Un long chemin de Herbjørg Wassmo

Un long chemin de Herbjørg Wassmo
( Veien å gå)

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par Jules, le 2 février 2001 (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 75 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 5 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (10 763ème position).
Visites : 2 966  (depuis Novembre 2007)

Un livre hors du commun

Je ne vais pas donner un bien grand résumé du sujet du livre, car le verso de couverture est des plus explicites sur le sujet.
Un couple accompagné de son enfant va devoir traverser à pieds et sans équipement spécial un énorme territoire entre la Norvège et la Suède. Cette dernière représente la survie et la liberté. Il fait moins 30° et ils n’ont devant eux qu’une gigantesque étendue de neige. C’est comparable au vide, au monde sans vie. Je ne pouvais pas m'imaginer qu'il était possible d'écrire autant et aussi bien sur un sujet aussi mince, un paysage aussi monotone. Mais quel effort de volonté !… Quelle lutte contre soi-même !…Quel instinct de survie !… Et enfin, quelle victoire !.Un livre ahurissant et beau à ne plus en pouvoir ! C'est fou ce que les êtres peuvent trouver comme force en eux.

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Une histoire de gens ordinaires

10 étoiles

Critique de Faby de Caparica (, Inscrite le 30 décembre 2017, 57 ans) - 29 novembre 2018

Bonjour les lecteurs ....

Voici un récit inspiré d'une histoire vraie .

Hiver 44/45... La Norvège est sous le joug des allemands.
Une famille survit tant bien que mal.
Lorsque la situation devient trop dangereuse, le père ancien passeur et résistant , décide de fuir avec sa femme et son fils de 5 ans.
Leur but: gagner la Suède, pays libre.
Ils s'embarquent sur des chemins de montagne par des températures de -30°c et avec un équipement plus que rudimentaire.
C'est le début d'une longue route parsemée d'embûches.

Ce livre raconte le destin tragique de cette famille ordinaire qui a fait tout ce qui était en son pouvoir pour gagner sa liberté.
Que de sacrifices et douleurs endurés durant ces semaines de marche et ces mois d'exil!
Que de volonté pour affronter les jours les uns après les autres !
Et surtout pas de regrets... c'était comme ça .. c'est ce qu'il fallait faire pour connaitre la liberté.

L'auteur a recueilli le témoignage de cette famille et le récit qu'elle en a fait est imprégné de retenue, de silence.
Cette famille ne sortira pas indemne de cette expérience.. il y aura toujours au fond de leurs mémoires un goût amer des épreuves endurées.

Ce témoignage est un hommage à toutes ces personnes anonymes qui subissent les horreurs des guerres, tous ces héros ordinaires qui resteront dans le silence de l'histoire.

Une lecture courte mais intense que je recommande VIVEMENT.

Quand il faut, il faut.

8 étoiles

Critique de Lutzie (Paris, Inscrite le 20 octobre 2008, 55 ans) - 17 janvier 2011

Cela peut paraître incroyable mais ils l'ont fait. On les accompagne dans des conditions extrêmes, des jours durant, avec de la neige molle où on s'enfonce, dans la nuit noire pour ne pas être vus, et bien sûr avec un froid polaire, sous ces latitudes. Pour tenir, de pauvres vêtements, quasiment pas de vivres. Et surtout de méchantes chaussures. Ils ont réussi, ils sont passés, ils ont échappé au massacre. Mais le prix à payer est terrible.

Oui, Débézed a raison, on a vite fait d'oublier que les héros d'un jour peuvent aussi rester handicapés toujours. Eux ne l'oublient pas, chaque nuit, chaque matin.

Un livre à l'écriture rude, mais un livre sur la deuxième guerre mondiale nécessaire, car vu sous l'angle scandinave.

Les naufragés des neiges

7 étoiles

Critique de Débézed (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 72 ans) - 17 août 2010

C’est une véritable odyssée, un chemin de croix, un calvaire que raconte Herbjörg Wassmo dans ce livre qui s’inspire d’un fait réel qui s’est passé dans le Nordland pendant l’hiver 1945. Un résistant norvégien, de l’ile de Logonden, à proximité des Lofoten, pressé par les Allemands, décide de fuir son pays par une journée sibérienne pour rejoindre, avec sa femme et son enfant de six ans, la Suède voisine. Il a déjà fait passé des soldats, des fuyards, des prisonniers en cavale, mais le froid est si intense que c’est une véritable aventure qui commence, la première partie d’un chemin de croix impitoyable vers une hypothétique liberté.

Quand la traversée de la montagne est achevée, il faut affronter les dégâts du voyage : les membres gelés puis l’installation dans un gîte de fortune, harcelés par la vermine, dans la crasse la plus immonde et avec une fièvre qui plonge dans le délire et fait oublier les corps qui se décomposent. Et, même si les sauveurs arrivent à temps, il faut parcourir de nouvelles étapes de ce chemin de croix : l’hospitalisation, l’amputation, la rééducation, le handicap, la différence, le regard des autres, … et enfin réapprendre la vie pour retourner dans le monde et essayer de vivre à nouveau, de gagner sa vie comme les autres car personne ne viendra à la rencontre de ces héros anonymes pour reconnaître leur courage et les féliciter pour le choix qu’ils ont fait quand l’ennemi était là.

C’est une histoire bien difficile à raconter et une fois de plus, l’auteur confie cette mission à un enfant, du moins jusqu’à ce que celui-ci s’égare dans le délire et le coma, car les adultes ne trouvent plus les mots qui permettent de raconter de telles épreuves et ils n’osent pas en employer d’autres qui pourraient évoquer leur culpabilité vis à vis de leur famille. Le père accepte mal d’avoir fait supporter les conséquences de ses choix à sa femme et son enfant. « Et maintenant, ceux qui lui sont chers sont là, en train de pourrir. Victimes de sa lutte à lui. Dans quel but ? Cela valait-il la peine ? Existe-t-il quelque chose au monde qui vaille un tel sacrifice ? » Et la mère pense qu’elle n’a pas été à la hauteur, « elle avait le sentiment que c’était de sa faute si l’enfant refusait de marcher, et s’ils étaient là, couchés et impuissants, à recevoir des soins et des aumônes. »

Avec ce roman, l’auteur veut nous parler de la résistance en Norvège mais surtout du choix individuel que certains ont fait au risque de payer un très lourd tribut à la liberté, à la justice, à la dignité ainsi qu’à toutes les autres valeurs auxquelles ils croyaient malgré la menace nazie. C’est aussi le problème des désormais célèbres « dégâts collatéraux » que toutes les guerres génèrent et qui émeuvent bien peu de monde. Ces individus anonymes victimes de combats qu’ils n’ont jamais décidés et qu’ils subissent, le plus souvent, dans la douleur la plus cruelle. Et, plus largement encore, il nous interpelle sur le handicap et le sort que nous réservons aux handicapés dans nos sociétés. Un livre, où le regard de l’enfant apporte beaucoup de candeur, de naïveté, de pudeur mais où Herbjörg Wassmo sombre un peu trop dans le mélodrame pathétique, ce qui enlève un peu de sa force et de sa crédibilité à cette histoire qui devrait cependant nous interpeller sur biens des questions qui n’ont pas été résolues. Un héros blessé ne restera pas éternellement un héros mais demeurera un handicapé jusqu’à la fin de ses jours.

Simple, dur et émouvant

8 étoiles

Critique de Manu55 (João Pessoa, Inscrit le 21 janvier 2004, 46 ans) - 13 février 2004

On est bien loin des grandes destinées de Dina ou des autres personnages qu'Herbjorg Wassmo dépeint habituellement dans ses romans. Le roman met en scène des hommes ordinaires confrontés à la guerre. Leur seul objectif, survivre.
Les personnages sont réels. L'histoire est vraie. L'histoire est dure.

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