La guitare de Django
de Alfred, Fabrizio Silei

critiqué par JulesRomans, le 22 avril 2014
(Nantes - 59 ans)


La note:  étoiles
La guitare de Django est paumée dans le temps mais sait meubler un espace
Voici un album qui nous conte la vie de Django et si le livre est remarquable en bien des points, il l'est aussi pour la performance de ne jamais citer le nom de famille de Django Reinhardt et de jamais donner une date chiffrée en rapport avec son existence. Avec un personnage né en 1910 (en Belgique d'ailleurs) et mort en 1953, pour ne pas arriver à citer une seule fois les deux guerres mondiales il faut vraiment ne pas vouloir aider les jeunes lecteurs à situer à quelle époque vivait le personnage.

Certes on parle des Années folles (page 10) mais sans aucune explication du type "les années qui suivent la fin de la Première Guerre mondiale où on veut s'amuser", on se demande ce que cela peut dire au jeune lecteur. Entre les pages 33 et 34 Django Reinhardt a pris 20 ans sans aucune transition et on peut aisément croire avec l'illustration seule que l'on a affaire à un nouveau personnage. Pour la tournée aux USA on a encore un saut dans le temps qui passe inaperçu, or elle se produit en 1946.

Le mot "tzigane" comme le mot "manouche" sont employés chacun une fois et dans des contextes pas vraiment explicites :

« Nous restâmes seuls, mon manouche et moi » (page 27)

« Pauvre Django, un tzigane sans guitare, c'est comme une ville sans habitants » (page 22)

Par l'originalité du texte tient, cette fois-ci dans un aspect positif, par le fait que s'accumulent au fil des pages des onomatopées, censées rendre une atmosphère musicale.

L'illustration occupe généralement une page sur deux, mais parfois on a le texte et l'illustration sont sur la même page. Les couleurs donnent dans le kitch et porte tant l'atmosphère d'une époque de la vie du héros, que des notes de fantaisie et d'humour. Le graphisme est élégant et renvoie à de savants cadrages aidant à comprendre l'atmosphère dans laquelle vit Django Reinhardt. "La guitare de Django" a pour narrateur la guitare, ce qui est intéressant à faire remarquer au jeune lecteur.

Nul doute que cet album gagnerait à être connu de tous ceux qui enseignant aux enfants des gens du voyage dans les CASNAV. Avec peu de texte globalement par page et des illustrations parlantes auprès des élèves manouches, roms (ou sinté) et tziganes, il peut servir de livre de lecture pour quelques semaines.