Les enfants d'Izieu
de Rolande Causse

critiqué par JulesRomans, le 12 avril 2014
(Nantes - 62 ans)


La note:  étoiles
44 enfants juifs raflés en avril 1944 à Izieu sur l'initiative de Klaus Barbie
L’ouvrage "Les enfants d’Izieu" est composé de différentes parties et en conséquence on est agréablement surpris de la présence d’une table des matières, même s’il faut aller la chercher après la préface. Ce n’était pas le cas avec "Les enfants d’Izieu : au malheur de mes onze ans" du même auteur.

Entre ces deux ouvrages, il y a des parties communes, à savoir les poésies pages 9 à 43 qui ont été composées par Rolande Causse seule, pas uniquement sur la vie des enfants à Izieu mais aussi sur leur passage à Drancy et leur séjour à Auschwitz. Elles sont présentés en suivant la chronologie des évènements.

Suivent ensuite en inédit les trente-cinq pages du texte de l’opéra écrit toujours par la même écrivaine mais avec une musique (non donnée) de Nguyen-Thien-Dao.

Dans la partie documentaire on trouve deux ensembles totalement différents. Le premier est composé de textes élaborés en atelier d’écriture, sous la conduite de Rolande Causse, par des jeunes d’une école primaire à Montataire dans l’Oise (l’indication a disparu mais on la trouve dans "Les enfants d’Izieu : au malheur de mes onze ans") ainsi que du lycée Marseilleveyre et d’un lycée de Trappes (en banlieue parisienne). Des textes d’écoliers et lycéens n’ont pas été repris dans "Les enfants d’Izieu", alors qu’ils figuraient dans "Les enfants d’Izieu : au malheur de mes onze ans".

Les repères chronologiques ont été plus étoffés à la fois à l’intérieur et au deux bouts, puisque l’on démarre à 1919 (au lieu de 1933) et que l’on clôt en 2002 avec la libération de Maurice Papon (alors que l’on s’arrêtait en 1989 avec l’arrestation de Paul Touvier). La troisième partie de l’ensemble documentaire évoque la Maison d’Izieu, en tant que lieu de mémoire aménagé pour recevoir des visiteurs, ce qui n’était pas le cas en 1989 quand est sorti le livre "Les enfants d’Izieu : au malheur de mes onze ans".

On note que l’intéressante préface de huit pages de Sabine Zlatin a disparu, elle était illustrée de deux photographies de l’époque et son auteur était une adulte, une des rares à avoir survécu, responsable de la colonie d’Izieu. Elle a été remplacée par une page rédigée par un frère de deux enfants qui ont été raflés là. Dans le livre "L'institutrice d'Izieu" (sorti en 2014) ce n'est pas la vie de Sabine Zlatin qui est contée, mais celle de Gabrielle Perrier, institutrice remplaçante nommée (à la rentrée 1943) par l'inspecteur d'académie, sur proposition de l'inspecteur primaire pour faire classe aux enfants de la colonie.

L’on comprend que cet intéressant ouvrage, qui ouvre des pistes de création (par imitation) et d’interprétation (lecture des poésies ou mise en scène de la pièce), n’a sa place qu’auprès de jeunes qui ont vu un documentaire ou lu s’ils sont au collège "Le voyage sans retour des enfants d’Izieu" ou au lycée "La colonie des enfants d'Izieu 1943-1944" chez Libel (ouvrages présentés sur Critiques libres). Par ailleurs, on se reportera à notre critique de "Je m'appelle Isaac et j'ai été un enfant caché" d'Isaac Millman pour en savoir plus sur les ouvrages documentaires permettant d'aborder au collège et en fin d'école primaire, la question des arrestations de juifs sous l'Occupation.