La vérité à la lumière de l'aube
de Ernest Hemingway

critiqué par Jules, le 4 décembre 2003
(Bruxelles - 79 ans)


La note:  étoiles
Une erreur !
Ce livre est annoncé comme inédit, non corrigé par Hemingway et "mis en forme par son fils" qui n'est pas écrivain, que je sache... Bien sûr le nom de Hemingway fait vendre et... j'ai acheté ! Mal m'en a pris ! A peine quelques pages lues, je me suis retrouvé dans une histoire des plus embrouillée, avec des dialogues auxquels on ne comprend que peu et des phrases d'une longueur tout à fait inhabituelle pour Ernest ! Maisplus grave encore: ces dialogues n'ont vraiment rien de naturel ! Or, si Hemingway avait unepassion et une grande qualité, c'était d'écrire "vrai"
Il voulait même du plus vrai que le réel... On ne l'a pas gâté !...
Vraiment dommage, mais c'est un livre à refremer vite et, si je le garde dans ma bibliothèque c'est vraiment parce que je collectionne tout ce qui sort sur l'auteur !
Je n'aurais jamais pensé faire une telle critique à propos d'un livre qui porte son nom.
Plus vraiment du Hemingway 4 étoiles

"Mais il s'était avéré que les gens riches aimaient que cela coûte cher et revenaient encore et toujours, les prix ne cessaient de monter, et c'était un luxe que les autres ne pouvaient s'offrir, ce qui en augmentait l'attrait." (page 318 édition Folio)

Publié sous le titre "True at first light, Hemingway foreign rights trust", ce texte est un roman inachevé de Ernest Hemingway, écrit en pleine tourmente kényane alors que la population se révolte contre la couronne britannique, et mis en forme par Patrick Hemingway, le fils de l'auteur. Récit africain, hommage aux populations massaï et kamba, descriptions envoûtantes... autant d'ingrédients qui auraient pu donner un texte magnifique mais voilà, ce texte a été achevé par quelqu'un d'autre et ça se sent. Il n'y a pas l'homogénéité des romans d'Hemingway, sa plume se mêle à une autre, le déroulement du récit paraît par moments chaotique... Entreprise périlleuse que celle de Patrick Hemingway dont l'héritage est lourd à porter. Cela soulève la question de savoir que faire dans de tels cas: réécrire le roman pour l'achever ou bien se contenter de publier des notes d'écriture en courant le risque que ça ne ressemble pas à grand-chose?

Sahkti - Genève - 50 ans - 18 janvier 2007