Défendre Jacob
de William Landay

critiqué par Shan_Ze, le 31 octobre 2014
(Lyon - 36 ans)


La note:  étoiles
Être père ou être juge
Impressionnant comment William Landay arrive à mener ce livre tambours battants !
Dès les premières pages, j’ai été happée, pratiquement impossible de le reposer (uniquement parce qu’il le fallait !).
Jacob Barber, quatorze ans, fils du procureur du comté du Massachusetts, est accusé du meurtre de Ben Rifkin, un adolescent étant dans le même collège que lui. Andy Barber, père de Jacob, va tout faire pour prouver l’innocence de Jacob. Mais certains indices installent le doute…
Ce qui m’a interpellée déjà c’est l’absence de communication dans la famille Barber. Leur fils est accusé de meurtre et ni le père ni la mère ne demande à Jacob : est-il vraiment coupable ? est-ce que c’est vrai qu’il a été persécuté par la victime ?

Et qu’en est-il du « gène du meurtre » ? Peut-on vraiment « naître méchant » ? Oui pour Lionel Shriver qui explore la même piste dans Il faut qu’on parle de Kevin. Et même si j’ai beaucoup aimé ces deux livres, cette idée me met mal à l’aise.
Je regrette juste la situation chronologique de certaines scènes mais ça reste un thriller bien maîtrisé et passionnant. Mais attention il donne aussi quelques frissons…
Quand votre enfant devient une énigme. 8 étoiles

Quand des parents se rendent compte que leur enfant est une énigme ! Quand tout dérape jusqu'à la lie, alors on comprend ce qui lamina la famille Barber.
William Landay réussit un brillant roman qui tient le lecteur en haleine. Par moment on se croirait dans le jardin de Douglas Kennedy, avec ce climat lourd où les acteurs deviennent impuissants face aux rouages qui les broient.
Mais la structure du texte est originale, j'ai envie de dire "propre", astucieuse.
La fin, elle est un peu le clou du spectacle... vraiment bien tricotée. Le suspense coupe le souffle. Un livre intelligent qui pose de vraies questions.

Monocle - tournai - 59 ans - 16 août 2016


Une lecture intelligente 8 étoiles

« Défendre Jacob », plus qu’un simple polar est une plongée dans les affres du parent d’un enfant soupçonné de meurtre et jeté dans la fosse aux lions judiciaire. Une fosse aux lions américaine, donc pas vraiment conforme à ce qui se déroulerait en France. Et un parent pas tout à fait lambda puisque Andrew Barber est procureur-adjoint de l’Etat du Massachusetts. Des conditions particulières, on en conviendra, mais qui grossissent le trait concernant cette problématique du parent d’enfant passant en justice.
Ben Rifkin, un jeune adolescent de 14 ans est retrouvé poignardé à mort dans un parc de la ville de Newton. Newton, petite ville paisible où le crime n’est pas fréquent et le meurtre d’un adolescent encore moins. Le dossier arrive naturellement entre les mains d’Andrew Barber, procureur-adjoint, mais rapidement son second, Neal Logiudice, particulièrement ambitieux et sans trop de scrupules, remet le fait en question, arguant que Jacob, le fils d’Andrew, est dans le même Collège que la victime, le même collège voire la même classe. Andrew Barber est décontenancé par cette démarche mais conserve le dossier … peu de temps puisque rapidement un coup de tonnerre éclate, Jacob figure au premier rang des suspects potentiels !
Le suspect d’Andrew est un dénommé Patz, un pédophile résidant à proximité, mais Neal Logiudice reprenant le dossier des mains d’Andrew laisse tomber cette piste pour se consacrer intégralement à l’hypothèse Jacob.
L’intérêt du polar n’est pas tant dans la recherche de la vérité - qu’on ne connaîtra pas réellement in fine - que dans les cheminements psychologiques d’Andrew, de Laurie sa femme et mère de Jacob et de Jacob donc. C’est très finement analysé et tout le conflit d’intérêt procureur/père, toute la partialité du parent cherchant quoiqu’il en soit à refuser la culpabilité de son enfant, sont parfaitement mis en valeur.
C’est effectivement très intelligent et ce roman dépasse largement le cadre du polar.

Tistou - - 63 ans - 5 octobre 2015


La famille avant tout 8 étoiles

Ce livre est construit à 2 niveaux d'enquête caractérisés par des typographies et des styles différents.

La force du roman est de nous donner à voir la dégradation sociale et professionnelle que subit une famille dont un des membres est accusé et la répercussion que cela a sur eux. Les profondeurs psychologiques des différents personnages sont montrées avec beaucoup d'empathie. Les ressorts sur lesquels ils s'appuient, leurs défenses intérieures et les interactions, aussi bien au sein de la famille où on voit les non-dits, les partis-pris et les aveuglements plus ou moins volontaires, qu'avec l'environnement, dévoilent les forces et faiblesses de chacun.

Un adolescent est tué à l'arme blanche sur le chemin du collège dans le quartier huppé d'une petite ville. Un camarade interpelle son ami sur Facebook car il lui a montré un couteau et que l'élève décédé les chahutait. Or cet ami n'est autre que le fils du procureur-adjoint qui suit l'affaire. C'est un de ses collègues aux dents longues qui reprend le dossier.

IF-0515-4334

Isad - Occitanie - 59 ans - 14 mai 2015


Chromosome meurtrier ? 6 étoiles

William Landay (1963- ) est un avocat et écrivain américain, auteur de roman policier.
En 2012 avec le thriller psychologique "Défendre Jacob", il rencontre un large succès international.

L'histoire est simple et terrible .
Andrew Barber, respectable père de famille, est le principal adjoint du procureur du comté de Newton (Banlieue de Boston).
Mais cette fois-ci, c'est lui qui doit passer de l'autre côté de la barre. Le voilà non plus procureur, mais témoin, devant un grand jury. Et pour cause, son propre fils, Jacob, est fortement soupçonné du meurtre d'un lycéen.

Une interrogation lancinante : Comment peut-on imaginer 1 seconde que son propre enfant soit coupable d'un crime ?
L'être que l'on pense connaitre le mieux, la chair de sa chair...

J'ai aimé la lecture de ce long polar documenté, fluide, prenant.
Néanmoins, il manque quelque chose. Le suspense n'est pas si haletant et le doute est toujours présent à la fin.
Un bon moment de lecture cependant qui nous fait nous interroger sur la complexité de l'être humain.

Frunny - PARIS - 54 ans - 10 avril 2015


Scénario de film US sur la justice US 3 étoiles

Sur le fond : Synopsis intéressant. La cruauté intrinsèque d'un enfant ; la criminalité infantile ; la défense jusqu'au-boutiste des parents pour leur enfant. De bonnes idées pour faire un excellent livre.
Au final, le roman est juste acceptable
Les rouages de la justice américaine sont loin de ceux de la justice française, et j'ai eu du mal à suivre les différentes embrouilles procédurières qui auraient du mal à passer en France où quelqu'un est innocent jusqu'à ce qu'il soit reconnu coupable.
Il y a quelques approximations et incongruités, des longueurs parfois et des oublis aussi. Il faut attendre la page 187 pour que la psy (Dr. Voguel) demande aux parents s'ils sont convaincus de l'innocence de leur fils, après plusieurs séances d'analyse !
Sur la forme : De bonnes idées de construction, notamment le mélange des procès et les différentes rétro-narrations.
En revanche, la traduction française est minable : tous les "we" sont systématiquement traduits par "on" (je croyais que "we" = "nous" !) et toutes les formes de "to say" sont adaptées en "faire" ; moi je suis benêt, je pensais que "to say" c'était "dire" ... Le pseudo-traducteur est Philippe MOTHE, il comprend sans doute assez bien l'Américain, mais pour le Français, il repassera !

Homo.Libris - Paris - 53 ans - 31 mars 2015


Pères et fils 7 étoiles

Andrew Barber est premier procureur adjoint dans le district de Middlesex Quand on découvre le corps assassiné d'un collégien, il lui semble naturel de mener l'enquête. Mais c'était sans savoir que le principal suspect de ce crime allait être son propre fils Jacob.
"Qu'étais-je si je n'étais pas le père de Jacob ?"

Il va rapidement être destitué de l'enquête confiée à un jeune assistant aux dents longues à qui il a bien appris le métier, Neal Logiudice.

C'est donc principalement le récit de l'audience qui va nous permettre de découvrir l'évolution de l'enquête mais aussi la découverte et l'admiration d'un maître face à son ancien élève qu'il a formé, même si celui-ci est en train de détruire sa vie avec une sorte d'acharnement féroce (tuer le père); la découverte de la solitude quand on croyait avoir des amis, la découverte de la douleur d'une mère, la découverte de la troublante personnalité de son fils.
"A certains moments, on avait l'impression d'avoir à la maison, un étranger vaguement hostile. Comportement typiquement adolescent, diagnostiquait Laurie."

Tout cela est très intéressant mais... mais après la lecture du puissant "Il faut qu'on parle de Kevin", ce roman semble un peu fade, et surtout un peu lent. J'avoue avoir été tentée d'arrêter à la moitié car je ne suis pas une grande adepte des thrillers psychologiques dans lesquels je rangerai celui-ci. Malgré cela, l'auteur réussit à maintenir un suspense, à laisser en permanence suffisamment de zones d'incertitudes et d'interrogations pour que l'on aille jusqu'aux impressionnantes dernières pages de ce livre.

Marvic - Normandie - 61 ans - 22 mars 2015


Les apparences 9 étoiles

Ce thriller légal va plus loin que de présenter une série de scènes de cour. L’aspect le plus intéressant pour moi fut sa manière de démontrer comment les choses tout-à-fait banales que l’on fait peuvent devenir des armes contre nous dans un procès où la perfection est attendue de tous.

Le suspense fonctionne puisque l’utilisation d’un narrateur concerné (le père de l’accusé) teinte forcément le point de vue sur le crime. Le lecteur est alors forcé d’utiliser son intelligence pour lire entre les lignes. De même, Landay fait preuve de beaucoup d’authenticité avec ses personnages. Les ados ne sont pas dépeints comme des chérubins innocents et les policiers des robots insensibles.

Pour une rare fois, la chute finale est satisfaisante et fort à propos pour conclure ce thriller nuancé.

Aaro-Benjamin G. - Montréal - 50 ans - 15 mars 2015