Il y a de Guillaume Apollinaire, Laurent Corvaisier (Dessin)

Catégorie(s) : Théâtre et Poésie => Poésie , Enfants => 10-12 ans , Enfants => 12-15 ans

Critiqué par JulesRomans, le 22 avril 2014 (Nantes, Inscrit le 29 juillet 2012, 61 ans)
La note : 7 étoiles
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« Car on a poussé très loin l’art de l’invisibilité» n’a pas une interprétation lumineuse

« Car on a poussé très loin l’art de l’invisibilité» est le dernier vers du poème "Il y a " de Guillaume Apollinaire. C’est le meilleur exemple du décalage qui peut exister parfois entre le contenu de l’illustration et le sens d’un vers du poète.

Pour celui qui connaît l’histoire de la Grande Guerre, le poète fait allusion au camouflage avec de grands artistes sous le commandement du ieutenant de réserve Lucien-Victor Guirand de Scevola : Fernand Léger, Jean-Louis Forain, Loÿs Prat, André Mare et Louis Abel-Truchet. Ces hommes décident de porter au col des tenues un insigne en forme de caméléon. Laurent Corvaisier choisit une illustration de ce vers où il montre un paysage dévasté avec des maisons en flammes, trois civils qu’on peut imaginer mourant dans les flammes et deux poilus morts au-devant de la scène. Ne pas faire oeuvre pédagogique là-dessus quand on est illustrateur n'est pas loin de relever du crime de guerre.

Le jeune lecteur ne comprendra strictement rien au sens de certains passages du poème car en plus l’illustrateur prend au pied de la lettre certains groupe de mots comme « Il y a un sous-marin qui en voulait à notre amour », allusion à ce qui va détruire leur amour. Ce qui nous gêne c’est qu’alternent les illustrations au plus près concrètement du sens, y compris avec un dessin symbolique comme avec

« Il y a dit-on un espion qui rôde par ici
Invisible comme l’horizon
Dont il s’est indignement revêtu
Et avec qui il se confond »

Avec les photographies d’époque, le ton est plus juste et à défaut de l’encrier cité, on a montré un beau porte-plume (faisant aussi porte-crayon) avec sa plume sergent-major, fabriqué avec deux douilles de cartouche allemande ; l’objet est sur la terre et on peut imaginer qu’il appartenait à un soldat qui vient d’âtre évacué. En effet parfois d’un cinquième à un tiers de la double-page propose un cliché pris au moment du conflit.

Le style de l’illustration est magnifique et on pourra en prolongement faire découvrir un tableau de Gauguin, tant le choix des juxtapositions de couleurs est globalement proche. Ce poème s’adressant à Madeleine Pagès professeur de lettres en Algérie, rencontrée en janvier 1915 par le poète dans un train? En prolongement, on fera lire des textes des "Poèmes à Lou" dont:

« Courmelois, le 27 avril 1915

La nuit
S’achève
Et Gui
Poursuit
Son rêve
Où tout
Est Lou
On est en guerre
Mais Gui
N’y pense guère.
La nuit
S’étoile et la paille se dore :
Il songe à Celle qu’il adore»

Nuit du 27 avril 1915.

"1914, Guillaume Apollinaire s'en va-t-en guerre" d'Yves Pinguilly et Laurent Corvaisier (pour l’illustration), ainsi que le titre "Apollinaire, le poète combattant" sont des romans historiques pour les jeunes qui sortent en mai 2014, ils constitueront un heureux prolongement à la la lecture de "1914, Guillaume Apollinaire s'en va-t-en guerre". D’Apollinaire, pour de nombreuses bonnes pages en direction d'un jeune lectorat, on signalera la sortie récente de "Calligrammes" chez Larousse.

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