Gainsbourg sans filtre
de Marie-Dominique Lelièvre

critiqué par Lectio, le 19 août 2014
( - 68 ans)


La note:  étoiles
vieille canaille !
Encore un livre sur Gainsbourg. C'est celui d'une journaliste (libération et Marianne). Les admirateurs du compositeur-interprète seront, une fois de plus, scandalisés et déçus. La journaliste emprunte, elle le revendique, largement à l'ouvrage de Gilles Verlant qui est loin d'être hagiographique. Pour son travail, l'auteur a exploré la rue de Verneuil, rencontré les amis de Serge, consulté sa bibliothèque et les archives familiales, disséqué son oeuvre. Une investigation de trois ans. Qui était derrière le rideau de fumée ? Il n'y a rien à raconter, l'auteure nous avertit d'emblée. Mais si, quand même, il y a matière à narrer, pour mieux comprendre Lucien Ginszburg fils d'un pianiste de bar. Une enfance pas si facile que ça, né après un frère mort à 16 mois. Il faut fouiller et démêler cette vie, car Gainsbourg rédige ses biographies. Peut on penser que ce provocateur de talent est un homme timide, timoré, introverti depuis son plus jeune age ? Il suivra les traces de papa, dix ans de piano bar. Son génie s'est surtout de s'approprier, voire d'anticiper les tendances musicales. Pour le reste Serge Gainsbourg est un personnage de pure composition et Gainsbourg avale Ginszburg. Triste fin de carrière. Il ne reste que ses succès, finalement courte période de sa vie, que nous serinent encore les radios.. pas les meilleurs parait-il. A chacun d'en juger. Néanmoins ne considérons pas ce livre comme témoin à charge. Il essaie de découvrir avec le plus de recul possible pour mieux comprendre celui que finalement on adore ou on déteste. N'empêche, tu nous a bien enfumé, vieux chameau !