Apollinaire, le poète combattant
de Jean-Michel Lecat

critiqué par JulesRomans, le 10 mai 2014
(Nantes - 62 ans)


La note:  étoiles
La grippe espagnole (née plutôt aux USA qu'en Chine) frappe un Polonais sujet russe, né en Italie, ayant vécu une partie de sa jeunesse à Monaco et en Belgique mais venant d'être naturalisé français
"Apollinaire, le poète combattant" tient du roman historique, même si cette fiction prend passablement des allures de documentaire historique dans son récit. Nous commençons par assister à l’enterrement du poète ce 9 novembre, en compagnie de ses amis artistes à savoir André Salmon, Max Jacob, Pablo Picasso, le douanier Rousseau, Blaise Cendras, Fernand Léger, Max Jacob, André Salmon et André Rouveyre (qui, d’ailleurs préciserons-nous, a donné plusieurs dessins au journal illustré "La baïonnette" durant la Première Guerre mondiale).

Ces trois derniers se retrouvent à la terrasse du café La Rotonde et évoquent les parents ainsi que l’enfance de Guillaume Apollinaire. Pour le troisième chapitre, ils choisissent de se rendre au Bateau-Lavoir pour se recueillir dans des lieux où le poète avait séjourné ; un bon roman historique pour les jeunes "Elle posait pour Picasso" ces moments-là également. Le quatrième chapitre nous ramène au Salon des indépendants de 1909 et à l’affaire du vol de la Joconde où dans l’enquête Apollinaire est soupçonné pour vol de statuettes antiques. Les deux derniers chapitres sont consacrés aux années de guerre.

Les détails historiques sonnent très juste, ainsi fin 1918 les Français peuvent fumer des gauloises depuis huit ans. La partie documentaire est de plus de trente pages et elle est largement illustrée. Quatre pages concernent le marché de l’art à la fin de la Belle Époque. La galerie des portraits ne concerne que les artistes dont on ne donne jamais le lieu de naissance (alors qu’il serait motif à s’intéresser plus particulièrement à l’un d’eux pour un jeune lecteur habitant dans ou non loin de la ville citée), on aurait aimé avoir celui des femmes qui comptèrent dans la vie de Guillaume Apollinaire. La chronologie allant de 1900 à 1918 est très intéressante, dans la mesure où c’est l’univers social, artistique, de politique intérieure et extérieure de la France qui est dépeint.

D’Apollinaire, on signale la sortie de "Calligrammes" chez Larousse ainsi que celle d'"Il y a" avec Laurent Corvaisier pour l’illustration. "Apollinaire, le poète combattant" sera associé à cet ouvrage "1914, Guillaume Apollinaire s'en va-t-en guerre" d’Yves Pinguilly (sélection de poèmes en lien direct avec la Première Guerre mondiale et introduction sur les années de guerre du poète). Par ailleurs Gallimard jeunesse avait sorti "Guillaume Apollinaire: petit bestiaire" dans la collection "Enfance en poésie".

Voilà cinq ouvrages qui peuvent servir d’appui à une connaissance d’Apollinaire et de certaines de ses productions par des élèves de CM 2 et de sixième-cinquième afin d’associer le poète aux études en lien avec les célébrations du Bicentenaire de la Grande Guerre.