Nouvelles orientales de Marguerite Yourcenar

Nouvelles orientales de Marguerite Yourcenar

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Littérature => Nouvelles

Critiqué par Jules, le 5 novembre 2003 (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 73 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 9 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (2 991ème position).
Visites : 6 927  (depuis Novembre 2007)

Contes d'ailleurs et d'un autre temps

Ce petit volume paru chez Gallimard dans la collection « L’Imaginaire » contient dix nouvelles qui ont été publiées pour la première fois en 1938. Dans sa postface Marguerite Yourcenar nous dit en avoir légèrement modifié certaines plus tard.
L'auteur rassemble sous ce titre des nouvelles d’inspiration chinoise, indienne, balkanique, grecque et, étrangement, une qui se passe à Amsterdam.
Pour celles d’inspiration balkanique elle écrit : « Déjà, les formes humbles et ramassées des maisons, la franchise salubre du paysage étaient slaves, mais la sourde violence des couleurs, la fierté nue du ciel faisaient encore songer à l'Orient et à l'Islam. »
Comment le vieux peintre Wang – Fô va-t-il se sauver de la condamnation à mort qu'a prononcé contre lui un obscur petit tyran du fin fond de la Chine ?
Quelle sera la femme qui devra être emmurée vive dans une nouvelle construction réalisée par les habitants d'un petit village des Balkans ? Seule cette coutume semble garantir la solidité de l'édifice commun…
Qu’est-il arrivé à la déesse Kâli décapitée suite à une colère des dieux ? Son superbe visage ne cesse de pleurer alors que son corps se prostitue dans les bouges les plus infects.
Et le grand prince Genghi, qui fut d’une beauté renommée et toujours entouré de très belles femmes, qui va se retirer dans un endroit perdu avant que de ne plus être ce qu'il était et se dit : « Dans un univers où tout passe comme un songe, on s'en voudrait de durer toujours. Je ne me plains pas que les choses, les êtres, les cÏurs soient périssables, puisqu’une part de leur beauté est faite de ce malheur. »
La jeune Aphrodissia, veuve du vieux pope, a vu son mari tué par son amant, le brigand Kostis, six ans plus tôt. Et voilà que les paysans du village organisent une expédition dans les montagnes pour tuer Kostis. Ils reviennent avec son cadavre, sanglant, déposé sur le dos d'un mulet, lui coupent la tête et la plantent sur une pique. Ils croient qu’elle pleure parce que justice est faite… Va-t-elle laisser ce corps sans sépulture ?.
Je ne peux pas vous parler ici des dix nouvelles, mais elles sont vraiment plus belles les unes que les autres et, quand on y ajoute la splendeur du style de Marguerite Yourcenar, la délectation est totale.

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Nous emmène loin... très loin...

8 étoiles

Critique de Law (Marseille, Inscrite le 17 janvier 2009, 24 ans) - 30 mai 2009

J'ai vraiment adoré la plupart de ces nouvelles, avec tout de même une préférence pour Comment Wang-Fô fut sauvé et Le Lait de la mort qui est, à mon avis, la meilleure de toutes.
C'est vrai que la mort y est omniprésente, mais elle y est présentée d'une façon légère et est toujours accompagnée d'une touche d'espoir (Wang-Fô qui revit à travers ses tableaux, en sauvant Ling) et d'un message final qui ammène à la réflexion ("il y a mères et mères").
Un vrai régal!

Neuf nouvelles

8 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 61 ans) - 5 décembre 2007

Neuf nouvelles dans mon exemplaire et non dix comme parfois signalé. Neuf nouvelles qualifiées « d’orientales ». Orientales ? Orientales au sens non-occidentales. L’Orient commençant très tôt en l’occurrence : les Balkans (Montenegro, Serbie, Grèce) et finissant jusqu’en Inde, Chine …
C’est dire qu’il y a peu d’unité entre ces nouvelles, d’unité culturelle, ou socio-culturelle. Enfin, peu d’unité … ce serait faire fi de ce qu’une seule et même auteur les a conçus, écrits. Et de la conception que cette auteur a de la psychologie et de l’âme humaine.
Marguerite Yourcenar s’est-elle tournée vers l’Orient pour s’éloigner du matérialisme qui imprègne certainement déja à l’époque (première fois publié en 1938) l’Occident ? Pour laisser libre cours aux rêves, à l’idéalisme, aux mystères de l’Orient ? Beaucoup de ces nouvelles flirtent avec le surnaturel, avec la matière brute des contes, contes mystiques ou surnaturels.
Marguerite Yourcenar reconnait avoir été inspirées de fables ou légendes authentiques, librement retranscrites et développées par elle-même :

« Comment Wang-Fô fut sauvé s’inspire d’un apologue taoïste de la vieille Chine ; Le sourire de Marko et Le lait de la mort proviennent de ballades balkaniques du Moyen Age ; Kâli décapitée dérive d’un inépuisable mythe hindou … »

Est-ce pour cela que j’ai eu une irrésistible impression de déja-entendu, déja-vu. C’est notamment le cas de « Le lait de la mort », terrible histoire d’amour maternel et de bêtise humaine ? Où est-ce que Marguerite Yourcenar s’approprie tellement bien ces mythes qu’ils deviennent définitifs une fois revisités par elle ? Ou encore que l’histoire est tellement forte que sa trame déja évoquée ou lue il y a longtemps se réimprime dans la mémoire dès les premières lignes lues, comme un parfum particulièrement entêtant peut vous remémorer des situations passées, enfouies dans la mémoire, dès les premières fragrances ?
Quoiqu’il en soit, ces nouvelles de Marguerite Yourcenar dégagent une impression de solidité, d’incontournabilité. On les imagine difficilement traitées autrement. Du Yourcenar, quoi !

pas du tout d'accord

4 étoiles

Critique de Charlenn13 (, Inscrite le 29 octobre 2005, 27 ans) - 5 novembre 2005

ce livre m'a pas du tout plu.
je l'ai lu pour l'école en seconde et il m'a beaucoup déçue.
c'est un livre triste où il y a que des morts, c'est assez bizarre.
néanmoins il nous donne une idée de l'orient, de leur croyance , de leurs traditions, de leur passé et de la pauvreté de ce pays.
ce sont plein de news, de mythes remplis de passion, d'amour mais qui se terminent toujours mal.
cela ne me donne pas du tout envie d'aller dans l'orient...
la seul chose que j'ai bien aimé c'est que les histoires sont courtes.

Parfums et douleurs de l'Orient

8 étoiles

Critique de Nothingman (Marche-en- Famenne, Inscrit le 21 août 2002, 37 ans) - 26 janvier 2005

Marguerite Yourcenar reprend et adapte dans ce recueil quelques contes et légendes venus des régions orientales. Comme toujours dans pareil exercice de style, on ne peut s'empêcher de trouver l'ensemble inégal malgré le charme certain qui s'en dégage. Des préférences s'opèrent toujours inévitablement. Personnellement, jai été touché par l'entrée en matière "Comment Wang-Fô fut sauvé". L'histoire d'un peintre "qui aimait l'image des choses et non les choses elles-mêmes". Il sera condamné par un empereur qui ne peut pas supporter le décalage entre la beauté du monde reproduit par le maître et l'horrible réalité du monde réel.
Autre coup de cœur avec "Le lait de la mort" qui raconte la légende cruelle d'une femme emmurée vivante dans une tour afin de garantir le soutien de l'édifice.
Dix contes aux charmes différents dont se dégage toujours une certaine douleur et où plane souvent l'ombre de la mort.

oeuvre mineure mais délicieuse

8 étoiles

Critique de Echemane (Marseille, Inscrit le 12 juillet 2002, 38 ans) - 5 février 2004

D'accord avec Jules pour ne pas mettre 5 étoiles à ce recueil pourtant remarquable. En effet seuls mémoires d'Hadrien, l'oeuvre au Noir ou la trilogie autobiographique de Yourcenar (le labyrinthe du monde) sont réellement représentatifs de ce que peut faire cet écrivain littéralement monumental (10 étoiles pour chacun!). Peut-être aussi "le coup de grâce" (mettons 6 étoiles). Par contre, Anna Soror et Alexis sont des livres de jeunesse qui ne m'ont pas plus marqué que cela.
Pour revenir à ces "nouvelles" elles valent le détour pour le mélange d'humour, d'ironie et de noirceur qui respectent probablement l'esprit originel des fables et légendes dont s'inspire l'auteure. Un peu de culture dans un monde de brutes...

Au parfum de fables et légendes

8 étoiles

Critique de Tophiv (Reignier (Fr), Inscrit le 13 juillet 2001, 42 ans) - 8 décembre 2003

Grâce à la convaincante critique de Jules (Merci Jules !) , je me suis dirigé vers la lecture de mon 1er Yourcenar ! Et j'ai rapidement été conquis par ces nouvelles qui relévent plus du conte ou de la fable. Avec une préférence pour le 1er récit "Comment Wang-Fô fut sauvé", inspiré d'une légende chinoise.

Publié en 1938 (à part une nouvelle en 1978), ce recueil possède le charme des anciens écrits où érotisme, exotisme, religieux, lyrisme et morale s'entre-mèlent naturellement.

Justification de mes quatre étoiles

8 étoiles

Critique de Jules (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 73 ans) - 6 novembre 2003

Il est possible, comme l'a fait Killeur extrême, que ce recueil de nouvelles, dans son genre, mérite cinq étoiles. Quant à moi, j'ai choisi mes étoiles sur une autre base et j'ai peut-être tort. J'ai jugé par rapport à l'ensemble de l'oeuvre de Yourcenar et non pas sur ces nouvelles uniquement et là est peut-être mon erreur. Mais si je donnais cinq étoiles à "Nouvelles Orientales" combien devrais-je en donner à "Mémoires d'Hadrien", à "L'oeuvre au noir", à "Anna Soror" et à "Alexis ou le traité du vain combat" par exemple ? Sept ou huit ?... De toute façon mettre ces étoiles est toujours un exercice subjectif et difficile. Mais je comprends qu'on nous les demande.

le premier livre, lu à l'école, qui m'aie vraiment plu

10 étoiles

Critique de Killeur.extreme (Genève, Inscrit le 17 février 2003, 35 ans) - 6 novembre 2003

Ces nouvelles sont bien d'un autre temps, des contes, des légendes orientales, c'est un moyen de s'évader, de se laisser bercer par ces nouvelles et on les lit sans déplaisir. GENIALES il n'y a pas d'autre mot.

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