Le Vampire de Curitiba de Dalton Trevisan

Le Vampire de Curitiba de Dalton Trevisan

Catégorie(s) : Littérature => Sud-américaine

Critiqué par Débézed, le 29 mai 2014 (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 70 ans)
La note : 8 étoiles
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Désespoir absolu

Publié en 1998, ce recueil de vingt-sept courtes nouvelles tirées de plusieurs recueils précédents, met en scène la population la plus démunie du Brésil, celle qui souffre au quotidien, et peut-être celle qui embrase aujourd’hui le Brésil face à l’arrogance du dieu Ballon. Dalton Trevisan raconte des tranches de vie très courtes, noires, violentes, sordides, érotiques mais toujours avec un grand souci de respecter une rédaction très littéraire, le traducteur a fait un excellent travail, la version française est particulièrement bien écrite.

A travers ce recueil, l’auteur dépeint les malheurs de l’existence depuis l’enfance dans un orphelinat sordide, jusqu’à la fin de vie dans un mouroir encore plus infect. Il n’y a jamais le moindre espace de bonheur dans les vies qu’il dépeint, le désespoir est absolu et définitif, un désespoir qui rend chacun égoïste, peu soucieux du sort de l’autre. Cette société ne génère que des mauvais pères et des mauvaises mères, des mauvais maris et des mauvaises épouses, des mauvais fils et des mauvaises filles.

De nombreux textes sont consacrés à l’éveil et l’accomplissement sexuels qui préoccupent beaucoup les personnages mais qui, chaque fois, les déçoivent, même le sexe est désespérant dans ses tranches de vie, toutes les expériences sont sordides et lamentables. Les fantasmes, les désirs, les envies, les liaisons fugaces, les aventures occasionnelles se soldent toujours par un fiasco lamentable : « Le dernier des noctambules en goguette dans les bras de la dernière putain en rade ». On dirait que l’auteur essaie de nous convaincre que ses vies ne valent pas la peine d’être vécues « Œil à peine ouvert : caillot sanguinolent des rideaux attachés avec des pinces à linge. Elle est longue l’odyssée du noctambule à la recherche de sa maison perdue ».

Fatalité générationnelle, vie de malheur inéluctable : « Elle s’assied sur le lit et se met à pleurer. Tout à fait comme sa mère à lui faisait avec son père. Tout à fait comme sa mère à elle faisait avec son père ».

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