Le rêve de Jean
de Philippe Maxellende

critiqué par Antihuman, le 28 décembre 2014
(Paris - 41 ans)


La note:  étoiles
Rêverie parisienne
Il y a des livres comme ça qui surprennent de prime abord, puis qui rentrent très vite fait dans la norme... C'est le cas du "rêve de Jean", une nouvelle qui ne fait que souffler dans la dinde (pour qu'elle soit encore un peu plus grosse sans doute) tout en la caressant dans le sens du poil. Un stratagème qui vaut bien d'autres best-sellers, certes, mais qui ne jouera jamais en faveur du degré d''originalité qu'on s'attend à trouver quand on découvre une histoire.

Pourtant le bouquin commencait bien par sa description précise et ironique du Paris au quotidien - par exemple en utilisant les mots termitière, hyménoptères - et aussi par ses moqueries gentilles sur les juifs: en effet le roman est en fait une histoire d'amour entre une juive plutôt "fille de" et un catholique d'âge mûr. Bon, pourquoi pas ? Une fois qu'on a passé les détails "bling-bling" qui ne servent pas à grand chose tout comme effectivement, ces 4X4 plutôt superflus en territoire urbain !

Mais ensuite l'auteur n'a de cesse de briquer, d'astiquer les cuivres qu'il s'agisse de Elizabeth ou de Jean, et d'en rajouter coté spiritualité... (Les chapitres de fin sont tous du même ordre, et ont place à Compostelle, en passant par la charmante station balnéaire de St-Jean-de-Luz ou l'amante y possède une maison.) J'ai cru lire finalement un Marc Lévy bonnasse, donnant sa bénédiction à à peu près tout le monde ! On préfèrera donc dans ce livre les passages aigues critiquant le communautarisme sans entraves (comme il est pratiqué dans les hautes-sphères...) que ceux du genre grenouille de bénitier.

Dommage pour l'écrivain Philippe Maxellende, qui à priori débute bien sa carrière, mais qui est de toute évidence départi d'un souffle prédateur sinon d'une vraie causticité. Esperons qu'il gagnera peut-être en maturité dans sa prochaine oeuvre, et sans trop donner de stigmates au lecteur.