L'enfer
de Henri Barbusse

critiqué par Nathafi, le 13 juillet 2014
(SAINT-SOUPLET - 53 ans)


La note:  étoiles
Zoom sur la nature humaine
Un jeune homme trouve une place de banquier à Paris, et s'installe dans une pension de famille. Sa chambre est dotée d'une petite ouverture donnant sur celle d'à-côté. Intrigué d'abord, animé d'une curiosité malsaine ensuite, il va regarder, observer, vivre au gré de cette chambre voisine et de ses occupants. Tour à tour, il y découvre la nature humaine, sous ses bons et moins bons jours. Histoire d'amour naissant, adultère, fin d'amour, maladie, mort, toutes les situations sont passées au crible par cet observateur. Mal lui en prend, il ne peut plus se passer de découvrir ce qui arrive à côté, se questionne sans arrêt sur lui-même, devient fou...

Pour son premier roman, Henri Barbusse offre ici une belle écriture pour une démarche surprenante. Bien que frisant l'érotisme selon les occupants, aucune vulgarité n'est à déplorer, certaines scènes sont dépeintes comme de vrais tableaux. "L'enfer", c'est ce que vit ce voyeur, assurément, quelle idée d'aller voir ailleurs ce qu'il s'y passe, d'entrer dans l'intimité des gens, d'analyser leurs pensées, de juger de leurs actes... Une lecture assez oppressante tout de même, on ressent un certain malaise, celui du voyeur, peut-être, le lecteur ayant l'impression d'être, lui aussi, devenu ce voyeur indécent.