Le dernier gardien d'Ellis Island de Gaëlle Josse

Le dernier gardien d'Ellis Island de Gaëlle Josse

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Rotko, le 2 janvier 2015 (Avrillé, Inscrit le 22 septembre 2002, 43 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (19 868ème position).
Visites : 1 338 

Bilan d'une vie et d'un rôle décisif.

Le centre d’accueil et de contrôle des immigrants va fermer, le directeur d’Ellis Island reste seul dans des locaux désertés ; l’occasion pour lui de tenir un journal d’adieu, daté du 3 au 11 novembre 1954, une semaine pour le bilan d’une vie, et d’un rôle assumé - de décideur d’une équipe d‘administration, et de détenteur des clés de l'accès sur la terre américaine.

John Mitchell évoque sa vie sentimentale, et s’interroge surtout sur une vie professionnelle qui l’a mis en contact avec divers demandeurs d’asile, fugitifs pour des raisons politiques, écrivains en quête d’un nouveau lieu de séjour, propices à une création libre.

Ces destins individuels, souvent dramatiques, et sur lesquels Mitchell, directeur du centre d’immigration, ne dit ou ne sait pas tout, témoigne de la sévère épreuve de l’attente administrative et de l’exil, devenu nécessaire.

La fin de ce récit éclaire d’une manière plus complète les débats de conscience du diariste.

La lecture de ce titre séduira les lecteurs par la peinture d’états d’âme nuancés, de situations délicates -parfois mal interprétées par Mitchell, ou les coulisses d’une administration avec préjugés et déficits d’humanité.

A plusieurs reprises j’ai pensé aux "Mémoires d’Hadrien" de Yourcenar, pour un ton confidentiel, et les réflexions à la fois personnelles et professionnelles d’un ultime décideur.

Faut-il croire les portraits photographiques - « pittoresques ou dramatiques », tirés des nouveaux arrivants ? L’accueil est souvent une mise en scène qui cache le vécu : la détresse des exilés, confrontés à un déracinement total qui les marque sur plusieurs générations.

« Te souviendras-tu, frère, lorsque tes propres enfants comprendront à peine la langue qui fut la tienne, qui fut celle de ton père, de ta mère et de tes aïeux, du chant des femmes de ton village et de la couleur du ciel aux jours de moisson. J’ai frappé à la Porte d’Or et elle ne s’est pas ouverte. Représentais-je une si lourde menace pour la grande
Amérique ? »

Un beau titre, d’une écriture fine et méticuleuse, il enrichit notre expérience et notre perception des immigrants, exilés, refoulés.

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"Comme une foule de fantômes flottant autour de moi".

6 étoiles

Critique de Septularisen (Luxembourg, Inscrit le 7 août 2004, 50 ans) - 8 septembre 2016

Je ne reviens pas ici sur l’intrigue et l’histoire du livre, déjà largement décrite dans les critiques précédentes ce petit livre (même pas deux cent pages…). Ceci est le deuxième livre de Mme. Gaëlle JOSSE que je lis (après « Les heures silencieuses »), et encore une fois c’est l’écriture très belle, sobre précise, raffinée, ciselée qui m’a vraiment frappé. Il n’y a rien à redire, d’ailleurs les pages se tournent sans qu’on le remarque vraiment, et le livre se lit vite et bien (quelques heures suffisent). Les descriptions de la vie et des mœurs de l’époque sur l’île d’Ellis Island - avec l’arrivée de véritables «fournées» de migrants, tous candidats à la citoyenneté américaine -, sont vraiment magnifiques.

Encore une fois malheureusement, je trouve que ce livre manque de souffle, d’amplitude. Les personnages sont bien décrits, même au niveau psychologique, mais à peine esquissés et déjà ils disparaissent ! Ainsi p. ex. Luigi Chianese (dont le personnage a été librement inspiré à l’auteur par l’homme politique américain, M. Fiorello La GUARDIA (1882-1947, qui fût notamment maire de la ville de New York et dont l’un des aéroports de la ville porte le nom… ), apparaît, on nous décrit son rôle, ses fonctions, sa vie, son comportements, ses ambitions, et puis… Et puis plus rien ! Il disparaît tout simplement, en on ne sait plus rien de lui, on ne nous dit plus rien de lui, il n’y a plus rien à lire sur lui… Alors ?...

Encore une fois, je termine donc ma lecture, sur une impression mitigée et vaguement frustré ! Encore une fois, j’ai trouvé l’écriture «à tomber», mais l’histoire vraiment trop bâclée, trop courte, et j’attends donc avec impatience le jour où Mme. Gaëlle JOSSE, nous offrira une histoire de plus de 600 pages !...


Trop court

7 étoiles

Critique de Vigneric (, Inscrit le 26 janvier 2009, 48 ans) - 11 août 2015

Quel dommage qu'il soit si court !
J'aurai aimé un livre plus conséquent (en nombre de pages), plus de détails, éventuellement approfondir dans l'histoires de plusieurs familles.
Dommage, car j'ai vraiment aimé le sujet et le traitement, mais je reste un peu sur ma faim.

L'Amérique! L'Amérique!

8 étoiles

Critique de Anna Rose (, Inscrite le 3 octobre 2006, 45 ans) - 6 mars 2015

Un sujet passionnant: l'arrivée des émigrants pendant la première moitié du 20ème siècle à Ellis Island.
L'écriture nous transmet l'angoisse, la peur mais aussi l'espérance de ces passagers de troisième classe débarqués sur cette île, à quelques encablures de leur rêve.

Peut-être un bémol concernant le choix de raconter cette période à travers la vie personnelle du directeur. J'aurais aimé en savoir plus sur ces êtres en errance et un peu moins sur ce personnage que j'ai trouvé peu sympathique.

L'écriture est agréable, précise. Un bon moment.

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