 2017, 33 ans) - 31 août 2017

J'ai lu ce livre il y a deux ans et l'ai relu cet été en poche (ainsi que le tome 2 en grand format) en attendant la sortie du 3.
Je me suis surpris à le trouver encore meilleur qu'à ma première lecture.
Pour ceux qui l'ignoreraient, l'histoire tourne autour d'un capitaine de mercenaires du XIV° siècle impliqué dans une manipulation à grande échelle qui vise à faire tomber le comté de Champagne (qui protège les races et les pouvoirs anciens face à l'Eglise) dans l'escarcelle de l'un de ses puissants voisins. Tandis que 500 ans plus tard, son descendant enquête sur les apparentes incohérences de ses écrits.

L'aventure du chevalier (bâtard d'une grande maison bourguignonne disposant de capacités surnaturelles) se révèle toujours palpitante et haletante, et je trouve particulièrement original de voir les choses du point de vue de celui qui manipule et tire les ficelles (même si tout ne se déroule pas comme prévu pour lui). Enfin, un personnage principal qui ne subit pas et se montre capable d'anticiper, cela faisait longtemps que je n'en avais pas rencontré. En tout cas, connaissant la fin, on se surprend à en relever perpétuellement les indices au fur et à mesure des pages comme autant de trésors dont on n'avait pas eu conscience la première fois..
Même à la relecture, on prend plaisir à retrouver les scènes d'action pleines d'intensité et celles plus érotiques, dosées avec finesse.
Certes, le chevalier semble ne pas agir ou penser comme un homme de son temps (cf la critique principale), mais cela ne m'a pas excessivement dérangé, d'autant qu'on en devine la raison (car il y en a manifestement une) dans le tome 3. :)

Mention "j'adore" pour ma part en tout cas.

Un premier tome plus que prometteur

10 étoiles

Critique de Goupilpm (La Baronnie, Inscrit le 23 juin 2017, 60 ans) - 30 juin 2017

Pourquoi un tel choix de lecture ? Comme à mon habitude en parcourant les sorties littéraires sur Noosfere, j'ai de suite été intrigué par le titre mais également par le nom de l'auteur que je ne connaissais pas. Je me suis ensuite rendu sur un site de vente en ligne, dont je tairai le nom et tout de suite la couverture m'a attiré : un portrait tel que l'on trouve dans de vieux châteaux décrépits ou vieux manoirs ancestraux pas toujours connus et qui à leurs façons narrent des pages inconnues de notre Histoire. Et sans même lire le résumé, un clic et j'avais commandé l'ouvrage.
Mais qui est donc ce nouvel auteur qui m'était inconnu ? Et c'est là que je menais ma petite enquête et le résultat ne se fit guère attendre pour découvrir les références en fantasy de Fabien Cerruti. C'est ainsi que je découvris la source du roman : Neverwinter Nights. Ayant abandonné les jeux de rôle depuis plus d'une décennie et notamment l'univers précédemment nommé où six aventures dans l'univers du bâtard de Kosigan sont déjà parues et figurent dans le top dix des meilleurs scénarios.

Dans la lignée des meilleurs romans de fantasy historique, Le Bâtard de Kosigan mélange avec brio la fantasy et l'histoire. Dans un récit double, l'auteur nous conte une aventure pleines de surprises. Le récit se déroule donc sur deux époques : une première époque située dans un Moyen-âge épique et une seconde époque qui se déroule dans l'Europe du XIXème siècle où un archéologue aventurier va, sur les traces de son aïeul, aller de découverte en découverte. La première est la plus importante et nous fait vivre une aventure de Pierre de Kosigan, ce personnage énigmatique et manipulateur qui utilise tout son talent pour obtenir des informations capitales pour les plus grandes maisons d'Europe. Dans cette majeure partie de l'histoire, l'auteur nous entraîne dans une Champagne uchronique du XIVème siècle où il mêle habilement des noms connus de l'Histoire de France à des créatures féeriques qui côtoient les hommes malgré la pression de l'Inquisition qui cherche à les éradiquer.

L'auteur nous offre un univers crédible de fantasy historique uchronique très riche en détails historiques : sur fond de rivalités entre Angleterre, France et Bourgogne, l'auteur nous rappelle quelques noms connus de l’histoire de France. Une Histoire où les meilleures intrigues sont souvent présentes, et quand l'Imaginaire rajoute son grain de sel, ce n'en n'est que plus épicé. La présence des peuples anciens apporte vraiment quelque chose puisqu’elle décide de deux idéologies raciales au minimum, ceux qui sont pour, et ceux qui sont contre l’existence de ces êtres.
Le Bâtard de Kosigan c'est avant tout un univers crédible ancré dans une ère politique trouble de notre Histoire de France, les débuts de la guerre de Cent Ans. Un univers agrémenté de magie ancienne et de peuples féerique ; une alliance d'historique et de fantasy qui fonctionne à merveille, l'auteur ayant su faire du féerique un élément de mystère, un élément du scénario qui offre au lecteur une histoire dans l'Histoire. En effet, dans notre Histoire de France, l'auteur nous offre une faille temporelle où les personnages factices côtoient Édouard d'Angleterre, Guillaume le Maréchal... Un univers où le féerique se place en toile de fond. Un univers que le héros dans son journal nous décrit un monde moyenâgeux bien éloigné de ce que nous pouvons imaginer, un monde complexe où les uns veulent le pouvoir, où d'autres veulent vivre et préserver leur liberté. On sent l'auteur passionné par cette période de l'Histoire et il arrive à créer une ambiance confortable dans ce siècle féodal de combats, de mariages arrangés, d'alliances... Un monde où la magie faiblement présente est remarquablement dosée, avec une telle justesse que l'on ne croirait pas lire une fantasy classique, mais un roman historique où les combats sont décrits avec précision sans surjouer.



C'est dans cette France en proie à une multitudes de conflits religieux, ethniques et politique que le Bâtard de Kosigan une carrière plus que florissante, qui lui vaut une double réputation de professionnel fiable et de coureur de jupon redoutable et redouté. D’un contrat à l’autre, ses allégeances changent, faisant découvrir au lecteur les turpitudes de chaque camp, le mettant bien en peine de séparer le bon grain de l’ivraie… Pierre Cordwain de Kosigan est de noble ascendance, mais il n’est pas né du bon côté des draps. Bâtard d’une riche et prestigieuse famille, il a été contraint à l’exil à la mort de son père, pour échapper aux accusations et à la haine. Personnage malin, retors, calculateur, le voilà devenu chevalier assassin à la tête d’une troupe de mercenaires redoutables aux multiples talents. Un mercenaire, qui, grand amateur de batailles et de joute, qui garde tout de même un côté chevaleresque. Pierre n'est ni quelqu'un de bon et généreux, ni quelqu'un de mauvais et de sadique, c'est avant tout un humain comme les autres avec ses forces et ses faiblesses et qui sait équilibrer ses décisions et réactions en tentant de réfléchir d'abord aux conséquences. Et des problèmes, il va en rencontrer beaucoup, mais le destin va souvent l'épauler ainsi que des personnes intervenant au bon moment. Le roman propose donc des personnages secondaires qui ont de l'épaisseur, plutôt sympathiques, que ce soit aussi bien les personnages réels que les personnages fantastiques.

De par sa personnalité et malgré que sa personnalité ait besoin de quelques développements le personnage central constitue le point fort de ce premier tome de par son côté mystérieux. En effet, il suscite beaucoup de questions, on sent qu'il a des objectifs à atteindre, on pense qu'il sert quelqu'un, on sait qu'il est mercenaire mais au final, qui sert-il ? Par ailleurs, la narration à la première personne renforce le sentiment d’empathie du lecteur et permet de rentrer facilement dans le récit aux côtés du chevalier.

En parallèle de l'intrigue principale bien plus compliquée qu'elle ne paraît au prime abord, on nous invite comme nous l'avons vu précédemment à suivre une intrigue parallèle qui se déroule quelques siècles plus tard et c'est assez étrange de suivre les aventures d'un héros dans l'exercice de ses fonctions de capitaine de mercenaires et par moment l'enquête de l'un de ses descendants. Une enquête qui malheureusement, même si on finit par s'y habituer, coupe le souffle et le rythme de l'ensemble et dont l'importance n'est pas flagrante.

Malgré ce tout petit défaut l'action est au rendez-vous avec des chevaliers musclés et des intrigues menées de main de maître par notre héros. Pour le plus grand plaisir du lecteur, qui en redemande et s’immerge dans cet univers avec délices, l'auteur ne se prive pas de rebondissements, cachotteries et autres renversements de situations. L'histoire se lit assez vite et est rythmée par des chapitres courts. Les descriptions ne sont pas de trop, et servent bien l'ambiance. On peut toutefois regretter que, si les scènes de combat sont rendues avec un grand réalisme, notamment les phases du Tournoi, le livre manque par moments de descriptions plus approfondies pour mieux se représenter certains lieux. Ces précisions permettraient de mieux planter le décor et d’enrichir le monde prometteur posé par l’auteur.

Le style fluide, épuré et volontairement direct de l'auteur va à l'essentiel sans s'embarrasser de fioritures sert à merveille la personnalité de notre héros tout en soulignant son panache et celui de sa bande. Un style agréable, malgré parfois des scènes violentes, qui sert un roman qui ne s'enterre pas dans le glauque que cette époque a pu produire. Une manière assez classe et sobre à l'image de la couverture. L'écrivain fait de son roman une œuvre qui m'a rappelé les meilleures histoire de capes et d'épées. Kosigan est un personnage unique, roublard, intelligent, fort mais très humain, bref haut en couleur. C'est à une Fantasy historique documentée et à l'intrigue passionnante que nous avons affaire ici,on sent l'auteur passionné par ce qu'il écrit et décrit.

Dans un contexte historique qui favorise les intrigues, l'auteur nous cache volontairement les projets de son héros, cette manière de procéder fait toute l'originalité du roman. Malgré quelques petites maladresses le Bâtard de Kosigan se révèle un roman addictif avec un côté historique bien documenté, un héros charismatique, un scénario plein d'actions et de complots, un mystère parfaitement entretenu. Rôlistes, amateurs d'histoire ou lecteurs désireux de passer un bon moment, plongez-vous sans attendre dans ce premier tome d'une série fort prometteuse.

Très bon

8 étoiles

Critique de Colt (, Inscrit le 26 août 2010, 45 ans) - 16 mars 2016

UN très bon livre de fantaisie médiéval ! L'idée de base n'est pas d'une folle originalité puisque l'auteur mélange l'histoire médiévale avec quelques ingrédients classiques de fantaisie. Tout repose donc sur une plume bien tournée et agréable, ainsi que sur les intrigues qui émaillent le scénario. Et elles abondent, créant un rythme des plus plaisant, donnant à tourner les pages jusqu'au final. Dans ce tome 1, tout se joue et s'assemble autour d'un tournoi de chevalerie haut en couleurs et en fureur.... très appréciable.

Certes, on peut reprocher le côté super héros de Kosigan, mais on appréciera son côté rusé, intéressé, etc., le tout formant un personnage intéressant et attachant.

Personnellement, j'ai laissé de côté la partie moderne : les échanges de lettre m'ont vite ennuyé, et je me suis concentré uniquement sur la partie médiévale. Et puisque l'on peut lire l'une sans l'autre, pourquoi s'en priver ?

Au final, un très bon premier tome, qui me donne envie de lire le deuxième.

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