Philida de André Brink

Philida de André Brink
(Philida)

Catégorie(s) : Littérature => Africaine , Littérature => Anglophone , Littérature => Romans historiques

Critiqué par Tanneguy, le 3 février 2015 (Paris, Inscrit le 21 septembre 2006, 77 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (31 704ème position).
Visites : 1 243 

Esclavage en Afrique du Sud

Philida est une jeune esclave qui apprendra au cours du récit quelle est son origine ; elle est la "propriété" de Cornelius Brink, l'auteur apprendra au cours de ses recherches que c'est le frère d'un de ses lointains ancêtres ! L'histoire commence alors que Philida se trouve dans la ferme du vieux Brink producteur de vins, mais déjà proche de la faillite. Elle se fait "faire" quatre enfants par le fils de la famille alors que celui-ci doit épouser la fille d'une famille prestigieuse du Cap. La suite fourmille de rebondissements tous plus étonnants les uns que les autres.

L'auteur restitue l'histoire dramatique de l'Afrique du Sud au début du XIXème siècle juste avant que les esclaves soient affranchis. Il nous raconte des histoires horribles mais véridiques malheureusement. Cependant l'espoir demeure et beaucoup de poésie adoucit, un peu, le climat oppressant du roman. Et le pays est si attachant et l'on apprend beaucoup de choses, notamment sur les modes de vie de ces pionniers.

Ce n'est pas facile à lire d'autant que le texte fourmille de mots locaux qui ne nous sont pas familiers. Mais on est pris et on ne peut lâcher le livre ;

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Les éditions

  • Philida [Texte imprimé], roman André Brink traduit de l'anglais (Afrique du Sud) par Bernard Turle
    de Brink, André Turle, Bernard (Traducteur)
    Actes Sud / Lettres africaines
    ISBN : 9782330034443 ; EUR 23,00 ; 10/09/2014 ; 384 p. ; Broché
  • Philida [Texte imprimé], roman André Brink traduit de l'anglais (Afrique du Sud) par Bernard Turle
    de Brink, André Turle, Bernard (Traducteur)
    Actes Sud / Babel (Arles)
    ISBN : 9782330066888 ; EUR 8,80 ; 07/09/2016 ; 384 p. ; Poche
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Un autre monde

7 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 58 ans) - 17 février 2017

Philida est une esclave noire d’Afrique du sud ; tricoteuse elle est aussi la maîtresse de Franz/François, fils du baas, dont elle vient d'avoir un quatrième enfant. Si leur relation semble sincère et amoureuse, il n'en reste pas moins que Franz doit épouser une blanche d'une autre propriété ; il faut obligatoirement séparer les jeunes gens en vendant Philida et ses enfants très loin de Zandvliet.
"Sauf que, aujourd'hui, je sais pour la première fois de ma vie que, même dans cet endroit, où je vis, c'est plus le mien comme j'avais toujours cru. J'ai plus ma place à moi, j'ai nulle part ma place . Ce qui m'arrive, ça sera toujours ce que les autres voudront qu'il m'arrive. Je suis un tricot tricoté par quelqu'un d'autre."
Philida décide donc de porter plainte contre Franz qui lui avait promis la liberté et des souliers.

Cette première partie est assez difficile. Le maître de la propriété est un homme cruel, ambitieux, les scènes sont dures, très violentes.
De plus, tous les mots du dialecte écrits en italique obligent à aller constamment aux 5 pages du glossaire, coupant la lecture.
S'ajoutent de nombreux passages pas forcément indispensables à l'histoire, comme des extraits de la Bible ou des contes africains, gênant aussi la fluidité du récit.

Attention SPOILER
Le départ de Zandvliet, marque un tournant dans le roman ; celui-ci se recentrant sur Philida ; esclave mais respectée dans une famille juste.
Elle voit arriver l'abolition de l'esclavage, même si chaque esclave doit encore servir son maître pendant encore 4 ans ; elle découvre la lecture, l'écriture, la religion, et enfin la liberté.
"Donc, on est le lundi 1 décembre 1834, le jour que tout le monde rêvait. Je trouve que ça valait la peine, en fin de compte. Maintenant, je sais vraiment comment on se sent, d'être libre."

Un avis partagé sur ce livre, dont le début a été assez pénible mais j'ai beaucoup aimé la seconde partie se recentrant sur le personnage de Philida ; les réflexions, les doutes, le questionnement d'une personne qui n'aurait pas dû réfléchir.
Une deuxième partie romancée beaucoup plus agréable, la première concernant le récit de l'auteur à partir de documents retrouvés (dont l'inventaire complet de la propriété)
Je regrette cependant le choix de l'auteur d'utiliser une écriture rudimentaire pour les chapitres de Philida.

Juste avant l’abolition de l’esclavage en Af. Sud

7 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 60 ans) - 4 février 2017

« A partir d’un épisode de son histoire familiale » est-il écrit dans la quatrième de couverture. Bigre ! Ca ne remonte pas si loin cet épisode puisque l’abolition de l’esclavage en Afrique du Sud, territoire anglais à l’époque, remonte à 1833. L’histoire de Philida, elle, se déroule entre 1832 et 1833.
Philida est une jeune esclave, propriété de la famille Brink, au domaine viticole Zandvliet. Sa fonction principale est « tricoteuse ». Philida tricote bien. Elle tricote mais elle est esclave et a attiré l’attention de François Brink, le fils du maître du domaine. François Brink a sensiblement son âge, il l’a bien un peu forcée au début, lui faisant miroiter qu’il la ferait affranchir, à coucher avec lui, puis ça s’est passé plus naturellement, Philida, pleine d’espoir et naïve croyant que l’avenir serait forcément radieux. Coucher, coucher, il en restera toujours quelque chose ! En l’occurrence quatre enfants, tout de même ! Quatre enfants dont deux sont encore vivants. Tout ceci non officiel bien sûr.
Mais quand, en bonne partie pour sauver le domaine familial promis à la faillite, François Brink est réputé devoir épouser une jeune fille blanche de bonne famille, riche, du Cap, Philida comprend qu’elle a été abusée, qu’elle ne sera pas affranchie et que sa situation se complique notablement.
Décidée qu’elle est, elle quitte subrepticement le domaine auquel elle appartient pour aller porter plainte auprès du protecteur des esclaves (vous y croyez, vous à une fonction pareille ?! Apparemment ça existait.) Elle déclenche ce faisant un cataclysme puisqu’elle rend ipso facto en partie publiques ses relations avec le fils du maître, elle conteste l’autorité et surtout, elle pourrait faire capoter le mariage envisagé.
Il est bien entendu que le protecteur des esclaves ne protège pas grand-chose puisqu’il suffit à François Brink de venir affirmer que les allégations de Philida sont des mensonges pour qu’elle soit renvoyée vers ses maitres. Une procédure de mise en vente est engagée. Il faut se dépêcher, l’émancipation est en vue, et elle est vendue. Avec ses enfants.
Mais Philida ne lâche pas l’affaire et se montre des plus opiniâtres. C’est son histoire sur les deux ans qui précèdent l’émancipation qui nous est contée, entre drames, petites lâchetés, fulgurances d’héroïsme et de bonté.
L’esclavage … Et nos parents (lointains) y ont participé aussi ! Pas que ceux d’André Brink !

Long, beaucoup trop long

4 étoiles

Critique de LesieG (CANTARON, Inscrite le 20 avril 2005, 50 ans) - 22 janvier 2017

J'ai enfin terminé ce roman auquel je n'ai pas accroché du tout même si l'histoire était très prometteuse.
Oui ça parle d'une période très dure de l'histoire, celle de l'esclavagisme, mais c'est mou, il y a beaucoup de répétitions et d'énumérations (et je ne parle pas de celle sur les biens de la maison des Brink qui fait pratiquement 3 pages !!!).
De plus, il faut régulièrement se reporter au glossaire en fin de livre pour pouvoir comprendre certains mots utilisés et j'ai horreur de ce genre de procédé, je trouve que ça coupe la lecture.
Encore une chose me gêne dans ce roman, c'est qu'il est quand même très tourné sur l'esclavagisme "sexuel" avec des descriptions qui n'étaient pas forcément nécessaires.
Je n'ai pas dû être sensible à la "poésie" de ce texte.


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