L'homme qui plantait des arbres de Jean Giono

L'homme qui plantait des arbres de Jean Giono

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Béatrice, le 20 septembre 2003 (Paris, Inscrite le 7 décembre 2002, - ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 11 avis)
Cote pondérée : 8 étoiles (385ème position).
Discussion(s) : 1 (Voir »)
Visites : 6 467  (depuis Novembre 2007)

« Une certaine raison de vivre »

Fable morale ? Conte écologiste ? L'auteur ne s'est pas inspiré d’un fait réel. Une narration brève, sans artifices. Elle parle d’un homme qui plantait des arbres : des chênes, des hêtres, des bouleaux. Les arbres sont devenus une forêt. La forêt a amené la pluie... Ca se passe sur les hauteurs désertes des Basses Alpes où la montagne pénètre en Provence. Avant, il n’y poussait que des lavandes sauvages.
Tullio Pericoli est un dessinateur touché de grâce. Ses dessins rehaussent miraculeusement le récit et me font rêver d'un monde meilleur.
Un bouquin à savourer ou à offrir ; à offrir éventuellement à un écologiste ou à un garde forestier ;-)

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Les éditions

  • L'homme qui plantait des arbres [Texte imprimé] Jean Giono esquisses de Tullio Pericoli
    de Giono, Jean Pericoli, Tullio (Illustrateur)
    Denoël
    ISBN : 9782207247679 ; EUR 14,94 ; 17/03/1999 ; Non paginé [26] p.-[29] p p. ; Relié
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Le silence des arbres !

10 étoiles

Critique de Frunny (PARIS, Inscrit le 28 décembre 2009, 52 ans) - 11 novembre 2017

Jean Giono (1895-1970) est un écrivain français. Un grand nombre de ses ouvrages ont pour cadre le monde paysan provençal. Son œuvre romanesque dépeint la condition de l'homme dans le monde, face aux questions morales et métaphysiques et possède une portée universelle.
L'Homme qui plantait des arbres parait en 1953.

Elzéard Bouffier est un berger taiseux, solide et ordonné. Un paysan sans culture qui habite un village de squelettes abandonnés.
Il évolue dans un désert de lavandes sauvages, terne et sans abris. Les hauteurs arides des Basses-Alpes aux alentours du hameau de Vergons.
Elzéard est convaincu que les petits rus forgent les grandes rivières alors -jour après jour - faisant fi des difficultés climatiques, il plante des glands et autres essences en espérant qu'une infime partie créeront des arbres, des forêts...... métamorphoseront les hommes .
Les 2 Grandes Guerres passent, détruisant au passage un pan de l'Humanité .
Elzéard est toujours là et ne change rien à ses plans.
Il ressuscite une Nature oubliée, pillée.
Il sème des glands et récolte le Bonheur.
Une contemplation muette, un acharnement dans la générosité pour faire renaître l'Espoir.

J'ai adoré ce très court récit (une soixantaine de pages), découvert en livre audio.
Une oeuvre aux multiples niveaux de lecture.
Une ode aux arbres, à la Nature, à la vie.
Giono est un maître.

Un petit récit efficace

8 étoiles

Critique de Flo29 (, Inscrite le 7 octobre 2009, 45 ans) - 30 mai 2017

Par hasard, je suis tombée sur ce petit récit qui m'a beaucoup plu. L'écriture est simple, poétique et agréable à lire. Le sujet est d'actualité et le texte nous fait réfléchir sur la beauté de la nature. Je n'avais jamais lu du Jean Giono, je suis contente d'avoir commencé par cet écrit-là.

Une splendeur de lecture

9 étoiles

Critique de Catinus (Liège, Inscrit le 28 février 2003, 66 ans) - 25 février 2017

Lors d’une promenade en Haute-Provence, Jean Giono rencontre un berger, Elzéard Bouffier, 55ans, qui plante des milliers de glands sur cette terre aride et désolée. Au cours des années, ces fruits plantés sont devenus de grands chênes, une forêt.
Une splendeur de lecture ! Et un bel exemple d’écologie avant la lettre !

Vous pouvez lire ce texte en pdf, ici :
http://permaculteur.free.fr/ressources/…



Extraits :

- Les plus solides qualités craquent sous cette perpétuelle douche écossaise. Les femmes mijotent des rancoeurs. Il y a concurrence sur tout, aussi bien dans la vente du charbon que pour le banc à l’église, pour les vertus qui se combattent entre elles, pour les vices qui se combattent entre eux et pour la mêlée générale des vices et des vertus, sans repos. Par là-dessus, le vent également sans repos irrite les nerfs. Il y a des épidémies de suicides et de nombreux cas de folies, presque toujours meurtrières.

- Depuis trois ans il plantait des arbres dans cette solitude. Il en avait planté cent mille. Sur les cent mille, vingt mille étaient sortis. Sur les vingt mille, il comptait encore en perdre la moitié, du fait des rongeurs ou de tout ce qu’il y a de possible à prévoir dans les desseins de la Providence. Restaient dix mille chênes qui allaient pousser dans cet endroit où il n’y avait rien auparavant.

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Une petite anecdote à propos de ce livre. Je regardais ce jeudi un débat politique dont la vedette était Jean-Luc Mélenchon. Un invité surprise parla de cette nouvelle de Giono. Mélanchon répondit : « Beau texte, en effet, et je le connais. Cependant, ce berger a planté tous ces arbres durant les deux guerres, celle de 14 et celle de 40. .Or j’estime qu’il y a autre chose à faire que de planter des arbres quand les Allemands occupent le pays. Il convient de prendre les armes et de tuer l’ennemi. »
Voici un raisonnement assez odieux et imbécile, monsieur Mélenchon. ( et comme dirait Georges Brassens : « Sauf le respect que je vous dois … »).

Planter des arbres

10 étoiles

Critique de Windigo (Amos, Inscrit le 11 octobre 2012, 35 ans) - 10 décembre 2012

J'ai lu ce livre, il y a quelques années, et de ce que je me souviens, il s'agit d'une histoire merveilleuse. Un vieillard plantait une forêt pour le bien de l'humanité. Certains voient là un fable, d'autres y voient un conte, moi je vois ça plus comme une bande dessinée, puisque ce livre est illustré, avec une légende intégrée d'une telle intensité, qu'il est impossible de ne pas savourer les merveilles de la nature sans réfléchir à cet admirable planteur des bois. Lorsque je repense à ce livre, cela me rappelle des souvenirs de mon grand-père maternel qui avait planté une petite forêt sur ses terres, tout ça avec une simple pelle ronde. Et lorsque mon grand-père m'emmenait là l'hiver pour poser ses collets à lièvres, cette forêt qu'il avait planté était d'une telle beauté... Des sapins et des épinettes couvertes d'une épaisse neige blanche, il y avait quelque chose de pur qui ressortait, un peu comme dans un conte de fée. Pour en revenir au livre, il y a également un petit quelque chose de féerique.

Beau

10 étoiles

Critique de Clacla44 (, Inscrite le 4 mars 2011, 29 ans) - 12 octobre 2012

Ce court récit est un petit bijou; un doux moment de poésie. Le bonheur est à portée de main, si simple.. Il y a sûrement plusieurs interprétations à ce récit, je me garde bien de vous donner la mienne, à vous de découvrir la vôtre.

La Nature au pouvoir

7 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 61 ans) - 16 février 2012

« Le pays n’avait pas changé. Toutefois, au-delà du village mort, j’aperçus dans le lointain une sorte de brouillard gris qui recouvrait les hauteurs comme un tapis. Depuis la veille, je m’étais mis à penser à ce berger planteur d’arbres. «Dix mille chênes, me disais-je, occupent vraiment un très large espace. » [...]
Les chênes de 1910 avaient alors dix ans et étaient plus hauts que moi et que lui. Le spectacle était impressionnant. J’étais littéralement privé de paroles et, comme lui ne parlait pas, nous passâmes tout le jour en silence à nous promener dans sa forêt. Elle avait, en trois tronçons, onze kilomètres dans sa plus grande largeur. Quand on se souvenait que tout était sorti des mains et de l’âme de cet homme, sans moyens techniques, on comprenait que les hommes pourraient être aussi efficaces que Dieu dans d’autres domaines que la destruction. Il avait suivi son idée, et les hêtres qui m’arrivaient aux épaules, répandus à perte de vue en témoignaient. Les chênes étaient drus et avaient passé l’âge où ils étaient à la merci des rongeurs ; quant aux desseins de la Providence elle-même pour détruire l’oeuvre créée, il lui faudrait avoir désormais recours aux cyclones. Il me montra d’admirables bosquets de bouleaux qui dataient de cinq ans, c’est-à-dire de 1915, de l’époque où je combattais à Verdun. »

Etrange chose que cet « Homme qui plantait des arbres ». Conte écologiste avant l’heure ? Hymne humaniste ? « L’homme qui plantait des arbres » après « Fragments d’un paradis » brouille l’image stéréotypée qu’on peut avoir de Jean Giono. Ecrivain de et sur la Provence, les Alpes de Provence ? Pas si sûr, pas si simple même si ici nous nous situons dans ce contexte géographique des Alpes de Provence.
D’histoire, il n’y a pas. Ou peu. Elzéard Bouffier ( ??) vit seul, croit aux vertus de l’effort et au moteur de la détermination. Sa détermination à lui, c’est de boiser une région des Basses Alpes désertique et désolée. Lui seul croit en le pouvoir d’un homme déterminé à mener à bien cette tâche et Jean Giono nous raconte ce destin – qui n’est absolument pas une histoire vraie. Chênes, hêtres, bouleaux vont être plantés en quantité invraisemblable de ses mains. La forêt va pousser et avec elle, évidemment, tout ce qu’une nouvelle richesse peut engendrer de comportements chez les hommes. Mais ce n’est pas ça manifestement le propos de Giono. Non, son propos c’est l’œuvre d’un homme seul et déterminé, ce que ses efforts peuvent générer.
Peut-être une leçon de vie ?

L'amour du bruit des feuilles...

8 étoiles

Critique de Bluewitch (Quelque part sous les étoiles, entre Bruxelles et Charleroi, Inscrite le 20 février 2001, 38 ans) - 31 décembre 2010

Jean Giono, c’est une écriture qui sent bon les craquements de feuilles et les vieux pulls en laine, ce sont les peaux tannées, les gens vrais, dans tout ce qu’ils ont de beau et de rude, de laid et de tendre. Ce sont les contrastes mis en forme avec une douceur, un charme extrême. Dans la lumière comme dans l’obscurité.

Avec "L’homme qui aimait les arbres", nous sommes peut-être moins dans un récit de contrastes mais bien dans une réelle ode au respect de la nature, à la patience, à l’obstination saine et à l’authenticité. L’histoire d’un seul homme dont l’impact sur le monde, dans toute sa modestie, grandit dans une beauté magistrale.

Elzéard Bouffier, c’est lui, l’homme qui plante des arbres. Et qui recrée un monde, autour de sa solitude.

Une très jolie et paisible nouvelle, pleine d’optimisme.

un livre à relire, à offrir et à faire connaître

9 étoiles

Critique de Amel (, Inscrite le 5 novembre 2010, 26 ans) - 6 novembre 2010

L'histoire est toute simple: un homme seul et taiseux plante des arbres dans une région déserte. Une cinquantaine de pages qui se lisent en une heure. Et très vite, vous vous rendez compte que l'auteur vous emmène derrière un homme peu ordinaire qui vit loin des désordres de notre monde en redonnant la vie autour de lui. Un très bon livre à relire souvent pour retrouver un peu de sagesse entre l'avidité sans bornes et l'abandon total qui nous affligent.

Emouvant

9 étoiles

Critique de Fabrice (, Inscrit le 22 novembre 2009, 32 ans) - 22 novembre 2009

Conte philosophique et fable écolo qui invite à la sobriété et à la contemplation aux côtés d'un paysan taiseux mais déterminé ne peut laisser indifférent. Malheureusement, l'oeuvre bien connue au Québec est peu diffusée en France. A mettre entre toutes les mains !
"Quand je réfléchis qu'un homme seul a suffi pour faire surgir du désert ce pays de Canaan, je trouve que malgré tout la condition humaine est admirable. Mais quand je fais le compte de tout ce qu'il a fallu d'acharnement dans la générosité et de constance dans la grandeur d'âme pour obtenir un tel résultat, je suis pris d'un immense respect pour ce vieux paysan sans culture qui a su mener à bien une oeuvre digne de Dieu"

Giono, un écrivain écologiste avant l'heure

9 étoiles

Critique de Klein (, Inscrit le 16 octobre 2004, 53 ans) - 31 mars 2007

Ce livre m'a beaucoup marqué. Dans ces description des forêts, de la nature, de la Provence qu'il aimait. Giono parcourait ces collines inlassablement. Ce livre est une leçon pour nous tous : qu'est-ce qui est le plus important ? Le progrès ou l'Homme ? Une leçon également sur l'abnégation : un homme seul a le pouvoir de réussir quelque chose, aussi grande soit-elle. Même s'il n'a aucun besoin d'être reconnu pour cela. Dans ce livre, on peut remarquer que Giono aime cet homme, mais qu'il y en a d'autres qu'il n'aime absolument pas : tous ceux qui ne prennent pas le temps de s'arrêter pour contempler, mais surtout tous les hommes responsables du malheur des autres (ici, c'est la première guerre mondiale).
Enfin, il existe un film d'animation (dessin animé) : "L'HOMME QUI PLANTAIT DES ARBRES (1987)". un film de Frédéric BACK (Canada) avec pour narrateur : Philippe NOIRET. Un bijou ! A voir et à écouter dans le plus grand calme, pour le plaisir de la narration de Philippe Noiret.

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  Giono à écouter (et un petit coup de gueule) 3 Bluewitch 31 décembre 2010 @ 11:02

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