Imaginer la loi, le droit dans la littérature
de Collectif

critiqué par Veneziano, le 17 avril 2014
(Paris - 46 ans)


La note:  étoiles
La représentation d'un monde froid et contraignant
Plusieurs universitaires se penchent sur la représentation du droit dans la littérature, sur la manière dont il est imaginé ou perçu. Balzac, Shakespeare, l'implication des auteurs dans l’affaire Dreyfus, Sade, Gide, les feuilletons judiciaires américains, notamment, servent de cadre partiel à l'analyse. Chaque chapitre est thématique, et ressemble aux actes distanciés d'un colloque éditorial.
Il en ressort surtout les aspects négatives, les critiques, les aspects décriés du droit, le caractère implacable de sa nature générale et impersonnelle, le risque d'erreur judiciaire, les transgressions procédurales, les effets pervers des lois. Le droit est généralement perçu ou imaginé comme déconnecté de la pratique, ou utilisé à des fins indicibles.
Cette lecture s'avère décourageante et quelque peu déformée : si la justice manque cruellement de moyens, les mêmes en France depuis la Libération, si les tentatives de manipulations sont toujours possibles, si les réformes juridiques répondent souvent à des débats court-termistes, la littérature s'avère être un miroir déformant d'une réalité plus diffuse et complexe, moins propice à être romancée, qui ne se prête pas à faire l'objet d'un sujet d'imagination, mais seulement à la résolution d'un cas pratique, d'une consultation.
Comme le montrent certains auteurs, les deux disciplines ont des visées totalement différentes. Et, de leurs propos, il s'avère qu'elles se rencontreraient mal. C'est assez décevant en soi ; par ailleurs, l'analyse, qui demeure un peu partielle, reste trop éparse pour pouvoir en tirer des généralités. C'est dommage.