Blue Division Soldier 1941-45: Spanish Volunteer on the Eastern Front
de Carlos Caballero Jurado, Ramiro Bujeiro (Dessin)

critiqué par Vince92, le 15 juin 2017
(Zürich - 40 ans)


La note:  étoiles
La Croisade des Espagnols contre le Communisme
En Anglais

Lorsqu’il déclenche l’invasion de l’URSS en juin 1941, Hitler suscite un engouement immense dans tous les pays européens parmi les anticommunistes. C’est particulièrement vrai en Espagne qui se relève d’une guerre civile sanglante entre nationalistes et communistes qui s’est terminée en 1939 par la victoire des premiers. Si le régime de Franco a très largement fait l’objet de critiques (justifiées), les exactions des communistes durant le conflit ne font généralement pas l’objet d’une étude poussée dans les livres d’histoire aujourd’hui. C’est pourtant les horreurs commises par les Républicains sur les sympathisants nationalistes et notamment sur les membres de l’église catholique qui conduiront nombre d’Espagnols à s’engager en masse dans les rangs de la Division Azul (Blue- de la couleur de la chemise des militants phalangistes).
Très motivés, les soldats seront issus en grande partie des rangs de l’Université (via la SEU), mais également de la paysannerie traditionnelle du pays. Formant une Division aguerrie par les combats de la Guerre Civile, les Espagnols feront toujours l’objet d’une certaine considération de la part des Allemands, contrairement aux autres alliés comme les Roumains, Italiens ou Hongrois par exemples.
Ce petit fascicule Osprey est assez court (65 pages agrémentées de nombreuses illustrations), mais présente de manière assez complète les grands traits de l’organisation, l’entraînement, le moral ou l’équipement du volontaire espagnol. Dès 1943 cependant et le débarquement des Alliés en Afrique du Nord puis en Italie, Franco comprend que la guerre est perdue pour les nazis et décide de retirer ce témoignage de sa proximité politique avec l’Allemagne. La Division Azul (Trois régiments à trois bataillons et divers bataillons de soutien) est transformée en Légion Azul (uniquement trois bataillons) qui elle-même ne dure que très peu de temps avant d’être rapatriée en Espagne. Seuls quelques volontaires fanatisés resteront combattre avec leur frères d’armes allemands au sein de la Waffen SS- Les derniers espagnols seront même des combats pour Berlin.
On aurait aimé (mais ce n’est pas l’objet de la collection dans laquelle ce livre est paru) avoir une description des opérations dans lesquelles la Division Azul a été engagée, notamment à Krasny Bor, haut lieu de la résistance des combattants espagnols au rouleau compresseur russe en 1943 (combat à 1/10). Pour cela, il faut se reporter à d’autres ouvrages, malheureusement pas en français.