Devenir soi
de Jacques Attali

critiqué par Bernard2, le 29 janvier 2015
(DAX - 70 ans)


La note:  étoiles
Yaka
Dans une première partie, Jacques Attali dresse un état des lieux de la situation économique, financière, et sociale du pays. Inutile d'entrer ici dans les détails, c'est tout simplement catastrophique et sans espoir.
Que faire alors à titre individuel ? Certainement pas compter sur un État-Providence qui est définitivement mort, mais trouver en soi, et uniquement en soi, les moyens de s'en sortir.
S'ensuivent d'interminables pages sur des personnages ayant « pris en main leur vie personnelle » - c'est le titre d'un chapitre. Long, ennuyeux, avec des exemples souvent mal choisis.
Dans la quatrième et dernière partie, Jacques Attali nous livre les secrets pour réussir cette « renaissance », pour reprendre son terme. Un mode opératoire bourré de généralités, de clichés, et même de contradictions. On trouve infiniment mieux dans de bons ouvrages traitant du développement personnel. Car ici, c'est surtout du yaka...
Désolant 2 étoiles

Ce livre veut prendre le contre-pied d'une tendance lourde de la pensée politique actuelle, exemplifiée par le "Indignez-vous" de Stéphane Hessel.
Attali prend comme référence négative les légions de ceux qu'il appelle 'résignés-réclamants' qui pullulent en France. Contrairement à eux, Attali affirme que l'on ne doit rien attendre de l'Etat ni des autres et que le succès personnel réside dans l'accomplissement individuel qu'il nomme le 'devenir-soi'. (p.8)
Il montre que le monde, et la France, vont mal et qu'il y a peu d'échappatoire à l'étau qui se resserre sur chacun (La résignation du monde, pp. 15-34), ce qui le conduit à des conclusions très pessimistes.
Mais il s'évade de ces conclusions en soulignant en quoi la Renaissance, par analogie avec le mouvement occidental des XV°/XVI° siècles, est en marche. Il s'appuie sur: aspiration à la liberté et la démocratie, progrès technique, ressources financières, établissement d'un état de droit mondial, comme conditions favorables à 'devenir-soi' (pp.35-48).
Ensuite il passe en revue diverses catégories de personnes ayant choisi cette voie de développement: personnalités (Laurence Cottet, Stephen King,...), artistes (Mozart, Callas, le facteur Cheval...), entrepreneurs privés (de Edison à Takao Sasaki), entrepreneurs positifs (de Bénéteau à Anne Roos-Weil), militants (de Henry Quinson à Mahomet), chaque cas faisant l'objet d'une description d'une dizaine de lignes. Adossant son discours à ces innombrables exemples, il va chercher dans les religions (presque toutes), les philosophes (des Grecs à Kant en passant par la psychanalyse et l'amour), des sources irréfutables pour ses propos.
Ensuite, il dessine 5 étapes à franchir pour 'devenir-soi'.
Attali fait remonter la dégradation française à 20 ans en arrière: "les dirigeants successifs ont laissé le pays s'enfoncer depuis deux décennies dans un lent déclin, un engourdissement qui pourrait devenir mortel." (pp.9-10) Or ce déclin remonte à plus de 40 ans dans notre pays et, à cette époque, Jacques Attali était un conseiller du prince, donc un responsable de la situation actuelle. Son tour de passe-passe calendaire lui permet ainsi de s'exonérer de toute responsabilité. Facile.
Pour le reste du livre, si j'adhère largement à l'intention, le caractère de prêchi-prêcha du discours, la superficialité des propos sur de sujets majeurs, la facilité prêtée au fait d'emprunter le chemin proposé, le nombre et l'évidence des références indiquées disqualifient à mes yeux totalement la position. Dommage.

Falgo - Lauris - 79 ans - 5 février 2015